Poutine bien assis sur son trône

Rédigé par notre équipe le 19 mars 2018.

Sans surprise, Vladimir Poutine a été réélu à la tête de la Fédération de Russie ce dimanche 18 mars 2018. Ce nouveau triomphe électoral lui donne six ans de plus pour marquer la Russie de son empreinte. Homme glacial pour les uns, grand tacticien des relations internationales pour les autres, il ne laisse personne indifférent. Quelle sera la marche suivie par l’homme fort du Kremlin au cours de ces prochaines années ? Difficile à dire tant ce président pas comme les autres est insondable et habitués aux retournements de situation.  

C’est l’histoire d’une élection jouée d’avance. Une élection présidentielle ou six candidats sur sept n’étaient là que pour amuser la galerie et montrer que la Russie n’est pas l’affreuse dictature présentée grossièrement dans tous les médias à longueur de temps. Face à une opposition moribonde, Vladimir Poutine a fait campagne en terrain conquis et son score de 76,67 % illustre sa popularité malgré les difficultés économiques liées à un baril de pétrole toujours bas auquel s’ajoutent les sanctions économiques des Occidentaux.

Des critiques sans la raison

Poutine est populaire en Russie, mais ceci est une réalité qui n’est pas bonne à dire en Europe. Comment un pays entier pourrait être subjugué par un ancien agent du KGB qui a déjà passé dix-huit années au Kremlin ? A l’heure d’Internet, la propagande ne peut plus tenir la route à moins que plus de cent millions d’électeurs soient sous l’emprise d’un poison encore inconnu des services secrets britanniques…

Ainsi, il n’existe qu’une seule explication : Poutine est l’incarnation du mal absolu qui n’hésite pas à truquer les scrutins pour préserver un pouvoir qui le rend riche. La rengaine est bien connue et si la corruption est un travers que la Russie connaît particulièrement bien, elle n’explique pas pourquoi Poutine est si populaire. On entend parfois qu’il a redoré le blason de Russes particulièrement patriotes et que sa mise au pas des puissants a largement contribué à atteindre le cœur de ses compatriotes. Ceci est vrai, mais pourtant cela n’est pas suffisant pour comprendre ce qu’est la Russie.

Les Unes consacrées à ce pays ont beau eu s’enchaîner depuis deux semaines, rares sont ceux qui prennent la parole avec un bagage intellectuel et culturel assez chargé pour comprendre. Les pseudo-spécialistes de la Russie se complaisent dans les généralités tandis que les experts en relations internationales n’ont pour seule grille de lecture que le bien-être de l’oligarchie mondiale protégée par l’OTAN. La machine anti-russe bat son plein et Poutine est un parfait prétexte.

Et si Poutine n’existait pas, alors ce ne serait plus les élites politiques qui seraient blâmées, mais bien ce peuple arriéré qui ne comprend rien aux bienfaits de la démocratie. Regardez en France ce que nous apporte cette démocratie universelle ! Un banquier créé par des élites heureuses d’avoir entre les mains une créature à leur service. Paradoxalement, c’est ainsi que Poutine est arrivé au pouvoir : mis en place par des oligarques qui devaient le manipuler jusqu’à ce que le pantin ne soit remplacé par un plus jeune encore. Sauf que le pantin s’est avéré être un maître et que notre banquier n’est qu’un valet. La Russie n’oublie pas que les succès se forgent dans le temps long et qu’à la vitesse où chute l’Occident, les trajectoires finiront rapidement par se croiser. Celle de la volonté de vivre avec dignité l’a déjà fait. L’économie suivra.

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