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Que devient l’autre Betancourt, Ingrid ?

Rédigé par libertin-parisien le 27 septembre 2010.

Deux ans après sa libération, l’ancienne otage s’apprête à sortir un livre sur sa détention. «Dans une phase de repli» selon son entourage, elle mène une vie très discrète.

A trop évoquer Lilliane Bettencourt, on en oublierait presque l’autre Betancourt. Ingrid. L’otage franco-colombienne a été libérée du joug des Farc il y a tout juste deux ans, le 2 juillet 2008. Après six ans et demi de captivité (2321 jours exactement), sa libération, on s’en souvient, l’avait érigée au rang d’héroïne et de star internationale. Une véritable icône. Entre sa prière à la sortie de l’avion qui la ramenait en France et sa visite au Pape, Ingrid Betancourt dévoile une foi solide. On loue son courage et sa détermination. D’entrevues politiques en interviews, de remises de prix prestigieux en conférences données dans le monde entier, elle est saluée de toute part et vit dans un véritable tourbillon médiatique.

Puis elle s’eclipse. Deux ans plus tard, personne ne sait vraiment ce que fait Ingrid Betancourt, ni où elle vit. La communication autour de sa personne est verrouillée. Tout juste nous annonce-t-on la sortie d’un livre sur sa captivité, le 23 septembre prochain chez Gallimard. Son titre est évocateur : Même le silence a une fin. On sait également que l’ex-otage travaille sur un projet de film avec la réalisatrice américaine Kathleen Kennedy.

«Secret»

Hervé Marro, le très actif ancien porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt, reconnaît lui-même «une sorte de secret qui entoure son existence aujourd’hui». D’aucuns disent qu’elle vit à Miami, près de sa mère, d’autres à New York, ou dans le New Jersey. Resté proche de ses deux enfants, auprès desquels il a mené son combat, Hervé Marro se réjouit de les voir «désormais mener une vie normale, car eux aussi ont été otages de cette situation pendant plus de six ans». Mélanie fait ses études à New York, et Lorenzo à Paris. Selon lui, ils voient régulièrement leur mère.

De son côté, Ingrid Betancourt s’exprime ponctuellement. Comme par exemple en septembre dernier, lorsqu’elle affiche son soutien à Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison pour enlèvement au Mexique. Ou encore pour se défendre, face aux nombreuses critiques faites à son encontre. Au fil du temps, le mythe s’est en effet effrité.

Egratignée par trois ex-otages américains qui ont évoqué son «égoïsme» et son «arrogance», et par son ancienne directrice de campagne et co-détenue, Clara Rojas, qui l’a accusée de ne pas l’avoir aidée, Ingrid Betancourt a également dû faire face aux critiques de son ancien mari, Juan Carlos Lecompte. Dans son livre paru en janvier, Ingrid et moi, ce dernier tente de comprendre le changement de caractère de son ex-femme et la rupture qu’elle a voulu immédiate, juste après sa libération. Amer, l’ancien époux ne prend pas de pincettes.

«Elle s’est endurcie»

Le temps des polémiques se poursuit avec, en juin dernier, la révélation du Parisien sur la protection d’Ingrid Betancourt à son retour en France. A la demande de Nicolas Sarkozy, elle a en effet été protégée en permanence sur les deniers publics par deux agents du SPHP, le Service de protection des hautes personnalités, qui la suivaient dans tous ses déplacements. Coût des opérations : 100.000 euros.

Mais pour Yannick Villardier, coordinateur de la FICIB (Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt) en Ile-de-France, la sévérité ambiante à l’encontre de l’ancienne otage est à la mesure de l’attente disproportionnée que l’on avait d’elle : «Je n’encense pas Ingrid, mais il ne faut pas trop lui en demander, je ne sais pas comment nous serions sortis des camps des Farc si nous avions été à sa place» plaide-t-il. Et d’insister : «Plusieurs livres ont révélé qu’elle n’était pas tendre, mais sa situation ne devait pas prêter à beaucoup de tendresse…» Yannick Villardier se dit très ami avec Astrid Betancourt, la soeur d’Ingrid. S’il ne connaît pas l’ancienne otage de manière intime, il la décrit comme étant «une femme de tête, une femme de caractère qui a l’habitude de diriger». «Certes elle a changé durant sa détention, sans aucun doute. Elle s’est endurcie».

Aujourd’hui, Yannick Villardier continue de se battre pour tous les autres otages encore détenus par les Farc. Ingrid y tient-elle encore un rôle ? «Pas vraiment, concède-t-il. Quand nous lui demandons un conseil par mail, elle y répond de bonne grâce, bien qu’il faille souvent insister. Mais elle ne peut pas faire beaucoup plus, il serait malvenu qu’elle s’ingère dans la vie politique colombienne». A sa libération, Ingrid Betancourt avait pourtant assuré de sa détermination à militer pour les otages en Colombie. Yannick Villardier, qui croit savoir qu’elle «oeuvre dans la discrétion», souligne surtout qu’elle est «dans une phase de repli», qu’elle a «encore besoin de prendre du recul et de se reconstruire».

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. le journal de person dit :

    Sur mon épitaphe vous inscrirez ces mots :

    « Te quiero » « te quiero »

    Vous m’enterrerez sur une terre mexicaine

    Pour que le moindre passant s’en souvienne

    Que j’ai aimé à en mourir

    Et maintenant que je m’apprête à partir

    Je veux faire quelques aveux ultimes…

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/suicid

  2. Marva Kordus dit :

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