Au Bénin, une femme excisée peut être mariée plus vite

Rédigé par lusurleweb le 01 septembre 2010.

Au Bénin, petit pays d’Afrique de l’Ouest, de nombreuses filles continuent d’être victimes de pratiques traditionnelles comme le mariage précoce et les mutilations génitales qui accroissent leur valeur sur le marché du mariage. Ces pratiques perdurent en dépit des souhaits des jeunes femmes et face à de nouvelles lois et de nombreuses campagnes de sensibilisation. Seul mobile : la pauvreté. «Nous savons que c'est mauvais, mais la récolte ne donne pas beaucoup et nous avons besoin de la dot».

 

 

Il y a cinq ans, Alimatou Kora était élève au Collège d’enseignement général de Kandi, ville située à environs 600 km au nord de Cotonou, la métropole économique du Bénin. Aujourd’hui, âgé de 20 ans, Alimatou Kora,  tenant ses deux bébés dans ses bras, regrette son statut matriminial parce que des filles de sa promotion ont déjà obtenu leur baccalauréat et certaines mêmes sont à l’Université. Elle aurait souhaité poursuivre plus loin ses études et gagné autrement sa vie. Mais ses parents ont décidé autrement. Victime du mariage précoce, Alimatou Kora mène une lutte quotidienne pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses trois enfants.

 

 

Nous avons rencontré Alimatou Kora , un après-midi, sous un arbre derrière la maison de son mari, où elle servait patiemment des clients exigeants. Dans ses yeux fatigués, on pouvait lire qu’elle avait eu une dure journée. Nous avions engagé une discussion. A mesure que notre discussion avançais, j’apprenais à connaître Alimatou et me rendais compte de sa triste condition. Sa journée commençait à 5 heures du matin. Pendant que ses enfants dorment encore dans la seule pièce que constitue leur habitation, Alimatou allume dans la cour le feu sous une grande marmite en aluminium. Elle se met à préparer la bouillie qu’elle vend tous  les jours pour faire vivre sa famille. La veille, elle a préparé l’amidon qui servira à la cuisson de la  bouillie. Avec soin, Alimatou charge sur la tête la bouillie chaude qu’elle installe sous l’unique manguier derrière sa chambre. C’est sous cet arbre qu’elle passe toute sa journée. A 7 heures, quand le soleil apparaît à l’horizon, Alimatou et ses enfants arrivent à leur coin de travail. Elle installe le reste des ustensiles et la journée commence. Parfois, il arrive qu’elle fabrique des gâteaux à base de la farine du haricot dont la délicieuse odeur qui embaume l’air frais et sec en ce mois d’harmattan ne tarde pas à attirer les clients. Une fois la dernière goutte de bouillie vendue,  Alimatou met fin à la journée et pense déjà au lendemain. Cette activité se répète tous les jours.

 

 

Alimatou avait 15 ans lorsqu’elle se retrouve sous le toit d’un homme qui rendait souvent visite à son père.  «Je suis revenu un soir de l’école, raconte-t-elle. Comme d’habitude, j’ai fais mes travaux domestiques du soir et après le repas je me suis couché. Dans la nuit, on m’a réveillé et on m’a emmené de force chez mon mari». «Je ne savais pas que mon père arrangeait un mariage  pour moi sinon j’aurais pu fuir de la maison», a-t-elle indiqué.

 

 

Le mariage précoce consiste à marier une personne (fille ou fillette) connue ou inconnue contre son gré. Le mariage précoce revêt souvent plusieurs formes. A la  naissance, lorsque le nouveau-né est de sexe féminin, la demande de main est lancée par une autre famille, un allié de la famille ou un ami de la famille. Celui-ci  suit de près l’évolution de l’enfant jusqu’à un certain âge. La plupart du temps, les victimes atterrissent dans les bras d’un homme déjà marié et ils sont contraints de vivre avec ce dernier. Il arrive parfois que ces unions forcées tournent au drame, au divorce mais la plupart du temps, les victimes n’ont pas d’autre choix  que de résister, de faire face à une responsabilité prématurée pas du tout facile auxquels ils ne sont pas préparés. De plus, les filles font souvent l’objet d’enlèvement et de séquestration. «Le mariage forcé est le résultat d’un long processus entre les familles, prenant parfois plusieurs années avant sa conclusion», affirme Me Marie Elise Gbédo, Présidente de l’Association des Femmes Juristes du Bénin (Afjb), une Organisation non gouvernementale (ONG) qui s’investit dans la défense des droits des femmes. Une pratique que le professeur Albert Tingbé Azalou, socio anthropologue à l’Université d’Abomey-Calavi qualifie de «marchandisation» de la jeune fille.

