Vers une recomposition des droites en France ?

Rédigé par notre équipe le 16 mars 2018.

Marine Le Pen

Après la jupitérisation de la vie politique française, la question de la recomposition de la droite se pose avec force. Macron a attiré bien des euro-béats dans son escarcelle et la grande migration vers En Marche aurait dû aplanir les différences et les effarouchements entre les divers courant de la droite. Si l’alliance Le Pen – Dupont-Aignant au second tour pouvait laisser présager de belles choses, le « cordon sanitaire » est toujours aussi hermétique…  

Le Pen présidente avec Dupont-Aignant comme Premier ministre. L’attelage basé pour une fois sur un accord politique et non d’appareils avait de quoi séduire tous les patriotes. Face à la machine soi-disant républicaine, le duo n’a fait qu’un petit tour de piste avant que chacun ne revienne s’assurer un futur de son écurie. Nicolas Dupont-Aignant est un électron libre (dont la voix a été entendue par les électeurs à la présidentielle) tandis que Marine Le Pen a dû faire face à des vents contraires depuis le mois de juin. Mais la clé du problème se trouve ailleurs et porte le nom des Républicains.

Des Républicains aux abonnés absents

L’ancien parti hégémonique a bien du mal à digérer la pilule Macron. Le discours économique est bien proche et les discours musclés sur l’immigration n’ont pas longtemps pu cacher une politique d’ouverture suicidaire que continue à mettre en place En Marche. L’espace politique s’est donc réduit comme peau de chagrin et au lieu de comprendre qu’une autre politique est indispensable, Les Républicains resservent la même potion pas fraîche qui vise à construire une « autre » Europe sans tomber dans les « travers » de l’euroscepticisme.

Pire, accusé par le système de nourrir de secrets espoirs d’alliance avec le FN, Laurent Wauquiez ne cesse de clamer son aversion pour ce parti. Ainsi, les Républicains s’interdisent tout retour au pouvoir et privent l’ensemble de la droite d’une mise en pratique de quelques idées simples, mais salutaires. Condamnés à tenir le rôle de figurant, Les Républicains n’iront jamais franchir le Rubicon. Il suffit de voir comment les propos de l’ancien député Thierry Mariani ont provoqué une levée de boucliers.

Pourtant la déclaration de Mariani était pleine de bon sens : « Le FN a évolué. Regardons si un accord ou un rapprochement sont possibles. Parce que si on veut des alliés, ils seront forcément de ce côté-là si on veut appliquer un programme de droite ». Tous les juppéistes qui hantent encore Les Républicains ont crié au crime… La situation est presque sans espoir.

Dans ce tunnel peut-être sans fin, un pas important a pourtant été fait par Marine Le Pen ce 15 mars en appelant « tous les électeurs qui m’ont fait confiance à Mayotte à se reporter sur le candidat LR. La situation est trop grave là-bas, il faut dépasser les étiquettes politiques ». Malheureusement, cette alliance locale va vite est dénoncée par tout le système et la direction de LR prendra un malin plaisir à ne pas accepter le ralliement (tout en espérant le plus de reports possibles)…

Combien d’années et de défaites humiliantes seront nécessaires pour une recomposition réelle de la droite ? Certainement trop, car la France ne cesse de tomber plus bas et le jour où la résurrection deviendra impossible approche à grand-pas.

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