Blanquer recadre les profs !

Rédigé par notre équipe le 26 avril 2018.

Dans notre belle France, faire preuve d’autorité est synonyme de dangereuse dérive. Vouloir imposer la moindre règle aux enseignants est une gageure. Pourtant le ministre de l’Education nationale a publié aujourd’hui quatre recommandations portant sur le français et les mathématiques. Deux matières majeures sur lesquelles reposeront les autres savoirs de tout un parcours scolaire. L’école doit être le lieu de l’apprentissage, de l’instruction et non plus l’antichambre d’une vie sans contrainte où le paraître domine l’être.

Le problème est connu de tous, les solutions aussi, mais dès qu’un ministre de l’Education national fait enfin son boulot, c’est la levée de boucliers du côté des syndicats d’enseignants. Qu’a donc bien pu promettre Jean-Michel Blanquer pour mériter l’hostilité de ces trop puissants syndicats ? A-t-il promis de dégraisser le mammouth comme un de ses déjà lointains prédécesseurs ? Non, il a juste rappelé l’importance de l’apprentissage du français et des mathématiques afin que les petits écoliers enraient une spirale infernale qui les enferme dans une misère intellectuelle crasse.

Vers un bon sens retrouvé ?

Parmi les recommandations où le bon sens prend enfin sa revanche sur l’idéologie, on peut lire que les élèves de primaire auront l’opportunité de faire 15 minutes de calcul mental et une dictée chaque jour. Connaître les tables de multiplication par cœur et étudier 5 à 10 livres an est aussi recommandé. Des choses basiques qui énervent certains, mais qu’il est essentiel de rappeler car l’instruction française s’est égarée depuis trop longtemps. Nul besoin de disserter des heures sur les classements internationaux dans lesquels les élèves français obtiennent des résultats toujours plus mauvais. Il suffit de regarder une rédaction de collégien ou la nécessité d’en demander toujours moins aux élèves pour qu’ils puissent suivre. Le laxisme pédagogique a montré ses terrifiantes limites et il est plus que temps de s’en délivrer.

Les quatre circulaires ministérielles prochainement accompagnées d’un livret de 130 pages consacré au seul apprentissage de la lecture suscitent donc des réactions que l’on pourrait qualifier de peu enthousiastes chez les principaux concernés. La Snuipp-FSU affirme que le problème est ailleurs : « Reconnaître les enseignants, les soutenir, les valoriser et miser sur une vraie formation initiale et continue de qualité seraient de meilleures réponses aux enjeux bien réels posés au système éducatif français ». Il est vrai que la formation des enseignants a de quoi laisser désirer ces dernières années… Mais il est vrai que s’acharner à apprendre aux enfants à lire avec la méthode globale est un drame organisé par une administration folle. Cela doit cesser.

Le ministre a été clair sur ce point. « Entre quelque chose qui ne marche pas – la méthode globale – et quelque chose qui fonctionne – la syllabique – il ne peut y avoir de ‘compromis’ mixte ». La méthode syllabique doit se réimposer, mais il existe une autre méthode qui peut poser problème : celle du ministre lui-même. En effet, aussi fondées soit-elles, ses remarques ne sont que des recommandations qui seront suivies ou non en fonction des préférences des enseignants et parfois de leur idéologie. Cela ne change rien à la pauvreté des programmes ni aux manuels de plus en plus mal faits.

Blanquer s’essaie donc à la communication – pour mieux sentir soutien des parents lors du réel affrontement avec les syndicats d’enseignants ? Ce temps là doit exister, mais celui où les mesures sont appliquées avec sérieux devra venir rapidement. Il en va de l’avenir des jeunes générations et de la France dans son ensemble.

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