Affaire Woerth : Le Monde s’offre le scalp d’un ministre !

Rédigé par notre équipe le 01 juillet 2010.

La presse est une machine à salir et à broyer les réputations. En ces temps de crise, quoi de plus grisant que de se payer la tête d’un ministre fricotant avec une milliardaire. Dans “l’affaire Woerth”, le très honorable journal Le Monde mène la chasse à l’homme. Construction d’un scandale en deux semaines et dix articles.

L’affaire Woerth ne repose sur rien de tangible. Des rumeurs et des éléments divers bricolés à la va vite par quelques journalistes. Toujours est-il qu’elle fragilise le ministre du Travail au beau milieu du débat sur la réforme des retraites. Ça fait un joli scoop !

Le rôle de la presse serait évidemment de faire de la pédagogie autour de la réforme que propose le gouvernement et d’éclairer les citoyens sur les enjeux et les propositions des uns et des autres. Ce rôle, pourtant vital dans une démocratie, les médias français ont renoncé depuis longtemps à le jouer. Ils préfèrent rebondir de polémiques en débats stériles tout en se délectant de temps à autre d”une sordide “affaire” politico-financière.

Mais revenons à la traque d’Eric Woerth, engagée le 17 juin avec un article sans ambiguïté qui a mis le feu aux poudres : Les liens troubles des époux Woerth avec Liliane Bettencourt. Cet article reprend divers propos de Liliane Bettencourt, héritière au cerveau fatigué de la marque de cosmétique L’Oréal, qui se vante de bien connaître Eric Woerth, d’employer sa femme et de pouvoir par ce biais régler des problèmes fiscaux. Rien de bien précis et aucun élément tangible pour justifier ces “liens troubles” qui sentent le souffre et condamnent d’emblée Eric Woerth .

L’honorable institution qu’est Le Monde laisse ensuite l’affaire s’infuser quelques jours dans l’opinion avant de dégainer à nouveau le 22 juin : La pression sur Eric Woerth ne retombe pas. Histoire d’être certain que la polémique ne s’essouffle pas trop vite.

Puis dès le lendemain deux articles illustrent la montée en puissance du front anti-Woerth : La défense parfois légère d’Eric Woerth, En pleine réforme des retraites, l’image d’Eric Woerth est écornée. Écornée par qui ? Pourquoi ? Toute l’hypocrisie de la rédaction du Monde est dans ce dernier titre. La machine à salir commente et s’offusque de la merde qu’elle a créé.

Depuis, à chaque jour son lot d’articles, contribuant un peu plus à façonner “le scandale” dénoncé. Les communicants appellent cela la formation de l’opinion. Pour moi, ce n’est qu’une manipulation.

La pire et la plus minable qui soit. Le Monde ne détruit pas Eric Woerth par hostilité idéologique. Non,la rédaction de ce canard et des deux ou trois autres qui comptent ne croient plus en rien. Ils salissent un ministre et nos institutions par pur opportuniste et parce que ce genre de polémique moisie fait vendre du papier et amuse la galerie.

La violence des charges monte en puissance au fil des jours. Le 27 juin, Affaire Bettencourt : Eric Woerth de plus en plus fragilisé. L’étau se resserre et on peut sentir de la jubilation dans cette titraille. Le lendemain, les journalistes du Monde précisent que Les affaires s’accumulent contre Eric Woerth avant de se demander si “Le soldat Woerth est-il encore sauvable ?”. Autant dire que ces mêmes journalistes l’ont déjà exécutés… euh pardon condamnés. A partir de là, pas étonnant que l’opinion suive le mouvement.

La réputation d’un homme passée à la moulinette, ils s’en contrefoutent. La réforme des retraites, vitale pour l’avenir de notre pays, qui s’y intéresse ? Le Monde s’adonne au trash journalisme de la presse à scandale anglaise, sauf qu’au lieu de s’en prendre aux têtes couronnées, aux stars du cinéma ou du ballon rond, leur terrain de chasse est politique. Prestige oblige.

C’est pitoyable et dangereux. Je ne sais pas si c’est les médias qui sont à l’image de la société ou l’inverse, mais dans les deux cas c’est assez inquiétant pour l’avenir.

Pour rappel et en tentant une seconde d’oublier le bourdonnement médiatique aussi irritant que 50.000 vuvuzelas dans un stade sud-africain, “l’affaire” Woerth se résume à des écoutes pirates (et donc sans aucune valeur judiciaire) d’une vieille dame sénile. A cela s’ajoute le fait que la femme d’Eric Woerth était employée (elle a du démissionner suite à cette chasse à l’homme) dans une société de finance gérant l’argent de la famille Bettencourt. Tout le monde le savait (notamment les journalistes du Monde), mais tout le monde fait semblant de le découvrir aujourd’hui en s’offusquant du conflit d’intérêt.

Conflit d’intérêt. Un mot que ces mêmes journalistes oublient vite quand il s’agit de leurs relations avec des hommes politiques ou des hommes d’affaires qu’ils interviewent comme des inconnus avant de partager un diner quand ce n’est pas une chambre d’hôtel.

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