Quand les élus dérapent (verbalement)

Rédigé par notre équipe le 02 avril 2018.

L’idée du Gouvernement de réduire le nombre de parlementaires n’a jamais été aussi pertinente. Cette mesure aurait peut-être le mérite de limiter le nombre d’olibrius qui croient commander les destinées des Français en assumant le n’importe quoi comme étendard. Deux anecdotes médiatisées ces deux derniers jours illustrent la descente aux enfers de l’intelligence et le manque d’humanité de certains élus.  

« Ce qui se passe en circo, j’en ai rien à foutre ». Voilà l’état d’esprit de certains députés LREM. Une fois élus, ils sont bien tranquilles pendant cinq ans et personne ne doit venir troubler leur retraite grassement payée par les contribuables. La formule choc et au français peu châtié a pour auteur Bruno Bonnell. Entrepreneur inspiré dans le domaine des jeux vidéo, l’homme s’est retrouvé propulsé député par un coup de poudre à perlimpinpin. A en juger par le mépris dont il gratifie ses électeurs, l’effet de la fameuse poudre tend déjà à se dissiper. A tel point que Le Monde a mené une petite enquête de voisinage pour voir de quel mauvais bois est constitué cette créature macronienne.

Les électeurs : des citoyens méprisés

Comme souligné au cours de ces derniers mois, les têtes qui dépassent du côté de LREM se font rares. La plupart n’ont pas le niveau minimum pour s’exprimer correctement une fois un micro tendu et les autres pourraient faire de l’ombre à la planète sacrée qu’est Jupiter. Les ministres commencent à peine à pointer le bout du nez et certains s’impatientent face à cette inertie peu compatible avec l’image moderne et jeune qu’il faut véhiculer à tout prix. D’autres pourtant, font parler d’eux. Mais là encore, le message envoyé n’est pas très conforme à la réalité.

Un exemple avec Bruno Bonnell qui fait partie de la cohorte de députés LREM élus uniquement parce qu’ils portaient les couleurs de l’équipe gagnante. Ses idées, son programme, sa vision du monde… peu importe ! Le député nouvelle génération se doit de fuir le terrain autant que possible car au fond, il n’en a « rien à foutre ». Les électeurs sont prévenus, Monsieur Bonnell ne rend de comptes qu’au sein de l’Assemblée nationale (sauf à raison d’une heure par semaine dans sa permanence histoire d’éviter de jouer les « assistantes sociales »). Problème : Bonnell est aussi invisible dans les couloirs de l’Assemblée…

Autrement dit, LREM a placé un député fantôme qui revendique son absence de travail. Ils voulaient renouveler la politique, c’est fait mais avec quelle recette ! Mais soyons juste et ne regardons pas seulement du côté du pouvoir en place. Ce 1er avril nous a aussi permis de voir l’épaisseur de l’intelligence chez certains élus Les Républicains. La maire de Beauvais a cru bon faire un poisson d’avril en annonçant la prochaine implantation d’un magasin Ikea. A la clé ce sont 4 000 emplois qui ont été promis. Une nouvelle qui a donné de l’espoir à tous les chômeurs de cette région dévastée par le chômage. On comprend que la « blague » de Caroline Cayeux et son équipe ait du mal à passer.

Entre les députés qui se foutent de tout et les maires qui s’amusent du malheur de leurs administrés, les Français ont le don de choisir de drôles de zouaves. A leur décharge, rares sont les candidats encore sérieux qui leur sont soumis et plus rares encore sont les électeurs armés intellectuellement pour discerner le très mauvais grain du reste. Pauvre France !

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