Manuel de survie (médiatique) : la leçon Jean-Marc Ayrault

Rédigé par notre équipe le 30 avril 2018.

ayrault Parti socialiste
Photo : Parti socialiste

Comment survivre à une carrière politique minable conclue de la plus grotesque des manières ? Jean-Marc Ayrault, ancien, député, ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires étrangère, ancien maire, ancien tout, nous propose une démonstration de haut vol. Pour une performance à couper le souffle, il faut recourir à des complicités et quoi de mieux qu’un président Macron désireux de recaser les ratés qui ont eu au moins la gentillesse de le mettre sur orbite ?

Pantoufler en politique pendant un quart de siècle ne suffit plus à calmer l’ardeur de certains. Jean-Marc Ayrault est de ceux-là pour le plus grand déplaisir de Français qui peuvent une fois de plus constater que le copinage en politique est un sport de haut niveau réservé aux seuls initiés. Elu député en 1986, le socialiste professeur d’allemand à ses heures perdus a traîné sa médiocrité dans les couloirs de l’Assemblée nationale jusqu’en 2012. Cela aurait largement dû suffire, mais l’arrivée de la Hollandie a entraîné la nomination de nombreux incapables…

Une carrière pour rien

Ayrault sera donc ministre et même Premier ministre. Comme quoi devenir prof d’allemand peut mener très haut (à condition de ne pas mettre les pieds dans une salle de classe). A l’image de son président, Ayrault est cataclysmique. Il n’apporte aucune réponse aux maux dont souffre la France et en rajoute même. Son charisme est à la hauteur de son ami Flamby et son autorité est telle qu’il se fait débarquer par un Valls qui voit Matignon comme la rampe de lancement parfaite pour sa prochaine campagne présidentielle.

Finalement mis sur la touche par Hollande, Ayrault retrouve tout penaud les rangs de l’Assemblée nationale avant d’être de nouveau invité à prendre un ministère – les Affaires étrangères. Un passage éclair d’un an qui n’aura pas aidé la France à redorer son blason – bien au contraire. Sorti par la petite porte de l’Histoire, Ayrault a au moins la lucidité de comprendre qu’il ne sera pas réélu. Son exposition médiatique prolongée aura eu le mérite d’ouvrir les yeux des électeurs. Sa successeuse à l’Assemblée est une députée LREM… Le flambeau a été repris avec justesse jusque dans les bastions PS les plus forcenés.

Depuis sa mise en retrait(e), Ayrault est régulièrement humilié. Sa politique sous Hollande est critiquée par la nouvelle équipe qui a pourtant appartenue à la sienne et le baron de Nantes s’est mangé une défaite en rase campagne avec la fin du projet de Notre-Dame-des-Landes. Une vie politique entière à appuyer un projet qui ne verra jamais le jour. Une efficacité toute ayraultienne… !

L’homme aurait du prendre le chemin de la retraite, se faire oublier auprès des quelques personnes qui avaient noté sa présence et finir dans quelques années par mémoires aussi peu intéressantes qu’utiles. Mais non ! A 68 ans, il lui faut continuer coûte que coûte. Un an à se morfondre avant de retrouver un poste à sa hauteur. Ayrault sera donc nommé président d’une Fondation pour la mémoire de l’esclavage. Il s’agit d’une décision présidentielle. Macron a parlé donc silence dans les rangs. Une telle fondation est indispensable ! Et qui de mieux que l’ancien maire de Nantes, premier port négrier pour commémorer ?

Ce renvoi d’ascenseur est grotesque. Les passerelles entre le PS et En Marche vont finir par se voir. Soit Macron n’est pas aussi infidèle que sa trahison ne le laisse penser, soit Ayrault a assez de matière pour l’enquiquiner. Quoiqu’il en soit, cette nouvelle fondation signe une politique peu orthodoxe qui va coûter des millions aux contribuables. Mais comme on dit chez les socialistes : quand on aime on ne compte pas !

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