De Washington à Canberra, Macron ou la stratégie de l’esquive

Rédigé par notre équipe le 07 mai 2018.

Bien heureux comme un président français hors de France. Après son voyage aux Etats-Unis qui a laissé songeur plus d’un observateur averti, Macron a passé une semaine en Océanie où il notamment assuré travailler à un rapprochement « stratégique » avec l’Australie. Ces vacances auraient dû lui redonner un peu d’allant à son retour à Paris, mais les casseurs du 1er mai et les difficultés présidentielles avec la langue de Shakespeare ont annihilé ce plan de comm’ bien travaillé.

La magie de l’étranger n’opère plus avec autant d’efficacité qu’autrefois. Tous les présidents l’ont compris, l’Elysée est une cage dorée contre laquelle tous les mécontents viennent taper. Et avec les politiques qui se suivent et se ressemblent étrangement depuis 40 ans, les mécontents sont nombreux et de plus en plus énervés. La solution est simple, on prend un avion à 20 000 euros de l’heure (pas encore d’Air Force One car Macron n’a pas réussi à imposer son rêve d’imitation béat des Etats-Unis) et on part tourner de belles images dans des contrées exotiques.

Du vide oui, mais de dimension internationale !

Cette fois-ci, c’est l’Australie qui a eu l’honneur d’accueillir un président français désireux de fuir le spectre des grèves et du mécontentement. Une arrivée qui pourrait paraître précipitée tant la hotte du père Macron était bien vide. Il aura fallu ramer et montrer que la France et son économie vont bien en signant des contrats dans le domaine de l’armement. La gentille France qui veut la paix partout dans le monde ne dit jamais non à un contrat à la finalité létale.

Contrats signés, chèques espérés, mais c’est un peu court pour faire de ce long déplacement un succès. Alors, Macron joue au stratège et explique doctement que l’axe Paris-Delhi-Canberra est essentiel pour contrecarrer l’hégémonie d’une puissance bien connue dans la région. Macron aurait-il enfin décidé d’arrêter de jouer au valet de Trump ? Que nenni, le président français vise la Chine et non pas les Etats-Unis. Une pique que n’a pas apprécié Pékin et qui l’a fait savoir d’emblée.

Les Chinois n’ont pas peur de dire ce qu’ils pensent contrairement à un Macron qui n’ose critiquer son nouveau meilleur ami : Donald Trump. Ce dernier a pris le temps de mimer les exécutions perpétrées par les terroristes au Bataclan. Un mauvais sketch fait devant une NRA attaquée par certains citoyens américains traumatisés les dernières tueries aux Etats-Unis. L’exemple du Bataclan avait déjà servi au président américain sans que son ami Macron lui dise de le laisser de côté pour régler les problèmes inhérents aux Etats-Unis. La lâcheté de Macron se répète grossièrement puisque (peut-être coupé du monde en Océanie), il est le seul responsable politique français à ne pas avoir réagi.

Macron est bien sous la coupe de Trump et non pas l’inverse. Lors de son voyage à Washington qui n’a débouché sur rien, les équipes de Macron ont tout fait pour distiller dans les médias, l’idée que le président américain est friand des conseils de son homologue français. Emmanuel serait le bon génie de Donald en lui soufflant quelques idées sur le plan international. Est-ce Macron qui a soufflé l’idée de bombardement en Syrie ? La stratégie est simple du côté de l’Elysée. Si Trump prend une décision jugée positive alors c’est la voie macronienne qui a été entendue. Si une décision est jugée désastreuse alors le silence radio se fait. La témérité présidentielle est bien faible.

Le temps du retour à Paris est venu. Il va falloir se pencher sur les cheminots, les grévistes d’Air France, les retraités, les chômeurs, les pauvres, les étudiants, les classes moyennes en voie de disparition… En un mot il va falloir s’occuper des Français ! Dure tâche qui va appeler de nouveaux voyages un peu partout à l’étranger pour ne pas se salir les mains. Comme dirait l’un des députés de la majorité, Macron a été élu pour faire ce qu’il veut et non pas pour s’emmerder avec un pays de ploucs. Quand même !

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