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Une étude remet en cause la qualité des doctorats chinois

Rédigé par Notre équipe le 31 août 2010.

Grâce à un développement rapide et des investissements massifs dans le secteur de la recherche, la Chine est la première productrice mondiale de doctorants depuis 2008. Mais la qualité des diplômes est loin d'être au rendez-vous, comme le démontre une étude accusatrice parue récemment.

 

Depuis les réformes d'ouverture économique, la Chine, consciente de l'importance du développement de sa matière grise, a massivement investi dans l'éducation. La recherche, également : le budget du pays en la matière se classait au 4e rang mondial, avec 68 milliards d'euros (contre 189 milliards pour les Etats-Unis).

 


Et les résultats semblent être probants. Le pays comptait l'année dernière 23,4 millions d'étudiants (5 millions de plus qu'aux Etats-Unis), et un nombre de spécialistes de la recherche dans les universités deux fois supérieur à celui de 2000.

 


En 2008, la Chine a dépassé les Etats-Unis en nombre de doctorants diplômés annuellement. En 2009, ils ont été 246 300, et le ministère de l'éducation a annoncé dans un communiqué qu'il prévoyait une augmentation de ce chiffre de 62 000 dans l'année.

 


Des tuteurs surchargés

 


Oui, mais voila : quantité ne rime pas forcément avec qualité. Et le professeur Zhou Guangli vient de le démontrer dans son livre Enquête sur les doctorants chinois, qui révèle sans fard les dessous du système d'enseignement supérieur chinois.

 


Professeur en poste à l'Université de Sciences de Huazhong, M. Zhou a basé son étude sur  un sondage effectué auprès de 1392 étudiants, enseignants ou chercheurs.

 


Premier constat : les professeurs "tuteurs" ont la responsabilité d'un nombre bien trop élevé d'étudiants.

 

 

Alors que la plupart considèrent que s'occuper de six étudiants maximum serait souhaitable, 46% déclarent en encadrer plus de sept, 47 étant le nombre maximal observé pendant l'enquête.

 

Résultat : 13% des doctorants ont déclaré ne pouvoir s'entretenir avec leur tuteur qu'environ une fois par mois, et 3% n'ont jamais aucun contact avec eux.

 

Selon M.Zhou, la volonté de la Chine de se doter d'un plus grand nombre de doctorants, annoncée dès 2008 par le ministère de l'éducation, ne s'est pas accompagnée du recrutement d'un nombre adéquat de professeurs qualifiés.

 


"Compte tenu des ressources limitées, une expansion irréfléchie mènera évidemment à un déclin des performances académiques, et de la qualité", a renchérit Geng Shen, chercheur à l'Académie des Sciences Educatives, dans le Global Times.

 

Les employeurs peu satisfaits

 

L'étude de Zhou Guangli accuse également les professeurs d'utiliser leurs étudiants comme une "main d'oeuvre pas chère" pour les aider dans leurs travaux, voire même les faire à leur place.

 

60% des étudiants ont ainsi affirmé avoir réalisé plus de la moitié des travaux de leurs professeurs. C'est le cas de Yu, étudiant en doctorat à l'université de Tongji.

 


Le jeune homme a raconté à M.Zhou qu'il passait près de neuf heures par jour à aider son tuteur pour des expériences et des travaux personnels. Une aide pour laquelle il reçoit la modique somme de 200 à 300 yuans par mois.

 

Mais le peu de temps accordé aux élèves par leurs tuteurs n'empêche pas le nombre de diplômés d'être élevé.

 


"Les université chinoises ont des exigences élevées à l'entrée pour les doctorants. Mais elles n'éliminent pas par la suite les personnes incompétentes ou peu qualifiées", a expliqué M. Zhou au Shenzhen Daily.

 

Ces réalités font sans doute partie des raisons pour lesquelles les employeurs des tenant chinois d'un doctorat se montrent peu satisfait de leur niveau. 68% d'entre eux ont noté comme "mauvais" ou "moyen" le niveau de capacité au travail et d'innovation de leurs employés.

 

Cette étude pousse donc à relativiser la montée en puissance de la Chine sur le plan de l'éducation et de la recherche. Et ce n'est pas le premier fait qui y incite : depuis des années, des scandales de diplômes vendurs et de travaux de chercheurs chinois volés à leurs confrères sur la mode du copier-coller éclaboussent la recherche chinoise.

 


Et si le nombre d'articles scientifiques publiés a quadruplé depuis 2000, son "taux de citation", qui mesure l'impact des résultats publiés, reste très bas. En 2007, il n'était que de 1,56%.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Cochet Michèl dit :

    S'il vous plaît, pourriez-vous parler français ? Un doctorant est un étudiant qui prépare un doctorat. Quand il a soutenu sa thèse, il est docteur, que ce sopit en médecine ou dans une autre discipline.

    Cordialeemnt.

  2. Cochet Michèl dit :

    S'il vous plaît, pourriez-vous parler français ? Un doctorant est un étudiant qui prépare un doctorat. Quand il a soutenu sa thèse, il est docteur, que ce soit en médecine ou dans une autre discipline.

    Cordialement.

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