Gaston Lagaffe : le cinéma français aux portes des enfers

Rédigé par notre équipe le 08 avril 2018.

La veille de la sortie du film Gaston Lagaffe, la presse s’est délectée des déclarations pour le moins critiques de la fille de Franquin. L’œuvre de son père a été mise à l’écran pour un résultat cataclysmique. Les gags sont lourds, le scénario ridicule et pourtant le réalisateur de cet OVNI cinématographique a trouvé les fonds pour tourner un énième film délaissé par des spectateurs agacés de devoir payer plus de 10 euros pour s’abrutir.   

Fin mars, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) jubilait à la présentation des chiffres de l’année 2017. L’année dernière, ce sont 222 films qui ont été produits majoritairement par des fonds venus d’investisseurs français. Avec une part de marché en hausse, les films français restent une valeur sûre (38 %), mais l’argent est-il pourtant bien dépensé ? Il faut croire que pour les producteurs c’est le gros lot puisqu’ils ont en moyenne diminué leurs investissements de l’ordre de 6 % au cours des cinq dernières années tandis que la part du crédit d’impôt dans le budget d’un film a augmenté de 54 %… Autrement dit, le cinéma français n’a jamais été autant subventionné par nos impôts et le résultat est souvent bien en-deçà des attentes légitimes.

Les nuls tirent le gros lot !

La palme du plus gros gadin de ce début d’année revient sans conteste au film Gaston Lagaffe réalisé par Pierre-François Martin-Laval. Comédien et réalisateur à l’humour loin de provoquer le moindre éclat de rire pour beaucoup, l’artiste s’est déjà essayé à la production de films aux succès divers (King Guillaume, Les Profs) mais qui ont tous pour trait commun d’être tout simplement nuls. Comment un tel réalisateur a-t-il réussi à conquérir les cœurs pour obtenir un budget assez important et mettre en boîte sa dernière idée : Gaston Lagaffe ?

Le mystère reste inaccessible tout comme l’humour prodigué tout au long de ce film. La fille du dessinateur André Flanquin avait pourtant prévenu du danger. Celle qui n’a qu’un héritage moral sur les œuvres de son père n’a pas pu s’opposer à la réalisation d’un tel navet. Son seul privilège a été de lire le scénario en avant-première. Le résultat est résumé en une phrase : « Les acteurs sont mal dirigés, le scénario débile et le rythme des gags catastrophique ». Catastrophée à la lecture d’un scénario qui n’a pu être écrit que par un enfant de six ans, elle a pu éviter quelques scènes grossières. Isabelle Flanquin assure que la première version du scénario « était inqualifiable, pleine d’aberrations : Gaston y abandonnait son chat et sa mouette. Ou chauffait la start-up où il travaille en introduisant un tuyau d’arrosage dans le derrière d’une vache ».

Le pire a peut-être été évité, mais la version finale n’en reste pas moins navrante. Le cinéma salit une œuvre qui a ravi des générations de lecteurs et tout ce cirque se fait avec des millions issus de nos impôts… La bande-annonce est affligeante et les spectateurs ne se sont pas trompés puisqu’ils ne sont que 56 000 à s’être déplacés le jour de la sortie de ce navet indigeste.

Il est temps de faire le tri entre les films au fort potentiel artistique et les autres, car faire de la résistance à Hollywood n’a aucun sens si c’est pour produire des films aussi affligeants. Le cinéma français doit se repenser ou alors prendre soin de mourir rapidement.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Arnaud dit :

    Woow!
    Alors mon bro, va falloir se calmer sur la négativité. Etant très fervent des Bd Gaston lagaffe des mon plus jeune âge, je peux vous dire que ce film était rafraichissant. Je tient à préciser que la salle de ciné à 19:45 Gaumont pathé Lyon carré de soie était bien rempli et que ce film à fait rire et sourire TOUTE la salle.
    Au delà de l’humour, on voit aussi dans ce film un message de déconnexion
    Je pense que ce film n’est pas un gâchis et qu’il mérite largement son financement.

  2. Le-civilisateur dit :

    100 %

    D’accord avec et sur votre analyse de l’état globale du cinéma français.

    J’ai une théorie sur l’origine du mal qui touche notre pays et ce, même du côté «artistique»…

    Pour pratiquer un métier et le mener au sommet de sont art, il faut un noyau, qui se compose d’un intérêts véritablement désintéressé, pour le secteur dans lequel on s’engage.

    Avant de vouloir faire du fric il faut d’abord aimer faire de la qualité, et être sois même animés par la volonté de développer le secteur choisi, (Il faut dépasser les frontières de son imagination. «Rod Serling»)

    Notre noyau doit donc être composé aussi de sincérité de sérieux et d’un véritable investissement pour sa vocation.

    Par exemple, dans le monde anglo-saxon … si la qualité n’est pas au rendez-vous, ça dégage rapidement…!

    En France par contre ça fonctionne autrement.

    En France c’est le piston.

    C’est le propre d’une république bananière.

    Tout marche à la connaissance, donc.
    Donc les gens performants qui ne connaissent personne ne peuvent pas se développer et apporter leur contribution dont notre société a tant besoin.

    Au lieux de cela c’est toujours un copain de machin qui connaît machine, qui va en croquer…

    En politique , dans les affaires comme dans le spectacle c’est comme ça que cela fonctionne en France.

    Donc, ont se coltine des boulets, ont doit subir les performances d’ incompétents notoires placés la ou ils sont par la force des choses.

    Par la force du piston.

    Dans les théâtres comme dans le reste.
    Des jeunes français es extraordinaires ils y en à la pelle.

    Mais en France il vaut mieux être médiocre et faire partie de ka famille de «quelqu’un»..

    Sinon tu restes dans l’ombre.

    La France est devenu un pays médiocre, avec des réalisateurs médiocres, des faux politiciens médiocre.

    Des chanteurs médiocre etc etc..,

    Pas besoin de perdre 10 € et d’aller voir une performance française pour savoir que je serais très certainement déçu

    Même la mort de nos artistes est médiocre.

    Et un fiasco.

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