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Sarkozy : le charme est brisé… ou coup de la panne ?

Rédigé par didoulefou (24actu) le 15 juillet 2010.

Nicolas Sarkozy ne convainc plus les Français. Sa dernière intervention télévisée n’a pas séduit au-delà de son propre camp. Les rapports entre le chef de l’État et la Nation n’ont pourtant pas toujours été aussi distants. De coups de bluff en coups de génie, Nicolas Sarkozy fascine les Français depuis sa nomination au ministère de l’Intérieur en 2002.


Depuis huit ans, la vie politique française ne tourne qu’autour d’un homme. Nicolas Sarkozy. Respecté ou haï, il ne laisse pas indifférent. Actif pour ses laudateurs, excité pour ses détracteurs, son énergie donne en tout cas le tempo politique et médiatique. Les autres n’ont qu’à suivre.


Or depuis quelques mois, Nicolas Sarkozy a lentement perdu la main. On le sent moins en contrôle des évènements, souvent suiviste, parfois passif… Une nouvelle attitude que lui ont sans doute soufflé des communicants hors de prix, mais qui déboussole les Français. A trop vouloir soigner la stature présidentielle, on en oublie la bête politique. C’est elle que les Français ont élu.


Une bête politique capable par son activité (et son activisme) de ministre de l’Intérieur, de se rendre indispensable dans la majorité où il était pourtant considéré comme une brebis galeuse. Un homme capable de parler aux Français comme aucun politique ne l’avait fait avant lui, et d’aborder des sujets sensibles jusque là abandonnés au FN. Un animal allant aussi au clash avec le clan Chirac et prenant l’UMP sabre au clair, avant une campagne présidentielle en tout point remarquable. Comme ont été remarquables les premiers mois réformistes de la présidence Sarkozy.


Mais en plus du politique, les Français se sont aussi passionnés pour la vie privée tumultueuse du président : séparation, rabibochage, divorce, remariage avec une top-model,…le tout en l’espace de deux ans.


A partir de là, les attentes de l’opinion sont forcément un peu plus fortes que pour un politicien lambda, et une intervention télévisée bien maîtrisée (pour ces mêmes communicants hors de prix) peut sembler fade aux Français. Nicolas Sarkozy ne sera jamais un président à la Chirac. Sa légitimité et sa crédibilité auprès des Français est à chercher dans l’action. Et nulle part ailleurs.


D’où l’importance pour rebondir, de reprendre les fondamentaux du sarkozysme. Une droite qui s’assume et délaisse les diktats de la pensée unique de gauche : en clair la fin de l’ouverture à la gauche caviar et une Carla Bruni qui sort du champ politique.


Mais il se doit aussi de remettre au pas son gouvernement, trop attiré par la gloriole personnelle et dont la plupart des membres ne sont pas au niveau. Qu’à l’occasion du remaniement, il s’entoure de ministres politiques de poids qui ne lui amèneront pas d’histoires et de polémiques. Adieu Roselyne Bachelot, Rama Yade, Nadine Morano… et les trois-quarts du gouvernement.


Pour gagner en 2012, Nicolas Sarkozy doit sortir du carcan élyséen et ne plus se soumettre aux règles imposées par ses conseillers. Qu’il revienne au terrain, reprenne pied avec ceux qui l’ont élu et qui sont tout prêts à revoter pour lui… A condition qu’il les entende et qu’il remette en branle son immense capacité de mouvement.

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