BP change de patron, Obama fait la leçon…

 

Depuis le début de la marée noire, l'administration Obama joue les gros bras avec le géant pétrolier britanique BP, à grand coups de déclarations fracassantes et de menaces. S'agit-il d'une réele épreuve de force ou d'un brassage d'air populiste ?

 

C'est donc officiel, le directeur général de BP, Tony Hayward, cédera sa place le 1er octobre à Robert Dudley, qui deviendra le premier Américain à diriger le groupe britannique. Le DG de BP a démissionné suite aux fuites de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique et à ses conséquences désastreuses.

 

Face à cette démission, plus que logique, l'administration Obama, par la voix de son porte parole, Robert Gibbs, montre son courage et sa détermination dans le bras de fer engagé avec le géant pétrolier GP .

 

"Le DG de BP […] s'il décide de partir, c'est une chose […]. Ce qui est clair, c'est que BP ne peut pas, ne devrait pas, et ne quittera pas le Golfe sans répondre de sa responsabilité de reboucher le puits, de nettoyer les dégâts qui ont été provoqués et d'indemniser les victimes", a martelé le porte-parole lors de son point presse lundi. Cette force de caractère, ce courage pour défendre le peuple, on dirait du de Gaulle!!

 

Sauf qu'il faut être sérieux une minute : cette affaire dépasse le banal conflit d'intérêt entre une entreprise et un Etat. Il s'agit d'une catastrophe énormissime qui dépasse la simple crise. BP ne peut absolument pas enterrer cette affaire historique ultramédiatisée qu'Obama joue les pères fouettards ou pas.

 

Est-il envisageable une seule seconde, quand on connaît les enjeux financiers du secteur pétrolier, que BP parte sans réparer la fuite, nettoyer les dégâts et indemniser les victimes ? Bien sûr que non ! Qu'Obama et ses acolytes roulent des mécaniques ou pas, BP n'a de toute façon pas le choix. Et le président américain le sait très bien.

 

A vrai dire, Obama n'a quasiment aucun levier d'action pour mettre la pression sur BP. A part mettre une fessée aux dirigeants de l'entreprise, je ne vois pas ce que la Maison Blanche pourrait faire… Et le président américain le sait également.

 

On peut alors se demander si Obama, conscient de son impuissance, mais aussi du besoin de montrer patte blanche, utilise cet épisode afin de prouver (faire croire?) qu'il exerce une autorité ferme :  si j'ordonne publiquement à quelqu'un de faire ce qu'il avait prévu de faire de toute façon, les observateurs croieront qu'il m'a obéi !

 

Comme quoi, les démocrates américains, généralement plus sérieux que nos amis socialistes, savent également faire preuve d'une démagogie qui confine au cynisme.

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A propos de l'auteur patsoul (24actu)

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