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Un média, comme Médiapart, peut-il lutter contre le pouvoir ?

Rédigé par lusurleweb le 23 août 2010.

L'affaire Woerth a confirmé la haine de Edwy Plenel et de son clan pour les proches de Sarkozy. Après avoir réussi un joli coup de communication en plantant plusieurs banderilles dans le dos du Gouvernement, Médiapart assure, sans publier ses comptes, qu'il a engrangé de nouveaux abonnés. Bravo à eux. Dont acte.

 

La question qui se pose est de savoir si un média d'opposition peut tirer toujours dans le même sens et en continu sans jamais risquer de se voir enfoncer par le pouvoir et dénoncer par ses suiveurs (idest lecteurs, auditeurs, etc…)

 

L'affaire Nixon a révélé qu'un journaliste pouvait faire avouer à un Président sa responsabilité dans un scandale. Mais c'est le seul cas où un ex-dirigeant s'est montré plus faible qu'un journaliste de façon unilatérale. Et encore dans cette histoire, il y a de nombreux hasards (Le Watergate est né d'un hasard…) qui font penser que toute l'action journalistique n'était pas coordonnée.

 

Dans le cas de Médiapart, il y a une systématisation de la dénonciation, une mécanique de la radicalisation contre tout ce qui touche à Sarkozy. Cela permet à ce média de s'attribuer le titre de premier opposant de France au Président de la République. De son coté, Rue89, opposant reconnu à tout ce qui est de droite, fait un travail de journaliste non militant en étant transparent dans sa gestion et ses comptes, mais subjectif dans son rapport au fait. Oui, le militantisme s'arrête quand la systématisation n'existe pas, ce qui est le cas chez Rue89.

 

Un média en France peut-il tenir dans la systématisation de son opposition au pouvoir en place ? Cette stratégie n'est-elle pas vouée à l'échec ?

 

Plusieurs risques : le premier, les militants n'ont de raison d'être que dans l'opposition. Dans une majorité, ils ne servent à rien et perdent de leur intérêt. Dans ce cadre, Médiapart a une durée de vie courte, sauf si la gauche se plante à nouveau à la prochaine présidentielle ce qui, au regard de toutes les élections présidentielles et le manque de leader actuel à gauche, est possible.

 

Le second risque est la marginalisation. A force de dénoncer, tels les extrêmes en politiques, on est réduit, comme le montre la courbe de Gauss des partis politiques, à ne plus peser. La dénonciation lasse quand elle ne construit rien en parallèle, ce qu'a bien compris Rue89.

 

Mais ce qui est finalement terrible pour Médiapart est son incapacité à être notoire tel un média classique. Bien sur dans un microcosme parisien et dans le micro-microcosme twitterien, ce support est connu, mais ce que retiennent les français est l'affaire Bettencourt en elle même que les médias classiques ont développé et non le nom de Mediapart. Ainsi, la réalité de l'action de Médiapart est microcosmique, ce qui le rend davantage vulnérable.

 

Ne jamais oublier que nous sommes dans un monde politico-médiatique sans pitié qui règle ses comptes sans faire de bruit, souvent par des actes pervers et dans une certaine fureur.

 

Cet article est celui du blogueur Mry.
Vous pouvez retrouver son blog ici : http://mry.blogs.com et son profil twitter : http://twitter.com/MryEmery

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