Une journée de la femme bien chargée !

Rédigé par notre équipe le 09 mars 2018.

Cela vous a peut-être échappé, mais hier, le 8 mars, était célébré la Journée internationale des droits des femmes. Alors que dans certains pays – notamment de l’Est de l’Europe – cette journée est très importante et fériée (pour tous), en France, le 8 mars est devenu une kermesse où les tribunes mal rédigées et interviews vides de sens se suivent dans une farandole de bien-pensance. Les femmes sont traitées comme un produit marketing, mais c’est pour leur bien nous dit-on !  

Il est déjà loin le temps où l’Etat était le moteur de l’émancipation féminine. Le Conseil de la Résistance et Simone Veil ne sont plus que de lointains souvenirs et la Journée internationale de la femme est désormais vouée à n’être qu’une scène où s’affichent des comédiennes (et des comédiens) souvent peu inspirés et toujours mauvais. Cette année, c’est Marlène Schiappa qui a tenu le haut du pavé. Il est vrai qu’elle a toujours quelque chose à dire et qu’il aurait été trop triste de ne pas l’entendre déclamer ses meilleurs refrains.

Le vide comme programme

Comme toujours, la Secrétaire d’Etat s’exprime sur le blog officieux du Gouvernement appelé Le Huffington Post. Cette fois-ci, les plus téméraires n’ont pas eu le droit à la lecture d’une tribune sans queue ni tête, mais à une vidéo longue de 3 min et 26 secondes (quand le degré zéro est atteint, chaque seconde est interminable) dans laquelle Marlène Schiappa explique que « le féminisme n’a jamais été un bloc monolithique » et que si deux féministes ne sont pas d’accord, ce n’est pas la fin du monde… Une intervention vraiment utile de partager avec le plus grand nombre !

Mais le message qu’il fallait absolument retenir cette année est qu’il faut dire « Journée internationale des droits des femmes » et non pas « Journée de la femme ». La leçon a été faite dans les ministères et sur les réseaux sociaux, mais il n’est pas certain d’obtenir la moyenne à un test d’intelligence en faisant du par cœur… Ce fut donc la Journée internationale du droit des femmes. Quid d’aujourd’hui ?

Outre les logorrhées de la Secrétaire d’Etat, les Français ont eu le droit à un tour de circuit pseudo féministe avec un Emmanuel Macron dans une entreprise et un Edouard Philippe qui promet des mesures en veux-tu en voilà ! Autrement dit, il fallait afficher ses convictions féministes et déplorer haut et fort le scandale de l’inégalité salariale. Que le Gouvernement ait tout pouvoir ne leur traverse pas l’esprit. Tous ces joyeux cocos semblent désarçonnés face à des inégalités qu’ils pourraient très bien combattre efficacement. Mais si ces inégalités n’existaient plus, ils n’auraient plus grand-chose à raconter sur les ondes. Et il faudrait alors s’occuper des inégalités sociales !

Le macronisme ne tombera pas dans ce piège et Marlène Schiappa a encore de belles années devant elle. Qu’elle répète en boucle les mêmes âneries ne lui sera jamais reproché par ses compagnons de route. Ils préfèrent un disque rayé qui sonne faux (mais divinement bien à leurs oreilles) plutôt que d’assister à de réelles avancées qui les mettraient sur la paille. En ce sens, le féminisme ressemble furieusement à l’anti-racisme d’Etat.

Enfin, outre les grands raouts organisés par les autorités, nous avons aussi eu le droit à un chapelet de bêtises. Dans le désordre : la SNCF offre des chocolats aux femmes, mais seulement celles munies d’un billet de première classe. Une mauvaise actrice « seins nus, dévoile un joli tatouage pour la Journée internationale des droits des femmes ». Laurence Ferrari recevait Loana dans le cadre de la promotion de son livre… Pour une fois, on préfère l’attitude de Brigitte Macron qui n’a rien célébré parce que « c’est tous les jours la journée de la femme ». Vrai ou pas, on aura le droit à bien d’autres sorties aussi minables le 8 mars 2019, et même avant !

Laisser un commentaire