Les mauvais comptes d’Alain Juppé

Rédigé par notre équipe le 25 janvier 2018.

Alain Juppé est un homme politique brisé. Derrière son regard froid et son teint blafard se cache un homme qui a longtemps rêvé de l’Elysée, et qui n’aura été finalement qu’un bref Premier ministre honnis par les Français. Retranché dans son fief bordelais il croyait en la reconquête. Ce fut une défaite en rase campagne. Aujourd’hui, même les fondations bordelaises vacillent sous le poids de la dette et de comptes publics savamment présentés. Est-ce la Chambre régionale des Comptes qui aura finalement le scalp du « meilleur d’entre nous » ?  

Chirac le présentait comme le meilleur, il n’aura été que son homme lige qui prit les coups d’une rue mécontente et d’une justice un temps désireuse de faire un peu de ménage dans l’arène politique. Juppé avait l’intelligence pour parvenir au saint-Graal élyséen, mais pas la carrure ni la bonhommie. Avant le tournant digitalo-financier qui porta Macron au pouvoir, il fallait au moins faire semblant d’aimer les gens. Une mission trop ardue pour le froid et orgueilleux Juppé qui préféra se perdre dans les neiges québécoises avant de tenter un retour digne des Cent jours.

Une illusion bordelaise

Juppé a certes connu son Waterloo, mais aucun souffle porteur d’espoir le propulsant d’une ville de Bordeaux reconquise (la place lui était réservée) à la rue Saint-Honoré. Juppé a été ridiculisé lors de la primaire des Républicains prouvant ainsi que l’électorat de droite en avait assez des courbettes européistes et soi-disant progressistes. Juppé a trahi la droite depuis des décennies, et la claque a finalement été administrée en 2017 par les électeurs. L’homme fut anéanti, mais sa politique triomphe puisque sa réincarnation macronienne a pris le pouvoir. Le vieux brouillon est au placard et tous ses efforts pour se fabriquer une image de sage qui développe sa ville en bon père de famille volent en éclats encore plus petits avec les conclusions de la Chambre régionale des comptes.

Pendant des années, Juppé s’est servi de Bordeaux pour en faire la vitrine de sa brillante vision et de sa gestion saine des finances publiques. La France attendait peut-être un bon père de famille après le tourbillon stérile Sarkozy et le chaos hollandais. Ce sera finalement le sémillant et non père de famille Macron qui est sorti du chapeau, laissant à Juppé le soin de protéger tant que faire se peut son château de cartes bordelais. A vouloir démontrer son dynamisme encadré par une gestion parfaite, Juppé s’est pris les doigts dans les livres de comptes.

L’endettement de la ville de Bordeaux a doublé entre 2010 et 2015 passant de 185 à 377 millions d’euros. Une gestion qui n’a rien à envier aux socialistes les plus décomplexés, mais que réfute Juppé, longue lettre technique à l’appui. L’énarque est de sortie et tente de prouver par de savants mécanismes que toutes les règles ont été respectées. Il appelle même la Cour des comptes, le ministère des Comptes publics et le ministère de l’Intérieur à faire toute la lumière sur cette polémique. La Chambre régionale des comptes serait-elle incapable de faire seule son travail ? Pour Matthieu Rouveyre, opposant PS au baron Juppé, le déficit de la ville a été « dissimulé par l’inscription insincère de recettes fictives ». L’attaque est rude, mais ne fait que traduire le langage policé de la Chambre régionale des comptes.

Pour Juppé, il en va de l’honneur et de l’ultime image qu’il laissera à la postérité. L’enjeux est grand même s’il se dégoutte peut-être d’en arriver là alors qu’il croyait pouvoir pantoufler au moins cinq ans à l’Elysée. Cerise sur le gâteau, on apprend que la mairie de Bordeaux est très généreuse avec ses salariés. En cause, des heures travaillées inférieures aux 35 heures et des congés de cinq jours pour le mariage d’un enfant. Un bel exemple d’achat de la paix sociale. Les bons comptes, eux, peuvent toujours attendre.

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. Bluesun dit :

    Emplois fictifs.
    Recettes fictives…

    Pour couronner le tout est arrivée, la poudre de perlimpinpin.

    A force de mettre les doigts dans le pot de confiture, il arrive que la confiture une fois envolée, laisse place à tout ce qui était caché.

    Juppé,Rêvait depuis des années de poser son fessier sur le fauteuil de l’Elysée.

    Lors de la campagne électorale, affichant manches retroussées, cette volonté de faire jeune, air placide de celui qui donne confiance. puis une fois élu avoir le pouvoir de plonger tout le bras dans la confiture. Mais étrangement, la mémoire des français est restée vive.

    Le Juppé a trop bourlingué, trop vieux, trop froid, pas l’envergure, jeunesse éphémère, malgré les artifices, même plus possible de faire illusion.

    Enfermé dans son orgueil, transpirait malgré tous ses efforts, son mépris pour les gens. Le Juppé n’a rien vu, et pas vu la claque du rejet arrivée.

    Juppé claqué parce que trop vieux, a fait comme tous les autres. Sans aucun état d’âmes laisser place au novice Macron. Précisant bien les consignes de votes, pour faire barrage.

    Et dire que tous ces bisounoursumps, depuis 35 années, c’est dans la tête du FN qu’ils cherchent depuis des années les poux, qu’ils ne trouvent pas.
    Forcément, puisque ; c’est sur leur tête qu’ils se trouvent.

    Heureusement, quelque chose encore de droit dans ce pays :
    La chambre régionale des compte…

  2. Le-civilisateur dit :

    Salut Juppé !

    A l’Élysée j’espère qu’il ne n’ont encore oublié de tirer la chasse d’eau …

    Et bien l’bonjour à mister hankey Alain !

    • Bluesun dit :

      Des années qu’ils essaient de tirer la chasse sur Marine.

      Et c’est leur propre mélasse pondue durant 35 années, qui retombe sur leur tête.

      Il y a loin de la coupe aux lèvres, Juppé se voyait déjà en haut du fauteuil, protégé par les institutions, pas de mélasse à l’horizon.

      La chasse non tirée, tout ressort….

      Mais bon, comme tout est abracadabrantesque, et que tout fait pchiiiiiiit….

  3. Jim Hemer dit :

    uniquement vos articles merci,

Laisser un commentaire