Le Rassemblement national aura-t-il lieu ?

Rédigé par notre équipe le 12 mars 2018.

Le Congrès du Front national devait être celui de la refondation. Au lendemain de sa clôture, il apparaît comme porteur de nouvelles questions sans avoir répondu à celles qui hantent le parti depuis le second tour de la présidentielle. Le possible changement d’appellation – Rassemblement national – fait les choux gras d’une presse qui a choisi son camp depuis longtemps. Un vent nouveau soufflera-t-il prochainement pour redorer une flamme en berne ?  

Le succès de la présidentielle s’est paradoxalement transformé en défaite en rase campagne. Le macronisme a semé un poison bien efficace contre un FN condamné par avance par un système médiatique qui a trouvé son maître. A écouter les éditorialistes, le FN est un groupuscule dont les thèmes ne trouvent plus de résonnance quand ils ne sont tout simplement pas immondes. Marine Le Pen n’a pas réussi à contrecarrer cette vague médiatique depuis six mois et le Congrès de Lille devait remettre un peu d’huile dans les rouages.

Un changement de nom mort-né ?

Premier élément passé sous silence, la présidente du FN a été réélue à l’unanimité. L’absence d’autre candidat montre bien que s’il existe des difficultés, aucun membre du FN ne peut prétendre aux plus hautes ambitions. Réélue et donc confortée, Le Pen n’en devait pas moins donner quelques gages de renouvellement. Cela passera donc par un changement de nom au grand dam du patriarche de la famille et de nombreux adhérents.

Annoncé en discours de clôture, le Front national devrait devenir le « Rassemblement national ». Les adhérents auront le dernier mot et s’il est impossible de dire qu’une fronde générale aura lieu, il est peu de dire que cette proposition n’a pas suscité un enthousiasme débordant. Les militants sont attachés au Front, mais la direction entend terminer une dédiabolisation entamée avec le premier mandat de Marine Le Pen.

Un objectif fort utile qui risque de tomber à l’eau tant ce choix semble avoir été réalisé à la va-vite sous l’œil scrutateur de journalistes prêts à dégainer un chapelet d’horreurs à des Français bassinés par un peu convaincant nazisme ambiant. Le Rassemblement national serait ainsi le nom d’un micro-mouvement fondé par le collaborationniste Michel Déat en 1941. Le parallèle est extrêmement malvenu pour un parti qui tente échapper aux accusations de proto-nazisme. Les médias ne vont pas arrêter de rappeler ce malheureux précédent à moins que le Front national ne puisse même pas utiliser le nom de Rassemblement national.

En effet, le nom de Rassemblement national serait déjà déposé par une association (politique) qui a fait savoir son refus d’abandonner son appellation au profit de Marine Le Pen. Igor Kurek, son leader, a rapidement fait savoir que le Front devrait changer son fusil d’épaule. La direction du FN a réagi aussitôt fait savoir que des poursuites judiciaires pourraient être entamées contre un Kurek qui utilise le symbole de la flamme (à laquelle s’entremêle la croix de Lorraine). La flamme est en effet l’un des rares symboles historiques à subsister et Le Pen fera tout pour ne pas ajouter à une confusion qui ne fait pas ses affaires.

Une polémique dont se serait bien passé le FN d’autant plus que les propos de Jean-Marie Le Pen au sujet de la nouvelle appellation ne passent pas inaperçus. « La trahison » va faire des vagues et pour bien alimenter la machine médiatique, c’est Florian Philippot qui est invité sur toutes les chaînes pour commenter l’actualité de ses anciens camarades. Pour se payer le FN, il y a toujours du monde !

Déjà une remarque sur cet article

  1. Bluesun dit :

    La haine impuissante se soulage par la calomnie.

    Et oui pour se payer le FN, il y a toujours du monde, de même que pour copier la compétence FN, il y a aussi beaucoup de monde.

    Bizarrement, tous les copieurs sont toujours en odeur de sainteté, alors que le FN est toujours diaboliser. Allez comprendre.

    Le FN a changé de nom.
    La question de changement de nom du FN, tant posée par tous les journaleux depuis des années, ne se posent donc plus.

    Et pourtant, une autre dès le lendemain dudit changement de nom, est arrivée dans la bouche de Bourdin posant cette question à Chenu :

    « Etait-il bien nécessaire que le FN change de nom ? »

    Puis, c’est le nom « Rassemblement national », qui fait revenir Hitler et toute sa panoplie dans la bouche du même journaleux.

    Là, c’est la nausée qui monte, et le changement de chaine.

    Mouvement en Marche de Macron, est bien un slogan vichyste ? quel journaleux a alors fait, ressortir Hitler de sa boîte ?

    « La haine impuissante se soulage par la calomnie. »

    Le journalisme est devenu une grande conciergerie, mais n’a plus rien avoir avec le métier d’informer.
    La délation aussi semble de retour, et pourtant le FN n’a jamais été au pouvoir ?

    Alors pourquoi tant de haine contre le FN ?

    Aimer son pays, ses valeurs, et ne pas vouloir les perdre, en quoi cela est-il si mauvais ?

    N’en déplaise, Marine a fait un très beau discours. Le reste suivra.

    35 ans que tous les partis n’ont eu de cesse de changer de noms, de slogans, de promettre de laver plus blanc que blanc, pour finir dans la noirceur des mensonges à répétitions, quel journaleux s’en est alors offusqué ?

    « La haine des méchants ne fait que s’animer davantage par l’impossibilité de trouver sur quoi la fonder. »

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