Un caillou dans la chaussure de Gallet ?

Rédigé par notre équipe le 17 janvier 2018.

Dans notre belle République, les politiciens ne sont pas les seuls à croquer le gâteau. Il existe une kyrielle de personnages plus ou moins médiatiques qui gravitent autour des plus hauts cercles du pouvoir et qui jouissent d’une vie faite de privilèges. Mathieu Gallet, ancien président de l’INA et actuel président de Radio France vient d’être condamné en justice pour favoritisme. Une broutille dans pour ce fier représentant de l’élite sauf qu’il semblerait être sous la pression d’un exécutif à la recherche d’une victime expiatoire.

La justice n’est pas ressentie de la même manière par tous les Français. Une condamnation pour monsieur tout le monde et c’est le début d’une rapide descente aux enfers. Pour la caste au pouvoir, la justice – lorsqu’elle passe – a l’effet d’une piqure de moustique. C’est désagréable, mais cela ne dure pas. Vite oublié, l’ascension personnelle peut continuer sans problème. C’est la destinée qui attendait Mathieu Gallet. Un début de carrière fulgurant grâce à Frédéric Mitterrand… qui lui a permis de prendre la direction de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) en 2010 malgré son inexpérience criante. Mais la suite est un peu plus compliquée.

Une improbable ascension…

Certains patronages sont utiles et malgré le changement de majorité en 2012, les sponsors de Mathieu Gallet veillent à la pérennité de sa brillante carrière. Quatre ans de mandat à l’INA et c’est une nouvelle promotion au moins aussi curieuse qui attend Gallet : la direction de Radio France. Ses états de service médiocres ne peuvent expliquer une telle promotion et l’agacement se fait de plus en plus sentir dans la petite sphère de l’audiovisuel. Déjà, selon certains, Gallet a tenté de privatiser l’INA lorsqu’il dirigeait cette entreprise publique. Ce fut un échec, mas toute publique que fut l’INA, l’entreprise a permis à quelques heureux élus de gagner beaucoup d’argent.

Les dirigeants du cabinet de conseil Roland Berger et Denis Pingaud, directeur de sa propre société de conseil ont suivi avec intérêt la trajectoire de leur camarade Gallet. Les deux entités ont bénéficié de contrats dont la procédure d’attribution a bafoué les règles élémentaires d’une pratique pourtant très encadrée. Pris les doigts plein de confiture, Mathieu Gallet a plaidé la méconnaissance des « questions de marché public ». C’est bien dommageable pour le dirigeant d’une entreprise publique… Les milliers d’euros du contribuable ont joyeusement volé du compte de l’INA vers celui d’entités privées proches de Gallet. Pour une fois, la justice est parvenue à un jugement malgré toutes les tentatives des défenseurs de Gallet de faire annuler la procédure. Quand le fond est difficilement défendable, on s’en prend à la forme…

Là encore, c’est un échec pour Mathieu Gallet qui s’est pris en pleine face une condamnation d’un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. C’est bien moins que le réquisitoire du parquet (18 mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende), mais bien assez pour couper les ailes d’un personnage qui sent le souffre. Pourtant la veille de la décision de justice, le ministère de la Culture avait fait savoir qu’il n’interviendrait pas et laisserait l’ensemble des acteurs de l’audiovisuel régler d’éventuels problèmes en interne. Autrement dit, Gallet avait un chèque en blanc entre les mains…

…Stopée nette par le Gouvernement ?

Et patatras, la ministre de la Culture change de braquet le lendemain de la condamnation et déclare : « Les dirigeants d’entreprises publiques ont un devoir d’exemplarité. Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable. Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel, légalement compétent ». Là encore le message est clair. Fini de faire des ricochets, Gallet doit couler à pic au fond de l’océan.

Le retournement de veste est spectaculaire et malgré ce gros caillou sous la plante de pied, Gallet reste droit dans ses bottes et refuse l’idée d’une démission. Il a fait appel de sa condamnation et est donc présumé innocent. Quand même ! Comment expliquer ce lâchage inhabituel et inattendu ? Le haussement de ton du Gouvernement ne peut qu’être bénéfique pour son image et ses projets dans l’audiovisuel. En premier lieu, l’exécutif joue le sketch de l’irréprochabilité après avoir lamentablement abandonné l’idée de rendre inéligible les élus condamnés. En second lieu, cela permet d’avoir une proie lorsque sera engagée la refonte de l’audiovisuel. S’il a réussi à s’accrocher au rocher Radio France, la moule Gallet sera désignée comme l’un des principaux responsables de la faillite morale et intellectuelle de ce secteur. Déjà fragilisé, il n’aura plus aucune arme pour se défendre contre la colère de Français subtilement manipulés.

Dans la caste dirigeante, il faut parfois faire de menus sacrifices pour continuer tranquillement sur sa route. Mathieu Gallet ne verra peut-être pas la ligne d’arrivée. Mais qui pleurera une carrière brisée ?

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. allexandre dit :

    mais qui ira une carrière brisée ?

    Qu’est ce que c’est que ce charabia ???

  2. Le-civilisateur dit :

    Allexandre…

    Tu m’as fait dire oui à l’euthanasie.

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