Thierry Mariani : un exemple à suivre pour la reconstruction de la droite ?

Rédigé par notre équipe le 01 avril 2018.

Thierry Mariani est un vieux loup de la politique. Né dans le Vaucluse, il a connu tous les honneurs et tous les postes produits par la République. Ministre sous Nicolas Sarkozy pendant seulement un an et demi, il a surtout fait ses classes en qualité de député. Fortement ancré à droite, sa famille politique ne lui a jamais donné l’envergure que son franc parler aurait dû lui conférer. Battu aux dernières législatives, l’ancien député LR pourrait franchir le Rubicon et faire sa place au FN. Une bonne nouvelle pour la droite ?

Thierry Mariani sera-t-il le héraut d’une recomposition de la droite française ? Peu connu du grand public, l’homme à fait toutes les campagnes de la droite RPR aux Républicains avec comme couronnement de sa carrière une courte période ministérielle au sein de la Sarkozy déclinante. Invité à sauver les meubles en 2012 avec une circonscription de Français de l’étranger, l’homme s’est fait connaître pour ses positions pro-russes et son mépris pour la langue de bois.

Un cas encore trop isolé

Balayé comme tant d’autres aux législatives de 2017, Mariani n’est pas du genre à se laisser aller aux regrets. Il veut aller de l’avant et la ligne en point de mire pourrait bien s’appeler le Front national (avant un éventuel changement de nom). Le Parisien assure que l’ancien député a récemment rencontré Marine Le Pen et qu’un ralliement est en vue. Mariani serait invité à rejoindre les listes frontistes pour les européennes de 2019 et d’assurer ainsi un discours cohérent et non euro-béat en cas d’élection.

Le rapprochement semble naturel tant les points de vue sur les sujets essentiels sont proches. De quoi inquiéter l’Etat major de LR qui a déjà fait savoir que Mariani serait rayé des listes du parti « dans les dix secondes » en cas de rapprochement avec le FN. Mariani ne dément en rien ces informations, mais affirme qu’aucun accord n’a été donné pour le moment notamment en raison de divergences sur les questions économiques.

Le Rubicon n’est donc pas encore franchi, mais on sent les leaders frontistes frémir, car l’arrivée de Mariani pourrait constituer un précédent très positif. Un ancien ministre de Sarkozy qui n’a pas peur de s’allier avec le FN, le message est fort et devrait faire couler beaucoup d’encre dans les médias de gauche (pléonasme). Un grand mouvement de recomposition est-il en train de se constituer ? Malheureusement, Mariani n’a pas de légions derrière lui et si le signal est positif, il devrait n’être qu’un des éléments qui amèneront à une refondation longue et parfois douloureuse.

Car malheureusement, le macronisme va devoir faire bien d’autres dégâts pour qu’une opposition digne de ce nom se mette en place. Des jours sombres pour les Français au cours desquels les Wauquiez et autres quadragénaires aux dents longues n’auront de cesse de s’accrocher aux commandes d’une boutique de plus en plus délabrée.

Laisser un commentaire