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Retraites : un casse-tête pour les socialistes ?

Rédigé par patsoul (24actu) le 22 juillet 2010.

L’allongement de la durée de travail est une nécessité pour permettre la survie de notre système de retraites dans une France où l’on vit de mieux en mieux et de plus en plus longtemps. Personne ne conteste cette évidence, même au parti socialiste.

Mais quelle attitude adopter face à cette réforme majeure du gouvernement que les Français semblent avoir bien compris ? Entre crédibilité et obligation d’opposition, le Parti socialiste doit choisir, au risque d’accentuer ses divisions internes.

Malgré un affaiblissement de la majorité, des élections régionales qui furent un succès et un apaisement (de façade?) des égos (surdimensionnés?) des pontes socialistes, un petit caillou demeure dans les souliers du parti à la rose : la réforme des retraites.

La faillite de la Grèce socialiste combinée à une bonne communication gouvernementale et à l’unanimité des économistes sur la nécessité de la réforme ont convaincu les Français de l’absolue nécessité de l’allongement de la durée de travail.

Entre le réalisme économique des “quadras” et autres strauss-kahniens sociaux démocrates, le radicalisme socialiste de Martine Aubry et de l’aile gauche du parti, et le populisme imprévisible de la madone Royal, il y a fort à parier que la rentrée sera une fois de plus houleuse dans les rangs du PS.

Mais, au-delà des divisions idéologiques, il s’agit également d’un dilemme stratégique : admettre la réalité pour prouver que le parti est crédible et qu’il peut diriger le pays, signifie admettre que Sarkozy avait raison et qu’il ne fait pas du si mauvais boulot. Le PS est-il prêt à ce genre de concession ?

Dénoncer violemment cette réforme permettrait au contraire au PS de tenter d’achever un président mal en point (sondages, pseudos affaires,…) mais risquerait de stigmatiser le PS, devenu parti d’opposition sans force de proposition et incapable de se confronter aux réalités économiques.

Comme à son habitude, il y a fort à parier que le parti adoptera une position mixte : “on est d’accord sur le fond mais sur la forme cette réforme est scandaleuse!“. Remarquez que cette stratégie s’est révélée payante depuis plusieurs mois face à un président qui veut faire bouger les choses quitte à employer des méthodes hasardeuses…

Quoi qu’il en soit, l’affaire Woerth est un cadeau tombé du ciel (peut-être pas par hasard..) pour le PS : on peut attaquer Sarko et le ministre chargé de cette réforme essentielle sans aborder le fond du sujet. On comprend mieux pourquoi cette histoire fait tant parler d’elle…

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Et n'oublions pas la situation désastreuse de l'Espagne dirigée par … les socialistes aussi.

    Comme quoi, la gauche ne fait pas forcément mieux que la droite, en Europe.

    Il est certain que l'affaire Bettencourt tombe au moment pour jouer à la chasse à l'homme plutôt que de parler du fond, qui pourrait exacerber les divisions et incohérences des socialistes démago.

  2. andré martin dit :

    De plus en plus de contribuables sont furieux de constater que c’est avec leur argent que le gouvernement déverse sa propagande pour la réforme des retraites, via une multitude de spots et annonces publicitaires.

    Nous invitons ceux qui sont scandalisés par cette campagne de désinformation à lire et signer l’appel « Retraites, Chômage : Arrêtons la désinformation ! » signé par 700 syndicalistes, économistes ou simples citoyens que vous trouverez sur le site http://www.retraites-enjeux-debats.org/.

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