Cours du blé : pire que la flambée, le drame de la volatilité

 

La flambée vertigineuses des cours du blé ces dernières semaines inquiète les analystes. Le prix de la tonne a augmenté de 70% en un mois. Si des risques de pénurie ne sont pas à exclure, le principal danger de la filière demeure la volatilité chronique des cours qui fragilise les agriculteurs.

 

Dans une économie agricole mondialisée, une sécheresse (et des incendies) en Russie font exploser les cours à travers le monde, menacent la sécurité alimentaire (très faiblement à l'heure actuelle) et donnent le tournis aux paysans.

 

Quel autre produit peut connaître des variations de prix aussi spectaculaires ? La tonne de blé est passée en un mois de 130 euros à 223,5 ! Quelles sont les risques de continuer à jouer à la roulette russe avec le ventre de six milliards d'êtres humains ?

 

Le système agricole mondial marche sur la tête depuis plusieurs années. En réalité depuis que les Américains ont instauré une libéralisation sauvage et violente des produits agricoles. Libéralisation qu'ils ne respectent d'ailleurs pas, mais c'est un tout autre problème…

 

Si le risque de pénurie alimentaire semble aujourd'hui réduit, la flambée actuelle des cours aura tout de même des effets dévastateurs pour les consommateurs, en particulier pour ceux des pays du tiers-monde.

 

Tout le drame de l'économie agricole réside dans le fait que ce sont les plus pauvres et les agricultures vivrières en particulier qui payent les pots cassés des déficits de récolte des pays exportateurs. Si les incendies russes avaient eu lieu en Afrique, des millions de gens risqueraient la famine mais les cours n'auraient pas bougé d'un centime !

 

Viendra ensuite la deuxième vague de ce système absurde. Voyant les cours élevés du blé, de nombreux paysans à travers la planète, seront tentés d'augmenter les surfaces exploitées pour l'année prochaine… ce qui fera mécaniquement baisser les prix !

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A propos de l'auteur maximus (24actu)

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