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Guerre en Irak – Les États-Unis se retirent

Rédigé par lusurleweb le 20 août 2010.

Washington laisse un pays incapable de se doter d'un gouvernement cinq mois après les dernières élections
 
 
En Irak, la guerre est finie… pour les Américains. Leur dernière brigade de combat a quitté ce pays dans la nuit de mercredi à hier, près de deux semaines avant l'échéance prévue. Après sept ans et demi d'occupation, les États-Unis laissent derrière eux une contrée pacifiée en partie seulement et incapable de se doter d'un gouvernement cinq mois après les dernières élections législatives.

À la fin du mois, il ne devrait y rester que 50 000 soldats américains, contre 150 000 au plus fort de l'occupation: pendant encore un an et demi, ils se chargeront «de former et d'assister» l'armée et la police irakiennes, alors que les attentats ont repris de plus belle.

 

Au cours des 12 prochains jours, quelque 6000 militaires classés comme combattants et qui se trouvent encore en Irak au sein de diverses unités soit quitteront à leur tour ce pays, soit changeront de rôle. Mais déjà, Washington a proclamé la fin de l'opération Iraqi Freedom.
 

Cette guerre, lancée en mars 2003 par l'ancien président George W. Bush, a permis de renverser le dictateur Saddam Hussein, que Washington accusait à tort de posséder des armes de destruction massive, mais elle est rapidement devenue très impopulaire. Elle aura coûté la vie à 4414 soldats américains et plus de 740 milliards de dollars aux contribuables américains.
 

Le site Internet Iraqbodycount.org estime de façon assez modérée que le nombre de victimes civiles depuis mars 2003 se situe entre 97 000 et 106 000.

«À mesure que les forces […] irakiennes se chargeront de la sécurité de leur pays, nos troupes assumeront un rôle de conseil et d'assistance», a déclaré hier le président américain, Barack Obama, dans un communiqué.

 

«Conformément à un accord [conclu] avec le gouvernement irakien, toutes nos troupes auront quitté l'Irak à la fin de l'année prochaine, a-t-il ajouté. Entre-temps, nous continuerons à forger un partenariat fort avec le peuple irakien grâce à une présence civile et à un effort diplomatique accrus.»

 

«Nous mettons fin à la guerre, mais pas à notre travail en Irak, a dit un porte-parole du département d'État, Philip Crowley. Nous sommes engagés en Irak dans le long terme.» Ce même département d'État a indiqué que le nombre d'employés d'entreprises de sécurité travaillant pour lui allait doubler à cause du départ des militaires.

 

Le calendrier pour ce retrait avait été négocié entre les États-Unis et l'Irak à la fin du second mandat de George W. Bush, et Barack Obama l'a repris à son compte.
 

Le réseau de télévision NBC a montré hier en exclusivité des images d'un convoi de véhicules blindés Stryker franchissant de nuit la frontière entre l'Irak et le Koweït. L'opération avait été gardée secrète jusqu'au dernier moment.
 

 

Il y a une semaine, le chef d'état-major irakien, le général Babaker Zebari, avait estimé que ses forces ne seraient pas prêtes à prendre la relève de celles de l'oncle Sam avant… 2020!
 
 

La violence en Irak a diminué depuis les sommets atteints pendant les années 2006 et 2007, mais elle a redoublé d'intensité depuis le début de juillet. Le dernier attentat suicide, mardi, a fait une soixantaine de victimes à Bagdad, parmi les recrues de l'armée, justement.
 
 

«Barack Obama n'a pas dit si les États-Unis se déconnectent de l'Irak parce qu'ils ont perdu la bataille ou parce qu'ils l'ont remportée. Il n'y a pas, du côté américain, de bilan clair sur l'issue de cette guerre, qui continue à vrai dire», observe Sami Aoun, professeur de science politique à l'Université de Sherbrooke.

«Les Américains laissent l'Irak dans une situation un peu précaire, mais peut-on les blâmer de le quitter après les avoir blâmés de l'envahir? a poursuivi ce spécialiste du Moyen-Orient. Il y a quand même beaucoup de liberté de pensée, une presse libre et une démocratie libérale, même si les idéologies sont plutôt antilaïques.»

 

Le quotidien de l'armée américaine, Stars and Stripes, rappelait hier que le coût de la guerre en Irak, qui a déjà atteint les 747,6 milliards, s'élèvera au final à 3000 milliards en comptant la prise en charge des anciens combattants et certains coûts indirects, selon le calcul de l'économiste Joseph Stiglitz.

 
 

Le journal précise que 31 897 soldats américains ont été blessés, dont 1135 ont été amputés. À ce bilan s'ajoutent les 1487 contractuels du Pentagone qui ont perdu la vie dans les sables de la Mésopotamie.
 
 

Un porte-parole du gouvernement irakien sortant a affirmé hier que l'absence d'un nouveau Conseil des ministres, plus de cinq mois après les élections législatives, ne perturberait pas le retrait des 50 000 conseillers militaires américains qui doit s'achever fin 2011.
 

Les perspectives sur ce plan ne sont pas des plus brillantes. Non seulement les principales formations politiques irakiennes, soit celles du premier ministre sortant, Nouri al-Maliki, et d'un de ses prédécesseurs, Iyad Allaoui, n'ont-elles pas encore réussi à s'entendre sur le choix d'un chef de gouvernement, mais elles ont carrément rompu leurs négociations cette semaine.

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