A marche forcée vers la fin du chômage

Rédigé par notre équipe le 20 mars 2018.

Pour être élu et réélu en France, il faut prendre à bras le corps le problème du chômage. Véritable fléau depuis trente ans, aucun gouvernement n’a trouvé le moindre début de solution. De droite comme de gauche, les emplois aidés et les formations ont plu avec abondance sans autre résultat que de sortir – un temps – quelques milliers de chômeurs des statistiques officielles. Macron a une toute autre manière de procéder : la radiation nette et sans bavure. Les chômeurs vont devoir accepter le premier boulot venu s’ils ne veulent pas finir sur les listes noires d’un Etat de plus en plus autoritaire.  

La chasse aux chômeurs va bientôt s’ouvrir et en cette première saison jupitérienne le permis de tirer est quasiment illimité. Les gouvernements de droite ont souvent brandi la menace sans ne jamais rien faire. Macron, lui n’a pas peur de froisser les plus de dix millions de chômeurs. Ces exclus de la mondialisation heureuse ne constituent pas son premier marché électoral et leur mettre un coup sera un bon signe envoyé à tous les privilégiés qui ont voté Macron par conviction (oui, il en existe quelques un quand même). Les chômeurs vont devoir se retrousser les manches sinon l’Etat supprimera leurs allocations.

Chasse aux abus ou chasse aux statistiques ?

Ce discours est utile et doit être appliqué pour mettre fin aux abus, mais les contours pris par le projet du Gouvernement tend à faire de tous les chômeurs des profiteurs de la pire espèce. Ainsi, un chômeur qui délaisse une « offre raisonnable d’emploi » sera sanctionné avec un mois sans allocation. Une deuxième offre raisonnable d’emploi refusé et c’est deux mois sans allocation. Au troisième refus, c’est quatre mois sans rien. Autant dire qu’au troisième « délit », le chômeur sera envoyé presque automatiquement dans la case de ceux qui ne cherchent plus de travail. Un bon moyen de faire des économies et de sortir des cohortes de chômeurs des statistiques.

Mais qu’est-ce donc qu’une « offre raisonnable d’emploi » ? Ça c’est un peu à la tête du client. Cela dépend des critères de recherche définit lors du premier entretien avec le « conseiller » de Pôle-emploi. Salaire, distance entre le domicile et le travail, horaires, fonction, tout cela dépendra d’un simple rendez-vous avec un individu qui n’a que vingt minutes à consacrer à chaque nouveau chômeur. Un conseiller attentif et à l’écoute, ce seront des offres d’emplois raisonnables proposées qui ne sont pas déconnectées de la réalité. Mais un conseiller mal luné ou juste incompétent et c’est l’assurance de faire un tour de circuit très rapide dans l’usine à gaz qu’est Pôle-emploi.

L’administration à la carte, c’est ça le monde jupitérien. Qu’une femme de 45 ans bardée de diplômes et avec une expérience professionnelle de cadre supérieure refuse un poste de serveuse chez Starbucks et ce sera une raison suffisante pour lui sucrer ses indemnités chômage. Avec un tel système, les statistiques vont baisser à vue d’œil et faire rougir d’envie l’ancien locataire de l’Elysée. De quoi assurer une future réélection. Macron a bien appris de son échec cuisant auprès de Hollande, mais la leçon n’a été retenue qu’à son seul profit. Les Français vont quant à eux recevoir une leçon au goût bien amer, mais n’ont-ils pas voté Macron pour ses recettes si onctueuses ?

Déjà une remarque sur cet article

  1. Théo31 dit :

    Quand on élit des traitres et des renégats, on n’est pas victime mais complice. Je ne vais pas plaindre les retraités qui ont voté massivement pour Macrouille en sachant qu’il avait prévu de les ponctionner à mort. Ils ont fait mine de se déouvrir cocus, qu’ils paient donc la chambre.

    Il est sympa le Macrouille avec les chômeurs : en temps normal, un socialiste les envoie direct au Goulag.

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