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Micro-partis : Sarko beaucoup moins riche que les trotskistes

Rédigé par didoulefou (24actu) le 21 juillet 2010.

Nicolas Sarkozy, présenté à longueur de journée comme le grand bénéficiaire du système de financement des micro-partis, n’est que la neuvième personnalité politique française en terme de levées de fonds de ce type ! Loin derrière Jean-Marie Le Pen, Christine Boutin ou la mouvance trotskiste du Parti Ouvrier qui trustent les premières places de ce Top 10.


Beaucoup de bruits pour rien.. C’est la morale de cette nouvelle “micro-affaire” dont se régalent les médias depuis plusieurs jours. Non, Nicolas Sarkozy n’a pas financé sa campagne présidentielle  via des associations occultes. Les journalistes ont beau se donner tout le mal du monde pour s’en convaincre, c’est juste une absurdité.


Les micro-partis, ces associations de collecte de fonds dissociées des grands partis politiques, sont tout d’abord parfaitement conformes à la loi. De gauches ou de droites, les personnalités qui en ont créé n’ont rien à se reprocher.


A regarder de plus près le top 10 des levées de fonds des micro-partis , on s’aperçoit surtout que Nicolas Sarkozy ne se retrouve qu’à une piteuse 9e place avec 272.000 euros récoltés en 2006. Juste devant le Rassemblement des contribuables français de Nicolas Miguet qui clôture la marche. Pour rappel, le budget de la campagne présidentielle de Sarko était de 20 millions d’Euros : il faudrait un paquet des micro-partis pour boucler la boucle…


La même année, Jean-Marie Le Pen (N°2) a d’ailleurs récolté plus de 400.000 euros avec son association, tandis que le Parti ouvrier français (N°3) qui se réclame du “trotskisme lambertisme” (chapelle exotique mais inconnue du grand public)  le talonne avec 389.086 euros : soit un tiers de plus que Nicolas Sarkozy.


Suprême humiliation pour la “machine électorale” de Sarkozy, Christine Boutin lui fait l’affront de le devancer (304.909 euros), tout comme l’ancien candidat indépendant pour les présidentielles de… 1995, Jacques Cheminade ! Cette histoire de micro-parti est une vaste plaisanterie.


Les résultats de ce top 10, au même titre d’ailleurs que les péripéties récentes de Manuel Valls (écorché par ses amis pour avoir créé son propre micro-parti en vue de préparer en toute légalité les primaires socialistes) devraient aider nos amis journalistes à faire la part des choses entre des pratiques pour le moins indélicates (24heuresactu a été l’un des premiers sites à dénoncer la confusion des genres de la visite officielle de Laurent Wauquiez à Londres) et la création d’associations qui permettent un financement légal des partis. Et ça n’a pas toujours été le cas dans notre pays !




Le Top 10 des micro-partis financés par des fonds privés

1. Rassemblement pour la Calédonie dans la République (UMP): 2.629.332 euros (2003)
2. Cotelec (association de financement Jean-Marie Le Pen – extrême droite): 415.387 euros (2007)
3. Parti des travailleurs (aujourd’hui, Parti ouvrier indépendant – trotskiste lambertiste): 389.086 euros (2004)
4. Tahoeraa Huiraatira (Polynésie française – Gaston Flosse, droite): 319.411 euros (2004)
5. Fetia Api (Polynésie française – centriste): 315.000 euros (2004)
6. Mouvement pour l’information et la responsabilisation des candidats (Ifrap: think tank indépendant soutenu par une fondation): 314.613 euros (2007)
7. Forum des républicains sociaux (Christine Boutin): 304.909 euros (2005)
8. Solidarité et progrès (Jacques Cheminade): 277.143 euros (2008)
9. Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy: 272.000 euros (2006)
10. Rassemblement des contribuables français (Nicolas Miguet): 244.303 euros (2006)

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. pierrot dit :

    Bonjour

    C'est une honte de dénoncer ainsi le Parti Ouvrier Indépendant, alors que ce parti a 8000 adhérents et qu'il n'est financé que par les cotisations de ses adhérents !! Il refuse même tout financement public ! Est ce ses prises de positions pour le retrait de la réforme des retraites qui poussent les médias aux ordres à le calomnier ?

  2. Thaliane dit :

    J'adore la confusion volontaire entre micro-partis de membres officiels de grands partis et "petits partis" indépendants. C'est d'une grande honnêteté intellectuelle et d'une parfaite rigueur journalistique…

  3. Wand dit :

    Didoulefou vous avez une carte de journaliste ou vous êtes un écrivaillon de plus qui prend sa plume pour dénoncer les scandales honteux liés à la décomposition de la Vème République?

    Déjà que les journalistes ont de moins en moins l'occasion de faire une travail convenable et honnete mais si n'importe qui s'y met c'est le pompom!

    En effet le sujet de votre article je vous le rappelle est : "Les micro-partis" utilisés par les membres de grands partis afin de financer leur campagne ou indirectement leur grand parti… Les petits partis indépendant ne financent pas ces grands partis que je sache. Vous êtes donc hors sujet CQFD.

    Un élément, que dis-je une piste pour nous refaire ça au propre : insistez sur le fait que de micro-partis fictif liés à une personnalité politique a finalement des ressources assez proche que de véritable partis indépendants.

    Comparez le budget Sarkozy (20 millions) avec ces partis, et interrogez-vous : ceux qui financent Sarkozy et tout ces micro-partis fictifs, qu'attendent-ils en retour? qui sont-ils?

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