La SNCF se la joue grand prince : les désastres de la com’

Rédigé par notre équipe le 12 mai 2018.

Cela n’aura échappé à personne, la SNCF est en grève. Les cheminots gardent leur ligne de conduite et la direction de la SNCF – qui s’est mise sur la touche depuis le début du conflit – croit pouvoir revenir au centre du jeu en annonçant la mise en vente de billets à prix réduit. On savait que Guillaume Pépy était complètement dépassé par la situation, mais on pensait quand même que les millions d’euros consacrés à la communication n’étaient pas vains. Ils le sont ! Une piste de plus pour réduire la dette de la SNCF… 

Guillaume Pépy est unique. A la tête de la SNCF depuis dix ans, il a trouvé dans le rail le moyen de faire une belle carrière à moindre frais. Enfin, les frais ce sont pour les autres, car avec son salaire démentiel de près d’un demi million d’euros par an, Pépy va pouvoir partir à la retraite avec un compte en banque bien fourni et sans peur de la chute sociale pendant ses vieux jours. La dette de la SNCF a bon dos. 50 milliards de plus ou de moins, ce n’est pas le problème de Pépy qui a bien fait comprendre depuis le début du conflit qu’il fallait voir avec le Gouvernement. Responsable de rien, il est surtout irresponsable.

Le ridicule ne tue pas

Mais Pépy veut laisser une trace dans l’histoire de la SNCF. Pour le moment, celle qui le suit n’est guère glorieuse puisqu’il n’a rien fait en une décennie et lorsque la réforme aboutira elle sera mise au crédit de Jupiter… Il ne reste donc pas grand-chose sauf les grèves et la colère des Français empêchés de se déplacer… Alors que faire pour se sortir de cette galère ? Une « opération reconquête » lancée avec la plus grande naïveté par le maître du rail.

Les Français n’apprécient pas la chienlit alors il « paraît totalement normal d’avoir un signe sympathique vis-à-vis de nos clients pour redonner de la confiance » en faisant « des gestes commerciaux ». Ainsi, seront proposés «  3 millions de billets de TGV à moins de 40 euros sur toutes les destinations et tous les jours » entre le 15 mai et le 31 août. La belle affaire ! Pépy croit amadouer le Français en lui proposant des billets à prix réduit pendant la période estivale. Même s’il s’en fout, il serait quand même bon d’expliquer deux ou trois choses au patron de la SNCF.

Tout d’abord, la grève continue à raison de trois jours par semaine. Au lieu de faire de la com’, Pépy ferait bien de faire de la politique industrielle et de mettre fin à un conflit qui gène des millions de Français. A quoi bon vendre des billets si aucun train ne part ? La logique de la SNCF est unique au monde et c’est peut-être ce qui en fait son « charme ». Les Français veulent des trains et non des ristournes (on ne parle pas ici de celles dont Macron bénéficie) juste là pour leur faire avaler la pilule de plusieurs mois de grève. Les Français prennent et prendront le train non pas parce que les prix affichés sont, pour un temps normaux, mais parce qu’ils ont besoin de voyager.

Pépy croit sortir la tête haute avec trois millions de billets moins chers. C’est dire la vision de ce dirigeant bon pour la retraite ! C’est aussi sans compter le trou que cette affaire va avoir dans les comptes de l’entreprise, mais quand on a 50 milliards de dette et une fin de carrière en vue, cela n’entre même pas dans l’équation. Extasions-nous donc sur ce coup de com’ génial de Sieur Pépy. Si cela pouvait au moins lui servir de cadeau de départ… Mais nul doute qu’il n’oubliera son indécente retraite (et sans statut de cheminot !). La classe jusqu’au bout M. Pépy !

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