Un an de macronisme : la presse n’a toujours rien compris

Rédigé par notre équipe le 09 mai 2018.

L’heure du premier bilan a déjà sonné. Emmanuel Macron est au pouvoir depuis un an et les rédactions s’en donnent à cœur joie pour décrypter, analyser, penser l’action du président de la République depuis son incroyable ascension à l’Elysée. Beaucoup d’encre utilisée, mais une réflexion peu satisfaisante qui illustre encore une fois ce mélange d’incompétence et de servitude des journalistes qui fait tant de mal à notre pays.

Quels mots mettre sur la première année de présidence d’Emmanuel Macron ? Les journalistes se prêtent au jeu avec grand plaisir, mais avec de bien piètres résultats. Le mot d’ordre a été lancé (avec la complicité de l’Elysée) : le nouveau pouvoir est à droite. Les déclarations et la politique du Gouvernement illustrent à coup de barre à droite après des années de hollandisme mou (pléonasme) à tout et son contraire a été pratiqué dans un joyeux n’importe quoi. Les Duflot, Valls, Cahuzac, Benguigui et Arif (pour ne citer qu’eux) se sont croisés, succédé parfois affrontés pour occuper la plus belle place possible. Le Hollandisme s’est donc inscrit dans une tradition de gauche socialiste qui renonce à tout sauf au pouvoir.

Le refus de dire le vrai

Dans ce contexte, il était facile de succéder à François surnommé « fraise des bois » par son ministre des Affaires étrangères (Fabius) devenu Président du Conseil constitutionnel par la grâce présidentielle. Macron avait un boulevard une fois les clés de l’Elysée subtilisées et le tapis rouge a même été déroulé par une cohorte de journalistes issus du même moule idéologique. Même ADN et donc impossibilité de mener des enquêtes sérieuses, de critiquer vraiment et mettre les mots justes sur la politique suivie.

Ainsi, Macron serait le président dont la droite aurait toujours rêvé. Un président qui donne aux très riches et qui fait avaler la pilule en disant que les mesures bénéficieront principalement aux classes moyennes. Un président peu intéressé par les pauvres même si tout est fait – nous dit-on – pour qu’ils puissent enfin profiter des fruits de la mondialisation. Comment ? En ouvrant les frontières à tous les vents : migrants, produits américains, finance. Tout est bon à prendre du moment qu’il y a du mouvement.

Les journalistes sortent quelques phrases d’anciennes gloires de la droite pour montrer que Macron a déjà fait ce qu’ils n’ont pas osé entreprendre lors de leurs années au pouvoir. Suppression de l’ISF, remise en cause du statut de cheminot, fin de l’Exit taxe annoncée à un média américain… Tout est bon pour le classer à droite et faire de Mélenchon son unique rival. Avec le rouge Mélenchon en tant qu’adversaire, les élections deviennent un peu plus faciles encore d’autant que le grand méchant FN continue de faire peur. Ce petit jeu de simplification est typique du système médiatique. La droite ne serait constituée que d’affreux riches voulant devenir plus riches au détriment des pauvres. C’est caricatural et donc largement mis sur le devant de la scène médiatique.

S’il existe une droite libérale qui a rarement triomphé en France, il existe aussi une autre droite. Celle qui a permis à la France d’être un creuset pour de nouvelles générations d’immigrés désireux (et contraints) de s’intégrer, une droite qui a toujours veillé aux intérêts des Français et des classes moyennes. Une droite qui ne fait pas de la vie un vulgaire bien que l’on branche, débranche et utilise en fonction de l’âge et de la situation sociale. Mais dans le monde orwélien qui se met en place à coup de bâton, la droite est forcément synonyme d’extrême droite, c’est-à-dire de nostalgique d’un temps où l’on parlait allemand sur les Champs-Elysées. Il faut aujourd’hui parler le macronien. Une langue indigeste, mais qui permet bien des entourloupes une fois maîtrisée.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Bluesun dit :

    QUAND LE JEUNOT SOUFFLE SA PREMIERE BOUGIE,
    c’est le bilan de la construction européenne fondée sur le mécanisme du marché qui se dévoile.

    Un an de Macronisme, et le jeune novice souffle sa bougie sous tous les regards de ses parrains et marraines les journaleux.
    (jamais aucun « soufflage » de première bougie avant) « même Giscard en son « jeune » temps n’a pas pensé à cela. Sans doute que l’Elysée n’avait pas encore cette image d’auberge de jeunesse. Ou de jeune avec maman.

    En marche pour la fin du jeu de DESTRUCTION, le novice ne cesse de voler pour mettre en place son jeu de CONSTRUCTION.

    Une question se pose pourtant, si Macron avec fierté annonçait durant sa campagne qu’il était NOVICE, une fois élu, qui tire alors les ficelles du savoir, et de l’efficacité du comment doivent se faire les règles du jeu CONSTRUCTION ?

    Un journaliste peut détourner l’information afin de servir les intérêts d’un système

    Henri Courtade

    Les journaleux semblent en effet être à la botte du Macron, sont aussi à l’image des vieux politiques, c’est à dire, voir, entendre, mais parlent la langue de bois. Les concernant un petit supplément, surtout ne pas mordre la main de qui nourrit.

    Technologie de l’apparence ou la stratégie de l’illusion, qui mène parfois au burlesque parce que souvent trop visible.

    Le citoyen est alors réduit à sa dimension mercantile, et la personne devient le jouet d’un système qui l’exclut de la prise de décision.

    Ce qui fait qu’aujourd’hui, le citoyen est dans la nécessité de s’adapter.

    Les journaleux s’adaptent pour exercer un métier qui ne ressemble plus à rien, et les citoyens doivent s’adapter pour en arriver au salaire universel, et à la pensée unique, le tout savamment orchestré pour le « faire croire » que ce sont eux qui mènent la danse tout en s’imaginant qu’ils mènent aussi la cadence…..

    (La photo de l’article fait penser à un carnaval, d’une sorte de secte.)

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