Absentéisme des députés : des sanctions injustes et absurdes

Depuis la réforme du règlement de l'Assemblée nationale de janvier 2010, les parlementaires qui ne pourront pas justifier leurs absences en commissions et en séances sont sanctionnés financièrement par des retenues sur leurs indemnités parlementaires.

 

93 députés sont ainsi passibles de sanctions pour absentéisme, même si, depuis l'introduction de ces pénalités, la participation aux réunions a sensiblement augmenté.

 

Parmi ces parlementaires à punir, on retrouve David Douillet (UMP), Arnaud Montebourg (PS), Renaud Muselier (UMP), ou encore Marie-George Buffet. Le champion des absentéistes est le député maire de Cambrai, François-Xavier Villain (divers droite), passible d'une retenue sur salaire de plus de 2100 euros par mois.

 

Réactions des intéressés : FX Villain affirme venir tous les lundis et mardis à l'Assemblée, et le fameux pointage a lieu le mercredi. "J'attends aussi qu'on fasse le pointage du nombre de permanences tenues sur le terrain par les élus, pour rigoler un peu". En conséquence, ce député viendra les mardis et mercredis à compter de septembre, juste pour pointer…

 

D'autres parlementaires dont le fief électoral est très éloigné de Paris contestent aussi ce système d'évaluation du travail des députés.

 

En effet, ceux qui sont à 3 heures de TGV ou qui habitent en Ile-de-France peuvent faire l'aller retour sur quelques heures en commission, alors que pour d'autres, ils peuvent mettre jusqu'à 7, 8 voire 9 heures pour venir siéger à l'Assemblée nationale, et ne s'y déplacent qu'une fois par semaine, ou une semaine sur deux.

 

Pire, les parlementaires de l'Outre-Mer ou élus par les Français de l'étranger sont très désavantagés par ce système.

 

Enfin, pour d'autres, comme Yves Jego l'affirme dans un communiqué de presse, il faut regarder la nature des absences. "Je n'ai pas séché les travaux de la commission pour faire autre chose que mon travail de parlementaire. J'ai été absent à quatre réunions de la commission des affaires sociales au cours du premier semestre 2010 car j'auditionnais des acteurs de la vie économique dans le cadre de la mission totalement bénévole que m'a confiée le président de la République sur le Made in France". Yves Jego serait sanctionné de plus de 1000 euros.

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