Un désert glacial bien macronien

Rédigé par notre équipe le 28 février 2018.

En ce début d’année 2018, l’opposition tarde encore à se mettre en place. La droite est toujours déchirée et la gauche ensevelie pendant longtemps encore sous les ruines qu’elle a créées. Macron occupe tout le spectre politique et engrange ainsi des points dans l’optique de renforcer toujours plus un pouvoir qu’il a conquis pour et par le système.

Un vent glacial souffle sur la politique française. Il ne s’agit pas du petit épisode météorologique qui stimule tant les journalistes, mais bien d’une stratégie programmée et savamment mise en œuvre pour faire de Macron le seul astre suffisamment puissant de la politique hexagonale. Avec plus de 310 députés LREM, le ménage a été fait à l’Assemblée (et donc au Parlement en raison d’un Sénat de plus en plus faible). Ce coup de balai a aussi des répercutions sur l’ensemble de la scène politique avec une opposition complètement absente.

Seul comme un Macron

Présent au second tour de la présidentiel, le FN compte ses pertes. Le débat de l’entre-deux tours a semé le doute et les départs des deux matrices du parti (Florian Philippot et Marion Maréchal Le Pen) n’ont rien arrangé. Les deux étaient sur des lignes irréconciliables, mais avec ces deux jambes, le FN avait avancé comme jamais auparavant. Il aurait finalement fallu choisir une ligne entre les deux, mais les départs ont paralysé un Front qui a décidément mal digéré la défaite du second tour.

L’échec de Marine Le Pen est toutefois à relativiser avec huit députés FN. Mais les médias préfèrent souligner ce qu’il ne va pas quitte à créer de fausses polémiques pour mettre la tête sous l’eau d’un Parti qu’ils haïssent juste par réflexe de caste. Comprenant que faire de Philippot un rival du calibre de Le Pen est grotesque, ils ont pris prétexte d’un discours de sa nièce aux Etats-Unis pour lui faire dire qu’elle briguait la présidence du FN. La nièce serait très retorse et ferait tout pour pousser la tante dans les orties tandis que le patriarche n’en finit plus de renier sa fille. L’addition est salée surtout quand elle est répétée à longueur de temps.

Une fois le « danger » FN écarté pour un moment (il réapparaîtra en temps électoral utile), c’est aux Républicains de payer les pots cassés. Wauquiez est sans cesse critiqué par les retourneurs de vestes qui hantent son parti et pour être certain de créer de la polémique et d’ainsi d’éviter le moindre sujet politique, on sort des écoutes d’étudiants boutonneux avides de participer au grand cirque médiatique.

Les propos de Wauquiez qui n’ont rien d’extraordinaires lui seront pourtant renvoyés à la face aux moments les plus opportuns. Carbonisé avant même d’avoir franchi la ligne de départ, il ressemble à un Mélenchon complètement épuisé après sa course présidentielle conclue à la quatrième place. Il pensait remporter l’Elysée, il a dû se réfugier à Marseille avant de tomber dans les limbes du gauchisme révolutionnaire. A l’image de syndicats exsangues incapables de protester efficacement contre le macronisme, Mélenchon est inaudible et a laissé passer sa chance. Même sa reconversion cachée dans les médias est un échec.

A sa droite, l’espace est déjà occupé par Macron avec un parti socialiste anéanti et une flopée d’anciens porteurs de la rose au poing chaudement accrochés à la maison En Marche. Tout l’espace est occupé par Jupiter et ses groupies et les quelques têtes qui finiront par dépasser seront automatiquement renvoyées dans les extrêmes par un système médiatique qui veille au grain.

Plus de débat, plus d’idées, que des diktats sous forme d’ordonnances… La traversée du désert macronien s’annonce rude et meurtrière pour beaucoup et en premier lieu pour la France.

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