 

 

Au Bénin, le mariage précoce sur lequel on ne dispose pas de statistiques officielles touche les jeunes filles de 11, 12, 13, 14, 15 ans.  De nombreuses petites filles de cette tranche d’âge sont souvent déscolarisées par les parents pour être mariées de force. 10 départements sur 12 sont touchés par le phénomène. A l’école primaire publique de Kandi Fô, le directeur, M. Jean Lassindé,  nous apprend qu’au moins deux filles en classe de CM2 sont enlevées chaque année pour être mariées de force. «Le phénomène d’enlèvement des mineurs devient très inquiétant. Dans mon école, les petites filles sont enlevées chaque année par les parents et données en mariage à des proches ou des amis. C’est inadmissible», confie M. Jean Lassindé.  La plupart du temps, ce sont les filles les plus brillantes qui sont victimes de cette pratique. «Ce sont généralement les filles qui travaillent bien en classe qui sont victimes d’enlèvement dans mon école», se plaint-t-il. «Ma fille était très bien en classe; mais je ne sais quand elle a tout planifié avec un jeune du village qui l’a emmené à Alfa Koara où ils vivent actuellement. C’est vraiment regrettable», regrette Bana Bayé, mère d’une victime de mariage précoce, maintenant grand-mère qui n’a pas pu retenir sa désolation face au phénomène au cours de notre conversation. Dans l’arrondissement de Péporiyakou dans la commune de Natitingou, ville sise au Nord, de nombreuses personnes nous ont dit que  dès qu’une fille commence à peine à pousser les seins, elle est apte à se marier. «Malheur à la jeune fille qui pousse vite les seins. Elle est aussitôt donnée en mariage», fait observer  Nicolas Saguifa, conseiller municipal.

 

 

«Je n’ai jamais demandé à avoir un mari…»

 

 

Alimatou n’est pas la seule à être victime de cette pratique. Falilatou Abdoulaye,  14 ans, a été mariée contre sa volonté pendant les vacances dernières alors qu’elle devait passer cette année son certificat d’étude primaire (CEP). Son défaut, c’est d’avoir vite poussé les seins. «Je n’ai jamais demandé à avoir un mari. Mais mes parents m’ont enlevé de l’école pour me donner  à un homme, un ami de mon père qui venait chez nous à la maison et m’appelait souvent affectueusement ma «femme». Je ne savais pas que c’est à cause de moi qu’il était fréquent chez nous et qu’il me donnait parfois des cadeaux.  Moi, je ne l’aime et on ne s’entend pas», témoigne-t-elle, le visage larmoyant. Tout au long de nos échanges, la  jeune femme coulait des larmes. Bien qu’elle est persuadé qu’elle ne mérite pas ce sort, elle se dit pendant combien de temps va-t-elle la subir, elle qui avait toujours voulu poursuivre ses études plus loin et devenir un jour docteur. Un rêve brisé par une vilaine pratique et par l’ignorance de ses parents.  «Je ne suis pas la seule à qui ce triste sort est arrivé. De nombreuses camarades de classe ont été également enlevées par leurs parents et données de force en mariage», confie-t-elle. Aïssatou Mama est l’un d’elle. Moins âgé que Falilatou, elle vit aujourd’hui sous le toit d’un homme de 34 ans à Angaradébou,  un village à 25 minutes de vol d’oiseau de Kandi.

 

 

 

«Moi, j’ai été kidnappée une nuit par des jeunes de mon quartier sur instruction de mon père, pour m’emmener de force chez un homme à Ayou (un village situé à 10 km de Allada, une localité à environ 40 km de Cotonou), au retour des classes », raconte Chantal, mère de trois enfants. Agée aujourd’hui de 21 ans, Chantal, vendeuse de médicaments de la rue se souvient du cas de sa jeune sœur : «C’est ce que mon père a fait aussi à ma jeune sœur lorsqu’elle avait 15 ans, le même âge que j’avais quand on m’a marié de force». L’air malheureux, elle ajoute qu’elle ne souhaite pas ce sort pour ses trois filles. «C’est révoltant de voir de petites filles mariées, parfois même par des professeurs alors qu’on parle de la promotion du genre dans l’éducation. Mais le mal est que les parents de ces filles cautionnent la chose, et là, nous n’arrivons pas à faire grande chose », s’indigne Ibrahim Assouma, Secrétaire du bureau de l’Association des parents d’élèves du CEG1 Kandi. 

 

 

«Dans notre famille, toutes les filles qui naissent sont excisées…»

 

 

Tout comme le mariage précoce, les mutilations génitales féminines existent au Bénin. Assana, 19 ans, vendeuse d’eau au marché de Djougou, ville située au Nord à environ 400 km de Cotonou et mariée depuis l’âge de 16 ans a perdu son clitoris à cause des mutilations génitales quand elle était une petite fille. «Aucune fille membre de ma famille n’échappe à cette pratique», déclare-t-elle.  «Je ne suis pas la première et je ne serai pas certainement la dernière si la pratique se perpétue. Je n’ai pas le choix. On dit que c’est la tradition qui le recommande», renchérit-elle. L’ablation du clitoris fait beaucoup mal à Assana. «Je souffre beaucoup, confie-t-elle, et ressent des douleurs au lieu des sensations».

