Macron fait le coq au Salon de l’agriculture

Rédigé par notre équipe le 25 février 2018.

Le Salon de l’agriculture a débuté hier et a d’ores et déjà eu la « joie » de recevoir un président toujours aussi soucieux de baratiner son auditoire pour mieux faire passer la pilule du libéralisme. Chahuté à plusieurs reprises, Macron a perdu son calme. Loin de l’ambiance feutrée des clubs pour ultra-riches, le chef de l’Etat a bien du mal à se faire passer pour ce qu’il n’est pas : le protecteur des travailleurs (de la terre).

Passage obligé pour tous les présidents, le Salon de l’agriculture est un bon moyen de prendre la température de la France. Une France dont on ne parle jamais vraiment sauf entre un sujet entre le froid qui arrive en hiver et les chutes de neige trop ou pas assez abondantes dans les stations de ski. La France rurale se meurt et cela fait des années que ça dure. Chirac aimait les agriculteurs, mais n’a pas fait grand-chose pour eux, Sarkozy les méprisait, Hollande s’en foutait comme de tout (sauf pour remplir sa bedaine) et Macron ne les entend même pas.

Tous les accords ne se valent pas

Déambulant dans les stands à la recherche de l’image sympa qui tournera dans toutes les rédactions pendant 48 heures, le président de la République a dû discuter avec les culs-terreux qui se plaignent. Et ils sont nombreux ! Des revenus indigents, des retraites inexistantes et des lois qui les tuent à petit feu. Sans surprise, on constate que les jeunes générations ne se bousculent pas pour reprendre un flambeau plus que vacillant. Les agriculteurs et les éleveurs ne sont plus que des esclaves de la mondialisation et ils ont l’idée saugrenue de venir se plaindre à un Macron qui ne mérite que des lauriers pour son formidable travail.

De quel travail parle-t-on ? Un agriculteur ou un éleveur travaille quinze heures par jours, passe un temps interminable à remplir de la paperasse pour rassurer Bruxelles et doit remercier ses bienfaiteurs pour les 400 euros qu’il peut se payer à la fin du mois. Le taux de suicide est démentiel et les politiques font semblant de se pencher sur le problème. On réunit les acteurs de l’agroalimentaire, on scelle des accords mort-nés et on attend que les agriculteurs et éleveurs remercient nos chers adorateurs du marché mondial pour les accords, eux, qui sont mis en œuvre à leurs détriments.

L’accord avec le Mercosur pour que la viande sud-américaine envahisse les rayons français ? Ce n’est pas ce qui a mis les éleveurs dans la panade entend-on de la bouche présidentielle. Que cela empire encore les choses ne traverse pas l’esprit d’un Macron dont le seul objectif est l’ouverture totale des frontières. Il se félicite de la fin programmée du glyphosate, mais n’a pas compris que les cancers, les vrais, vont venir avec les hormones de croissance et les OGM du continent américain.

Hué, chahuté, Macron s’en est pris à certains contestataires de l’ordre ultra-libéral en leur gueulant dessus. L’objectif est de montrer un président combattif à des Français qui ne comprennent pas que la mort de leurs agriculteurs signifie la disparition d’un pays entier. Mais hurler des « ça va aller mieux ! Attendez un peu ! » ne change rien à la situation dramatique de nos paysans.

Que les Franciliens se pressent au Salon de l’agriculture, car dans quelques années, il ne restera plus rien de ceux qui ont fait la France pendant des siècles. Le progrès libéral sera passé par là et tous ceux qui l’auront contesté seront enterrés depuis longtemps.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Le-civilisateur dit :

    Bientôt la gestion des terres cultivables seront gérées par des compagnies privées.

    C’est ce qu’ils veulent.

    Ont ne saura plus ce qu’ils foutent dans les sols.

    Ni sur les cultures.

    Les champs seront gérés à distance par des machines équipées de caméras et programme gps.

    Vos enfants iront au Louvre pour savoir à quoi ressemblait un agriculteur.

    C’est ce qu’ils veulent, c’est le projet.
    Ne l’avez vous pas compris…

    Les Européens sont remplacés soit par des étrangers soit par des machines.

  2. Bluesun dit :

    Tandis que les agriculteurs se suicident, ce sont les Présidents qui se remplissent la panse au salon de l’agriculture, tout en sachant que la mort de cette profession est de toutes façons programmée petit à petit depuis 35 années.

    Macron s’est fait siffler, cela ne changera rien à ladite programmation.

    Tout ce qui était et faisait la France doit disparaître, au profit de tout ce qui viendra de l’étranger.

    Alors qu’avant le « changement » tout allait parfaitement bien. Depuis 35 années, nous fabriquons des présidents à grande gueule pour dire que ça va aller mieux, ou que tout va bien..

    Mais attendre le mieux de quoi? puisque tout est fait pour faire crever, et surtout de se la fermer.

    Faire table rase du passé, pour mieux faire crever à petites doses, et espérer ainsi rendre invisible le visible.

    Mais une fois la fin de la poudre de perlimpinpin, jetée, l’invisible rendu au visible, il sera trop tard pour espérer revenir au avant du , quand la France était une fierté en tout.

    Notre terre nourricière, ne pendra plus que les déchets nucléaires, sans doute la nouvelle protection de la planète, dont on nous bassine tant.

    Il faut faire de la place à la merde, pour que nos petits enfants (comme ils disent), en profitent à fond.

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