Censure en russie : le site qui parlait des incendies sur les sites nucléaires inaccessible

Rédigé par myriamb le 15 août 2010.

Le site de l'agence russe de protection des forêts, l'organisme qui avait révélé que des zones de pollution radioactive avaient été touchées par les incendies ravageant la Russie est inaccessible depuis vendredi, a indiqué dimanche un responsable de ce service à l'AFP.

 

Roslesozachtchita avait révélé mercredi que près de 4.000 hectares de terres irradiées avaient brûlé en juillet, notamment dans la région de Briansk, une zone touchée par l'explosion en 1986 de la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl, suscitant des craintes de propagation de la pollution. 

 

Cette information, publiée sur le site de l'agence www.rcfh.ru désormais inaccessible, contredisait la position du ministère russe des Situations d'urgence qui assurait qu'aucune région irradiée n'avaient été touchée par les incendies.

 

Le directeur adjoint de l'agence, Alexeï Bobrinski a indiqué à l'AFP dimanche que le site ne fonctionnait plus depuis vendredi. "Tout ce que je sais, c'est que le site ne fonctionne plus", a-t-il dit, "je ne peux que deviner ce qu'il s'est passé", a-t-il ajouté, rappelant néanmoins que l'influent ministre des Situation d'urgence, Sergueï Choïgou, s'en était vertement pris vendredi à l'agence de protection des forêts.

 

Dans des propos retransmis à la télévision, le ministre avait critiqué "des informations pas claires publiées par un site obscur". Un responsable de l'agence de protection des forêt, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a lui dit être "presque sûr" que le site a été fermé "suite à une directive" liée aux remarques de M. Choïgou.

 

Les incendies dans les zones irradiées ont conduit, selon des experts russes et Greenpeace Russie, à une propagation minimale de la radioactivité et ne présenterait pas de danger sanitaire. Les autorités russes, comme celles de l'Union soviétique, ont souvent cherché à cacher l'ampleur de catastrophes sur leur territoire, qu'il s'agisse de la catastrophe de Tchernobyl, du naufrage du sous-marin nucléaire Koursk en 2000, ou du nombre de morts dus à la canicule cet été en Russie, qui se comptent pourtant en milliers.

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