Ecole obligatoire dès 3 ans : une farce à tous les niveaux

Rédigé par notre équipe le 27 mars 2018.

Aujourd’hui s’ouvrent les Assises de la maternelle. Pendant deux jours, les professionnels de l’Education vont devoir écouter et agréer à tous les messages du Gouvernement. L’affaire n’est pas mince d’autant que l’Elysée a cru bon faire savoir avant même le début de cette opération que l’école deviendrait obligatoire dès l’âge de 3 ans à compter – certainement – de la rentrée 2019. Macron entend créer quelque chose qui existe déjà dans les faits… 

Après le passage bien trop long et cataclysmique de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l’Education nationale, Emmanuel Macron a eu la bonne idée de mettre un homme intelligent et sérieux rue de Grenelle. Pourtant, Macron reste le chef et ne peut pas s’empêcher de le rappeler à tous. Le dernier exemple s’appelle les Assises de la maternelle. Prévues ces 27 et 28 mars, elles ont été court-circuitées par un président qui s’est cru génial en annonçant une mesure qui est déjà ultra majoritairement adoptée en France : la scolarisation à partir de l’âge de 3 ans. 

Une loi inutile

Le nouveau cheval de bataille de Macron est de rendre l’école obligatoire dès l’âge de 3 ans. L’idée est de donner les mêmes repères et savoirs à tous les enfants et de ne pas « créer » d’inégalités dès le plus jeune âge. L’Elysée nous dit qu’un enfant qui évolue dans un milieu défavorisé entend un million de mots en moins qu’un enfant plus favorisé par le cadre de vie. Donc hop ! Tous à l’école pour éviter cet outrage à l’égalitarisme ! Mais Macron a-t-il compris que 93 % des enfants de 3 ans sont déjà scolarisés dans un établissement en France ? L’intérêt d’une loi est donc très limité si ce n’est pour dire nul.

Oui, mais sauf que légiférer en la matière ne présente que des avantages. Le premier est de donner l’image d’un président qui lutte avec acharnement contre les inégalités (c’est important quand on ne fait rien pour s’occuper des inégalités les plus monstrueuses). Le second avantage est qu’avec une telle mesure, Macron est certain qu’elle sera bien appliquée puisqu’elle est déjà suivie par tous à l’exception d’environ 26 000 cas. Enfin, c’est un moyen de brosser le personnel de l’Education nationale dans le sens du poil en leur faisant comprendre que leur travail est formidable et qu’il doit toucher tous les enfants le plus tôt possible.

La seule présence de Boris Cyrulnik dans l’équipe en charge de la réforme de la maternelle aurait dû mettre la puce à l’oreille. Comme toujours avec Macron, il faut des noms ronflants qui rassurent ceux qui en auraient besoin. Avoir un neuro-psychiatre habitué des plateaux télé est un garde-fou intéressant quand on est dans la communication à outrance.

Espérons que les prochaines mesures présentées seront d’un autre calibre, car les plans de com’ n’ont jamais fait avancer la moindre cause mise à part celle de se faire élire. Un peu de travail et de retenu ne feraient pas de mal à un président dont les chevilles enflent dangereusement.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Bluesun dit :

    Il faut une science politique nouvelle à un monde tout nouveau.

    Nous avons eu Sarko le vendeur de vent, puis Hollande le capitaine pédalo, et comme il faut une science politique à un monde tout nouveau, nous avons à présent l’élu Macron, le jeune novice qui s’y colle, pour faire du neuf avec du vieux.

    C’est vraiment dommage que 90% des politiciens donnent une mauvaise réputation aux 10% qui restent.

    Ca fait des décennies que les enfants commencent l’école à 3 ans, voire même deux ans (si l’enfant est propre).

    De nos jours avec le « changement » les gens de 40 ans sont encore des adolescents. Macron n’a pas d’enfants, la première connaissance aurait été d’en avoir.

    Mais en démocratie, la politique est l’art de faire croire au peuple qu’il gouverne. MAGIQUE la poudre de perlimpinpin.

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