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Le chacun pour soi de la “gauche solidaire”

Rédigé par didoulefou (24actu) le 17 juillet 2010.

“Solidaire”. Le mot tarte à la crème du moment, dont la gauche use et abuse pour souligner le contraste avec une droite “ultra-libérale” et “individualiste”. Pourtant, à y regarder de plus près, la “gauche solidaire” de Martine Aubry ressemble plus à une guerre tribale qu’au monde des Bisounours. Le “Peuple de gauche” réuni main dans la main, ce n’est pas pour demain…


Au siècle dernier, Lionel Jospin avait sa “gauche plurielle”. Martine Aubry, qui en était une figure-phare avec ses 35 heures, a souhaité refonder cette “dream team” en y ajoutant une couche de bons sentiments.


Cela donne la “gauche solidaire”,… ou le niveau zéro de la politique ! Loin des envolées lyriques de la patronne du PS, la réalité de la gauche française s’approche plutôt du combat de rue : tous les coups sont permis pour défendre son bout de gras !


PS, Front de gauche, Verts. Les trois composantes de cette “gauche solidaire” ne peuvent pas se voir en peinture ! Si Martine Aubry, Cécile Duflot et jusqu’à récemment Marie-Georges Buffet, faisaient bonne figure devant les caméras, ne rechignant jamais à se montrer ensemble, larges sourires aux lèvres, les rivalités entre appareils n’ont jamais cessé.


Il faut dire qu’à force de perdre les élections nationales et de gagner les locales, les cohabitations Verts-PS-FG sont devenues une réalité dans l’ensemble des exécutifs locaux. Et le courant ne passe pas vraiment entre barons socialistes, grognards communistes et bobos écologistes. Pas une semaine sans chamailleries entre chapelles. Où est passée la solidarité ?


C’est évident qu’il est plus facile de se rassembler dans la haine du sarkozysme et des réformes du gouvernement, que de se mettre d’accord pour préparer un plan de circulation ou d’attribuer des subventions ! L’ambiance est pour le moins tendue aux conseils municipaux entre des écologistes, qui sous peine de se couper de leurs bases, ne peuvent prendre le risque de céder au “réalisme politique”et des socialistes qui le maîtrisent si bien entre deux exhortations électorales.


Les Verts jouent d’ailleurs de ces divisions et en rejettent la responsabilité aux “compromissions” socialistes. Mais d’un autre côté, n’est-il pas logique que le PS, arrivé en tête dans l’immense majorité des cas, exerce la réalité du pouvoir ?


Des tensions au sein d’une majorité ? Quoi de plus logique. La gauche gouverne la quasi-totalité des exécutifs locaux et le partage du pouvoir génère des tensions et ravive les égoïsmes partisans. Mais qu’au moins Martine Aubry ait la décence de ne pas nous jouer son couplet moralisateur sur les “valeurs” de gauche.


La politique crève de ces mots creux lâchés par des communicants aux oreilles des responsables de parti. Si la gauche et les médias ont raison de railler les éléments de langage diffusés par l’Élysée aux ministres les soirs d’élection, les incantations du PS sont encore bien plus problématiques.


Tandis que l’UMP est en ordre de marche pour les présidentielles de 2012, la gauche n’affiche de commun que des bons sentiments et le rejet de la droite. Un peu léger pour prétendre gouverner…

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