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Des vols affrétés pour reconduire des Roms en Roumanie

Rédigé par Notre équipe le 19 août 2010.

Deux groupes de Roms en situation irrégulière ont embarqué jeudi dans des aéroports français pour la Roumanie et deux autres vols suivront les 20 et 26 août.

 

Les autorités roumaines avaient dit attendre l'arrivée à Bucarest de 93 personnes mais toutes ne se sont pas présentées au départ des vols prévus en France. Seulement un peu plus de 70 d'entre elles seraient parties.

 

"79 Roms étaient candidats au départ volontaire, mais seuls 61 se sont présentés ce matin à l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry", a déclaré une porte-parole de la préfecture de l'Isère.

 

Il s'agit des premiers vols affrétés depuis l'annonce des mesures à l'encontre des Roms annoncés par Nicolas Sarkozy fin juillet mais ces départs sont volontaires.

 

La plupart des Roms reconduits chez eux ont embarqué vers midi à Lyon. Ils sont arrivés de Grenoble à bord de bus privés et ont ensuite accédé directement au terminal d'embarquement pour prendre un vol de la compagnie Blue air, selon une source aéroportuaire.

 

Le ministre de l'Immigration Eric Besson, en déplacement aux Etats-Unis, a fait savoir qu'il s'agissait de retours volontaires qui "ne sont pas directement liés" aux récents démantèlements de camps illégaux de gens du voyage.

 

"Il s'agit jeudi et vendredi des 25e et 26e vols de l'année vers la Roumanie et la Bulgarie. Nous sommes dans le cadre de procédures classiques de reconduite de ressortissants étrangers en situation irrégulière", indique-t-on dans son entourage.

 

Le ministre "insiste sur le caractère volontaire de ces reconduites", sans escorte policière, ajoute-t-on.

 

L'an dernier, 10.000 Roms ont été reconduits en Roumanie ou en Bulgarie à bord de 44 vols, dont environ 30% de retours forcés, dit-on au ministère.

 

Les Roms embarqués jeudi ont accepté l'aide au retour humanitaire (ARH) de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant, distincte de l'aide au retour volontaire (ARV) réservée aux étrangers extra-communautaires, dit-on au ministère.

 

A Roissy, Georginetta, 60 ans, a expliqué qu'elle vivait dans des conditions trop difficiles dans un squat de la région parisienne et qu'elle préférait rentrer, sans intention de revenir, en laissant son fils en France.

 

"C'est difficile, on n'a pas de nourriture, rien à manger. Qu'est-ce que je pouvais faire ? Voler ? On m'aurait mise en prison", a-t-elle raconté.

 

Dans la ligne d'une réunion le 28 juillet à l'Elysée sur les Roms et les gens du voyage, où Nicolas Sarkozy avait promis la reconduite "quasi immédiate" de ceux "qui auraient commis des atteintes aux biens ou des fraudes", Brice Hortefeux avait annoncé mardi le renvoi d'ici à fin août des 700 personnes issues des 51 camps démantelés cet été.

 

"PARIS DOIT RESPECTER LES RÈGLES"

 

La manière dont la France traite les Roms est suivie de près par la Commission européenne et la Roumanie, qui mettent en garde contre la stigmatisation de cette minorité ethnique.

 

Les Roms, première minorité ethnique de l'Union européenne par le nombre, sont pour la plupart originaires de Bulgarie et de Roumanie – ils y sont respectivement 750.000 et 1,8 million selon le Conseil de l'Europe -, membres de l'Union européenne.

 

"La France doit respecter les règles concernant la protection des citoyens européens", a prévenu mercredi le porte-parole de Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté.

 

"Nous regardons la situation très attentivement pour vérifier que tout cela a été respecté. On parle aujourd'hui de retour volontaire", a souligné le porte-parole, Matthew Newman.

 

La politique de la France sur les camps illégaux de Roms, décidée par Nicolas Sarkozy fin juillet après les violences survenues à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), a tendu les relations entre Paris d'un côté, Bucarest et Sofia de l'autre.

 

Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a brandi la menace d'un report de leur entrée dans l'espace de libre circulation Schengen, prévue en mars 2011, si les deux capitales n'intégraient pas davantage leur communauté Rom.

 

Dans un entretien accordé à RFI Roumanie, Teodor Baconschi, chef de la diplomatie roumaine, a "espéré que la loi ait été respectée pour toutes les expulsions de Roms".

 

Il a mis Paris en garde contre la "stigmatisation d'un groupe ethnique" et les "expulsions collectives".

 

Deux secrétaires d'Etat roumains seront à Paris le 30 août pour aborder la question, a annoncé mercredi le Quai d'Orsay.

Déjà une remarque sur cet article

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