 

 

 Afoussa, 17 ans, élève en classe de 3ème au CEG 1 de Djougou n’a pas elle aussi échappé à l’excision. Nous l’avons rencontré grâce à notre guide dont le frère fut son petit ami. Au début, elle n’a pas voulu nous parler mais nous lui avons montré que notre initiative vise à combattre le phénomène avant qu’elle n’accepte de témoigner. «C’est ma grande mère qui m’a fait excisée. Elle est aussi une exciseuse. Je vivais avec elle quand j’étais toute petite. Un matin, elle m’a emmené quelque part. Nous étions nombreuses, les petites filles qu’on avait excisé ce jour là. J’avais ressentis beaucoup de douleur»

 

 

Les mutilations génitales consistent à supprimer de l’organe sexuel de la femme des parties comme clitoris, les petites et grandes lèvres. Selon la manière dont  de la suppression a été opérée,  on parle d’excision ou d’infibulation.L’excision est l’ablation d’une partie plus ou moins importante du clitoris et des petites lèvrestandis que l’infibulation est une excision «complétée par l’ablation des grandes lèvres dont les deux moignons sont suturés bord à bord», nous explique Mme Emma F.  Mongbo, directrice exécutive de l’Ong Sin-Do, une structure de promotion des droits des femmes et de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.  

 

 

Risques sur la santé

 

 

Les mutilations génitales tout comme le mariage précoce sont des pratiques traditionnelles séculaires chez de nombreuses communautés ethniques béninoises notamment les baatonu, les lokpa.  De l’avis de Mme Mongbo, les mutilations génitales féminines sont effectuées à tout âge : à la naissance, pendant la petite enfance, à l’adolescence, juste avant le mariage ou après la naissance du premier enfant. La période dépend de l’ethnie considérée et varie pour une même ethnie d’une génération à une autre. Au Bénin, ce sont les femmes âgées qui pratiquent les mutilations génitales féminines. Elles utilisent des couteaux, des lames de rasoir. Pour favoriser une rapide cicatrisation, elles appliquent sur la blessure des compositions à base d’herbes, de terre, de cendre.

 

 

Les deux phénomènes- les mutilations génitales et le mariage précoce- ont des conséquences néfastes et désagréables sur la santé des victimes. Selon le médecin Irène Tchédé, qui a vu de nombreux cas de traumatismes et les maladies liées à la pratique, les conséquences des mutilations génitales féminines sur la santé de la victime sont nombreuses, parfois mortelles. «De nombreuses petites filles décèdent des suites du choc, de la douleur insoutenable ou d'une hémorragie. Nombreuses d’entre elle  souffrent toute leur vie de douleurs chroniques, d'infections internes, de stérilité ou de dysfonctionnements rénaux», déclare-t-elle. «Chez les femmes ayant subi une excision, ajoute-t-elle,  l'évacuation de l'urine et l'écoulement du flux menstruel ne se font que difficilement. Lors des accouchements, l'excision est à l'origine de graves complications qui coûtent fréquemment la vie à la mère ou à l'enfant. Les rapports sexuels sont pour de nombreuses femmes, les hommes aussi d'ailleurs une véritable torture». Comme les mutilations génitales le mariage précoce pose aussi des problèmes de santé. «Les mutilations génitales agissent sur la vie de la femme, déclare la directrice de Sin-Do. Les femmes n’arrivent plus à jouir de leur vie féminine, de leur sexualité. Quand on parle de sexualité, ce n’est pas la prostitution. La sexualité, c’est la vie intrinsèque de la femme». «L’utérus immature d’une fille mariée précocement qui commence à porter très tôt de charge développe des cellules cancérogènes», explique Mme Mongbo. Un autre risque identifié par les praticiens de la santé est la fistule: la rupture de la membrane entre la vessie, intestins, et le canal de naissance.

