Al-Arabiya interdit d’antenne en Europe : bon débarras !

Rédigé par Notre équipe le 21 février 2018.

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A la suite de différents scandales de déontologie, la chaîne saoudienne Al-Arabiya a perdu sa licence de diffusion au Royaume-Uni et, de fait, dans le reste de l’Europe. Une décision logique quand on sait que cette dernière était en délicatesse avec les codes de diffusion de l’autorité britannique.

Le Royaume-Uni a-t-il finalement pris ses responsabilités ?

Après des années de soutien inconditionnel aux postures wahhabites les plus extrêmes, Londres vient (enfin !) de faire preuve de fermeté vis-à-vis d’Al-Arabiya, une chaîne saoudienne d’« information » connue pour ses écarts déontologiques à répétition.

Après une première amende de 120 000 livres infligée par l’Ofcom, le gendarme de l’audiovisuel britannique, Londres a finalement franchi le Rubicon en retirant sa licence à la chaîne d’informations saoudienne Al-Arabiya.

Ou plus exactement, c’est cette dernière qui aurait pris peur et remis sa licence alors qu’une enquête allait être ouverte contre elle pour diffusion de fake news.

Des fake news à l’origine de la sanction ?

L’information nous vient directement d’un concurrent et rival de l’Arabie saoudite : l’émirat du Qatar. Tout commence avec la lutte fratricide lancée par les pétromonarchies l’an passé. Fustigeant Doha pour ses positions trop indépendantes à son goût, l’Arabie saoudite, les Émirats Arabes Unis et plusieurs autres pays de la région décident d’imposer un blocus à l’émirat rebelle.

Les raisons officielles ont de quoi faire sourire : financement du terrorisme d’une part, et soutien à l’Iran d’autre part. Si la première tient davantage de la plaisanterie quand on se rappelle que l’Arabie saoudite a été le berceau de Ben Laden, la seconde se base sur des informations… fausses.

Car en mai 2017, l’agence de presse Qatar National Agency a subi un piratage informatique d’ampleur. Piratage au cours duquel les attaquants ont intégré un faux article attribuant au dirigeant du Qatar des propos qui glorifiaient l’Iran, ennemi éternel de Riyad. Par la suite, Al-Arabiya a repris ses informations, qu’elle savait pertinemment fausses, et les a diffusées en masse en Europe.

C’est sur ces bases que l’Ofcom avait décidé de lancer une enquête qui semblerait avoir contraint Al-Arabiya à remettre sa licence. La chaîne quant à elle s’en défend et prétend être partie de son plein gré, sans pour autant apporter la moindre justification à son départ.

Pour l’Europe, bon débarras !

 Au-delà de la guerre fratricide que se livrent l’Arabie saoudite et le Qatar, la perte de licence d’Al-Arabiya est indubitablement une bonne nouvelle pour l’Europe. Il est en effet inadmissible que le continent soit le jouet de pouvoir entre deux États, dans une crise qui ne le concerne pas.

En outre, la chaîne Al-Arabiya, quoi qu’on en dise, n’en est pas à son coup d’essai. Cette dernière avait déjà été sanctionnée pour avoir diffusé, sans son consentement, une vidéo d’un militant des droits de l’homme retenu en prison. L’amende avait été de 120 000 livres. Avec la suspension de la licence d’Al-Arabiya, c’est toute l’Europe qui peut souffler, dans la mesure où les droits de diffusion sur le continent étaient associés à la licence anglaise.

Alors que des chaînes comme Russia Today ont le plus grand mal à émettre sur les ondes, la perte de licence d’Al-Arabiya est enfin un signe de la fin du deux poids, deux mesures qui règne en Occident. La condamnation d’une chaîne historiquement connue pour ses accointances avec le pouvoir et récemment passée sous la coupe de l’impétueux MBS, prince héritier de Riyad, laisse entrevoir le retour d’une valeur oubliée par les médias de nos jours : la déontologie.

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