Un drôle de gestionnaire nommé Edouard Philippe

Rédigé par notre équipe le 11 avril 2018.

Edouard Philippe, un gestionnaire très dépensier

Edouard Philippe est un homme heureux. Après avoir serpenté dans les méandres de la politique politicienne aux Républicains et avoir dû se coltiner les destinées du Havre, faute de mieux, Philippe a enfin un poste qui compte. Premier ministre dans l’ombre jupitérienne, il n’en communique pas moins sur sa capacité de travail et son goût de la négociation (que les cheminots apprécient très certainement). Deux axes de communication parfois bien éloignés d’une réalité qui commence à montrer son incapacité à gérer les fonds publics correctement.  

Un Premier ministre est un fusible pour le président. Mais avant de sauter, il serait opportun que Matignon soit occupé par un bon gestionnaire. Mauvaise pioche avec Edouard Philippe qui voit son passé récent l’éclabousser en pleine figure. Maire du Havre entre 2010 et 2017, il a engagé la ville dans une politique de grands travaux. Les dépenses publiques ont explosé tout comme la dette qui a bondi de 32 % en quatre ans. Mais cette gestion très juppéiste de la ville était déjà connue bien que fort peu rappelée dans les médias. Aujourd’hui, c’est le Canard Enchaîné et Mediapart qui s’intéressent au cas Philippe et il est peu de dire que ce n’est pas brillant.

Les dépenses publiques ? Ce sont les autres qui paient !

Maire du Havre, Edouard Philippe se devait de faire quelque chose pour le 500e anniversaire de la ville. C’est une grande manifestation culturelle appelée sobrement « 500 ans du Havre » qui sera finalement retenue. Malheureusement, seul le nom restera sobre, car cette opération de communication aura coûté la bagatelle de 20 millions d’euros. C’est cher, mais c’est encore en-dessous de la réalité, car ce budget a été dépassé de 6 %, soit 1,2 million d’euros. La cause de ce surcoût : les frais liés à l’instauration de l’Etat d’urgence selon le nouveau maire, un proche d’Edouard Philippe. Est-ce en raison des coûts financiers que l’Etat d’urgence a été levé par un Edouard Philippe Premier ministre ? Une évidence, ce n’est pas la diminution fantasmée du nombre de fichés S qui est à l’origine de cette mesure aux conséquences gravissimes…

La commune n’a pas tenu ses engagements financiers vis-à-vis de ses habitants, mais pour couronner le tout, elle n’a pas non plus payé certains prestataires. Il reste 1,05 million d’euros de factures impayées sur le bureau du maire du Havre. Principale cause : la société Artevia a été placée en redressement judiciaire en janvier 2018 avec une dette d’environ 5 millions d’euros selon Mediapart. C’est étrange, car l’appel d’offres remporté par Artevia exigeait notamment que l’entreprise prestataire déclare un chiffre d’affaires d’au moins 5 millions d’euros par an sur les trois dernières années. Une condition sine qua non pas remplie par Artevia, mais qui ne l’a pas empêché de remporter la mise. Y aurait-il du copinage dans les couloirs de la Mairie du Havre ?

Ce choix est d’autant plus grotesque que les déboires financiers d’Artevia étaient connus depuis 2012 et que la Mairie avait été alertée en 2015, soit l’année de l’appel d’offres à l’odeur de souffre. Entre les appels d’offres aux résultats curieux et une gestion très onéreuse de l’argent public, Edouard Philippe ne se distingue pas de manière très positive. Il va lui falloir un petit sac de poudre de perlimpinpin pour que cette histoire ne fasse pas trop tache sur son CV. Jurons que les services de communication de Matignon et de l’Elysée – payés par nos impôts (encore et toujours) trouveront la parade.

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