Vers un nouvel antisémitisme ?

Rédigé par notre équipe le 22 avril 2018.

Le Parisien a publié aujourd’hui un « manifeste contre le nouvel antisémitisme » qui a regroupé trois cents signataires. Beaucoup d’hommes politiques, des religieux, intellectuels et personnalités tirent la sonnette d’alarme après plusieurs crimes antisémites particulièrement atroces. Une démarche sincère, mais peut-être pas pour tous, car quand ils ont été au pouvoir, les politiques ont oublié de nommer les problèmes et de les régler. Un laisser-faire aux conséquences meurtrières.

La France est belle quand elle est unie derrière un projet, des aspirations. Malheureusement, les rares fois où ses composantes se rassemblent, c’est pour commémorer nos victimes ou regretter une violence qui n’est pas nouvelle, mais qui empire un peu plus chaque année. Objet de toutes les attentions des hommes politiques de droite et de gauche, les juifs de France sont une cible pour cette violence que peu là haut osent appeler de son nom. Le manifeste publié aujourd’hui en est un énième exemple dont certains ressorts ne sont pas exempts de critiques.

Des mots, des mots, mais toujours des maux

Il fallait marquer le coup. Après les meurtres de Sarah Halimi et de Mireille Knoll en 2017 et 2018 et des attaques répétées et multiples, trois cents personnalités ont décidé de prendre la plume pour dénoncer un antisémitisme qui en plus de tuer par pure haine, fait descendre toujours un peu plus notre pays dans les abysses. Les mots sur papier glacé pour lutter contre les maux d’un pays qui n’ose pas se regarder en face de peur d’y trouver les métastases qui le rongent. Mais quand les mots ne dévoilent que les maux à moitié, le patient peut d’ores et déjà se rendre à la morgue.

Ainsi, il s’agirait d’un « nouvel antisémitisme ». L’antisémitisme dont les Français sont pourtant affublés tous les quatre matins – celui des années 30 et du IIIe Reich – est passé de mode. Désormais, un danger bien plus pressant pèse puisqu’il s’agit d’un « nouvel antisémitisme ». Nouveau ? Cela fait plus de quinze ans que la situation suit un même fil conducteur qui fait de la communauté juive une cible privilégiée de tous les paumés et ratés qui sortent de l’anonymat le temps d’un acte immonde entrecoupé de deux caillassage contre la police. Les banlieues (mais pas que) sont des zones de non droit, leurs habitants en sont les premières victimes. Le choix est simple : se plier à la norme ou risquer d’y laisser des plumes, voire la vie.

Sarah Halimi et Mireille Knoll, deux paisibles retraitées parisiennes n’ont pas eu la possibilité de fuir cette vague antisémite apparue depuis longtemps sur les écrans radar qui ont le culot de fonctionner. Mais à force d’horreurs, les faits commencent à imprimer une réalité que tous les responsables politiques se sont évertués à cacher. Le « nouvel antisémitisme » dont serait responsable la France dans son intégralité est à mettre au débit de toutes les petites frappes salafisées qui hantent des centaines de territoires en France.

Le manifeste tourne autour du pot même si tout le monde comprend d’où vient un problème qui n’est pas nouveau. Mais en regardant de plus près certaines plumes, il est évident que l’antisémitisme que l’on déplore doit être nouveau car dans le cas contraire cela voudrait dire que des signataires comme Sarkozy et Valls ont failli à leur mission. Les deux n’ont fait que hurler alors qu’ils avaient toutes les manettes du pouvoir. Qu’en ont-ils fait ? Rien pour éviter que la République ne perde la face et que la nation ne se délite. Les racailles récupérées par des imams haineux font la loi et se sont les juifs et tous les Français qui doivent fuir ou mourir.

Pointe de lucidité tout de même quand on lit dans le manifeste qu’ « il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Emile Zola et de Clemenceau ». La France est si malade qu’elle laisse faire pour mieux se défaire et périr. Sarkozy, Valls et leurs épigones ont bon dos de s’insurger contre un mal auquel ils n’ont donné aucune réponse concrète. Mais il ne faut surtout pas remettre en question cette colère mêlée de bons sentiments, car un procès en antisémitisme (version old school) n’est jamais loin. Pauvre France !

Déjà une remarque sur cet article

  1. Bluesun dit :

    La France est si malade qu’elle laisse faire pour mieux se défaire et périr. (C’est exactement cela).

    Depuis des années déjà, la France est politiquement orpheline.

    (Pas facile de nos jours de parler de tous ces sujets dits sensibles.)

    La France est terre judéo chrétienne..

    Nos frontières sont tombées, Europe et mondialisation sont entrés, le reste a œuvré.

    Depuis, rien ne va plus, et l’acharnement de tous nos bisounours est de répéter inlassablement que tout va bien.
    A force de se voiler la face, c’est le voile qui devient trop étroit devant la multiplication de morts.

    Par ailleurs devant le début de l’intolérable, qu’ont fait nos responsables politiques ?

    Rien, ou pas grand chose, et puis comme pour le reste, Europe-mondialisation doit se faire coûte que coûte, le constat est alors, qu’une vie ne vaut plus grand chose..

    Le dommage à présent est que les juifs quittent le pays. Ils avaient de l’humour, il semble avoir disparu pour laisser place à une tristesse constante.

    En même temps la France aussi est devenue très triste….

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