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Allez le bleus : récupération politique d’un fiasco !

Rédigé par notre équipe le 26 juin 2010.

Qui a oublié Jacques Chirac debout dans un Stade de France en fusion, faisant semblant de reprendre avec le public les noms de joueurs qu’il ne connaissait pas ? C’était la belle époque où la France était au sommet du monde footbalistique et où nos dirigeants surfaient sur la fierté de tout un  peuple plutôt que sur notre honte.

Autre temps, autre moeurs. La récupération politique du triomphe des bleus de 1998 et de la ferveur nationale qui s’en est suivie, avait quand même une autre gueule que l’halali médiatico-politique à laquelle nous assistons ces derniers jours autour du cadavre encore fumant de notre équipe nationale.

Le comportement des joueurs de l’équipe de France est inadmissible. Evidemment. Leurs prestations sud-africaines ont été d’une rare indigence. Personne ne le niera. La gouvernance du foot français est gérontocratique et quasi-mafieuse. Ce n’est pas nouveau.

Mais la chasse aux responsabilités (pour ce qui ne demeure tout de même qu’une élimination d’une compétition sportive) dans laquelle se lance le gouvernement et en premier lieu le président est affligeante et indigne de la dignité républicaine. C’est d’ailleurs une limite du dynamisme sarkozien. A toujours vivre de mouvement, on se retrouve parfois prisonnier de la fange médiatique.

Un ministre qui exige la démission d’un président de fédération (sur quelle base ?). Sa secrétaire d’Etat qui fait dans la surenchère, les deux se disputant les déclarations les plus fracassantes. Un président enfin qui annule une recontre préaparatoire du G20 et reçoit un joueur de foot comme un chef d’Etat… La limite du grotesque est allègrement dépassée.

Le seul antécédent d’une telle ingérence politique dans un échec sportif est à chercher à l’époque du régime putchiste du général Gueï en Côte d’Ivoire. Les Eléphants, éliminés piteusement de la Coupe d’Afrique des Nations, avaient été mis aux arrêts plusieurs jours dans une prison militaire d’Abidjan. De quoi donner des idées à Roselyne Bachelot ?

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