Mairie de Paris : l’année 2017 laissera des traces

Rédigé par notre équipe le 26 décembre 2017.

Anne Hidalgo, Bruno Julliard, Paul Le Goff

Le moins que l’on puisse dire, c’est que pour la Mairie de Paris, l’année 2017 fut riche en scandales et autres polémiques. Entre soupçons d’emploi fictif et conflit d’intérêts, Anne Hidalgo et ses équipes ont bien souvent fait la Une de la presse, et ce dans des termes peu élogieux. Retour non exhaustif sur une année plutôt houleuse.

Les voies sur berge

S’il est une polémique qui ne veut pas désenfler du côté de Paris, c’est bien celle concernant la piétonnisation des voies sur berge de la rive droite. En 2016, la maire de Paris a en effet décidé de passer outre l’avis (consultatif) défavorable rendu par la commission d’enquête publique concernant ce projet qui, depuis lors, connaît un nombre croissant de détracteurs.

« Les motivations invoquées par la commission d’enquête résonnent comme un déni complet de l’urgence climatique, pourtant actée à Paris par tous les Etats du monde il y a moins d’un an. Elles ne tiennent pas non plus compte des motifs environnementaux, sanitaires, urbains et culturels qui sont pourtant à l’origine de ce projet de piétonnisation », affirmait Anne Hidalgo afin de justifier sa décision, le 22 août 2016.

Mais tout le monde ne partage pas cette position et d’aucuns affirment même que la fermeture des voies sur berge engendrera une augmentation de la pollution, au premier rang desquels l’opposition municipale : « rien ne montre que ce projet va améliorer la qualité de l’air, bien au contraire, il va l’aggraver avec les reports de circulation », clamait alors Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement et vice-président du groupe Les Républicains au Conseil de Paris. « Nous n’hésiterons pas à aller devant les tribunaux pour plaider un abus de pouvoir si Mme Hidalgo persiste dans sa mauvaise foi », prévenait-il.

Plus d’un an après, le projet de la Mairie de Paris continue d’alimenter les débats. En témoigne un article du journal Le Parisien publié le 10 octobre dernier et intitulé : « Voies sur berge fermées : le rapport d’Airparif alimente la polémique ». Le rapport en question fait mention « d’évolutions notables depuis la piétonnisation ». Certaines positives, « sur et autour des 3,3 km de berges désormais interdits aux voitures où les taux de polluants constatés ont nettement diminué (jusqu’à – 25 % sur les quais bas) ». Mais d’autres négatives « sur les axes de reports, en sortie de la zone piétonne et même (dans une moindre mesure) jusqu’en banlieue ». Résultat, depuis la sortie de ce rapport, l’opposition clame haut et fort que la piétonnisation n’a en rien diminué la pollution, mais l’a simplement déplacée. Pas de doute, en 2018 aussi, le projet de piétonnisation des voies sur berge devrait faire parler de lui.

Conflit d’intérêts et emploi fictif

A l’inverse, si les grands projets alimentent systématiquement les débats, il est d’autres sujets sur lesquels la Mairie de Paris ne devait pas s’attendre à faire la Une de la presse nationale. Le 8 novembre dernier, le magazine Capital révèle en effet — preuves à l’appui — qu’Anne Hidalgo en personne « s’est discrètement fait payer par le ministère du Travail pour un emploi imaginaire » entre 2000 et 2003.

Et à peine une dizaine de jours plus tard, c’est au tour du magazine Challenges de révéler un possible conflit d’intérêts entre le 1er adjoint d’Anne Hidalgo en charge de la Culture, Bruno Julliard, et la société Noctis. L’hebdomadaire économique affirme en effet que le mari de ce dernier, Paul Le Goff, aurait été embauché par la société spécialisée dans la vie nocturne parisienne peu après la concession du showcase – célèbre club parisien – par Bruno Julliard au patron de Noctis, Laurent de Gourcuff, dans le cadre des appels à projets innovants, « Réinventer Paris » dont il a la charge.

Coup dur pour la Mairie de Paris. Car même si les deux protagonistes nient ces accusations, la machine médiatique est lancée et le doute s’installe. D’autant que les réponses apportées par Anne hidalgo sont considérées comme « peu convaincantes », quant à Bruno Julliard, on lui reproche tout simplement de répondre « à côté ». Là aussi, l’année 2018 devrait apporter son lot d’articles de presse concernant ces deux affaires, au grand dam de la maire de Paris et de son adjoint.

Les jeux Olympiques, de la victoire à la polémique

Dans ce contexte des plus tendus, la maire de Paris n’aura même pas eu le luxe de profiter de l’obtention des Jeux Olympiques en 2024 pour s’offrir quelques jours de répit.

Début septembre, la délégation tricolore se rend à Lima, au Pérou, pour l’attribution des Jeux par le Comité International Olympique (CIO). Soirée magique pour la délégation française puisque la Ville Lumière remporte officiellement la mise. « Aujourd’hui on a gagné beaucoup plus qu’une médaille d’or », réagissait alors la triple championne olympique d’athlétisme française, Marie-José Pérec.

Et si la plupart des médias français saluent cette victoire, Mediapart révèle quant à lui quelques jours plus tard que « le grand oral de Paris 2024, à Lima, au Pérou, pour l’accueil des Jeux olympiques a laissé une jolie ardoise : 1,5 million d’euros ». La joie n’est donc que de courte durée pour Anne Hidalgo. « Hôtel cinq étoiles, meilleur restaurant du pays, avion spécial, etc. », la maire de Paris est accusée par le pure player de ne s’être « privée de rien ».

Deux mois après ces révélations, Le Parisien fait état d’une « nouvelle polémique autour des JO 2024 ». Selon le quotidien français, « après le coût du voyage de la délégation française à Lima pour la cérémonie d’attribution des jeux, c’est la création d’une nouvelle délégation au sein de la ville qui soulève des interrogations ». Si l’année 2017 ne fut pas des plus roses pour la Mairie de Paris, la prochaine ne s’annonce pas non plus sous les meilleurs auspices.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Le-civilisateur dit :

    Hidalgo ferait mieux de nettoyer et désinfecter Paris.
    A ce niveau là il y a un vrai travaille, tout le monde va enfin bosser, fini les emplois fictifs.

    Tout le monde au ménage !

    Cette ville est une véritable porcherie, c’est une ville dangereuse d’un point de vu sanitaire, des couloirs de métro jusqu’à la moindre ruelles cette ville est dégueulasse.

    Dernièrement il ont autorisé des permis de construire pour des immeubles en métal qui ne ressemble à rien !

    Ils veulent y faire pousser des végétaux, à terme.

    Affaire à suivre…

    M’enfin, il faut voir le bon coté des choses,
    les touristes peuvent toujours s’amuser à jeter des cacahuètes aux rats, aux souris et aux pigeons qui pullulent dans la capitale.

    D’ailleurs je ne comprendrais jamais tous ces touristes qui parcours des milliers de kilomètres et qui dépenses des milliers d’euro pour venir déambuler dans une ville aussi onéreuse que dégueulasse.

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