 

 


«Il suscite de l’enthousiasme dans la famille»

 

 

 

Les raisons qui justifient  ces pratiques nuisibles à la dignité de la femme varie d’un milieu à un autre, d’une communauté à une autre. Selon certaines enquêtes auprès des structures impliquées dans la lutte contre l’excision, il ressort que la femme qui n’est pas excisée avant d’aller chez son mari n’a pas de valeur. C’est une opération qui permet aux filles d’être adultes explique Bouko Guera,  un sage de Alfa Koara. En milieu baatonu, l’homme qui a des rapports sexuels avec une femme non excisée est la risée de son milieu, nous confie Yarou Gounou, un septuagénaire de Alfa Koara. Selon lui, l'excision consacre un changement de classe d'âge. «L’excision permet à la victime de supporter toutes sortes de souffrances et facilite la création de l'enthousiasme familial», indique-t-il. Et d’ajouter : «l’excision est un moyen qui permet à la fille de résister à ses instincts et pulsions sexuels». Le vieux Allassane Seidou de village de Badjoudè dans la commune de Ouaké au Nord de Cotonou que nous avons interrogé  un après-midi allongé sous un arbre explique que l’excision permet à la femme de se maîtriser sexuellement lorsqu’elle est sous un toit conjugal polygame. Toutes les explications pour les mutilations génitales féminines ont une chose en commun, cependant: ils préparent une fille pour le mariage.

 

 

En ce qui concerne le mariage précoce, la pauvreté reste le facteur majeur qui justifie cette pratique. Au Bénin comme dans la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne où le phénomène est présent, la situation de précarité des parents constitue un obstacle majeur pour la déscolarisation des filles et leur mariage forcé. «Nous sommes pauvres. Nous n’avons pas d’argent pour supporter les frais de scolarité de nos enfants. Nos champs ne donnent plus. C’est pourquoi, nous sommes obligé d’enlever très tôt nos filles d’école et les mariés afin de bénéficier de la dot», confie le vieux agriculteur Alphonse Sondjo qui regrette tout de même avoir compromis  la scolarisation de ses deux filles mariées précocement à Ayou. Et Sondjo n'est pas le seul. Ils sont nombreux les parents que nous avons interrogés qui reconnaissent que s’il avaient des revenus moyens, ils n’auraient jamais enlevé leurs filles de l’école pour les donner en mariage contre leur avis à des amis. «Je reconnais avoir mal agi», regrette Sondjo en dodelinant la tête.

 

Les lois sur papier ont peu d'influence sur la réalité

 

Au Bénin, le mariage précoce ou forcé et les mutilations génitales féminines sont interdits par la loi.Depuis 2003, la loi (loi n° 2003-03 du 03 mars 2003 portant répression des mutilations génitales féminines en République du Bénin et la loi n° 2002-07 du 07 juin 2004 portant Code des personnes et de la famille au Bénin) stipule que les personnes qui effectuent les mutilations sont coupables de crime. Le mariage forcé des enfants, ainsi que d'autres crimes de violence (sexuelle) envers les femmes, sont punit par la loi depuis 2004.  Néanmoins les pratiques se poursuivent, dans un pays où la majorité de ses habitants sont pauvres et analphabètes, et les lois sur papier ne semblent avoir aucune incidence sur les réalités de la vie. Mêmes les nombreuses ONG qui tentent de lutter contre les pratiques telles que Sin-Do, (I)ntact, Wildaf, l'Association des femmes juristes du Bénin, et l'Unicef, n'ont pas fait de grands progrès jusqu'à présent. Malgré un nouveau projet à l’actif de l’Ong (I)ntact qui offre des possibilités d'emplois alternatifs pour les exciseuses professionnelles qui a  porté certains fruits. D'après leurs propres statistiques, depuis le début du projet en 1997, des centaines d'exciseuses, hommes et femmes, ont renoncé à leurs couteaux en échange pour d'autres métiers. Les autres efforts des ONG concernent le travail avec le département de la justice et la mise en œuvre d'un certain nombre de campagnes de sensibilisation. L’ONG Sin-Do, dirigée par Emma Mongbo, a apporté un certain nombre d'auteurs de mutilations génitales féminines et de pratiquants de  mariage des enfants à la justice depuis 2007. «Nous avons fait inculper plus de 400 personnes devant la justice et beaucoup d’entre eux sont en prison »,dit-elle.«Ils ont tous été condamnés pour des crimes de violence sexuelle contre les mineurs et les enfants mariées de force». La sensibilisation étant très importante, depuis 2002, l'Association des femmes juristes du Bénin a mené pas moins de dix-huit ateliers d'information autour des thèmes mariage des enfants, des droits civiques, les droits de propriété des femmes, droits des orphelins et les veuves, les MGF et le trafic des enfants. Les ONG essaient tous de vulgariser les lois existantes qui régissent ces questions.  Toutefois, si les plaintes des parents que nous avons interrogés restent sans solution, la  préparation ou même la soumission des filles aux mutilations génitales ainsi qu’au mariage forcé ou précoce, se poursuivra probablement aussi longtemps qu'il n'y aura pas assez de nourriture sur la table dans les maisons des parents des jeunes filles.

 

Christophe D. ASSOGBA

En partenariat avec Africa Media 21

 

Déjà une remarque sur cet article

  1. il urge quon reprenne autrement la question du mariage forcé avec beaucoup plus d’action repressive

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