/>

Rencontre Tapie/Le Pen : quand la gauche joue la carte du FN

Rédigé par lateigne (24actu) le 07 octobre 2010.

Ce n’est plus un secret depuis longtemps. Le Front National est une machine médiatique conçue par François Mitterrand et le Parti socialiste pour battre la droite à coups de triangulaires injouables.


Le scoop du pacte secret entre Jean-Marie Le Pen et Bernard Tapie entre les deux tours des législatives de 1993, dévoilé dans un livre à paraître, démontre que les dirigeants de gauche sont parfois allés plus loin que la simple hypocrisie anti-FN.


En faisant gonfler artificiellement les scores du Front National (micro-parti cantonné à moins de 1% des suffrages jusqu’à la première moitié des années 1980) à coup de provocations anti-racistes comme la sempiternelle question du vote des étrangers, remise à l’ordre du jour à la veille de chaque scrutin, le PS a réussi pendant trente ans à déborder le RPR (puis l’UMP) sur sa droite.


Résultat de la manœuvre, des triangulaires à tire larigot qui bénéficiaient systématiquement aux candidats de gauche. La victoire de Lionel Jospin en 1997 ne s’explique pas autrement ! Hélas pour lui, sa défaite de 2002 aussi !!! A trop avoir joué avec le feu, le PS a fini par se bruler.


La biographie de Jean-Marie Le Pen, “Le testament du diable” (du journaliste Azzeddine Ahmed-Chaouch), dévoile un fait insoupçonné de cette manipulation politique. Les dirigeants de gauche ne se sont pas contentés de faire monter le FN. Certains, à l’image de Bernard Tapie, ont même franchi le rubicond et ont rencontré le dirigeant frontiste pour quémander le maintien de ses candidats.


Sans surprise, Bernard Tapie dément cette version maintenue en revanche par Jean-Marie Le Pen. On est tenté de croire le dirigeant du Front national qui n’a aucun intérêt à fabuler tandis que Bernard Tapie, qui est allé aussi (voire plus) loin que les autres ténors de gauche dans la rhétorique anti-FN et la diabolisation de Le Pen, peut être tenté de se couvrir.


A l’heure où le PS ,et la gauche en général, ressortent sans vergogne les mêmes ficelles en dénonçant l’instrumentalisation des thèmes sécuritaires par Nicolas Sarkozy, il serait bon de leur rappeler que la situation de la France de 2010 est la conséquence directe leur petits calculs politiciens,  et qu’à coups d’un machiavélisme mal assumé, ils ont conduit le pays à une impasse idéologique en muselant pendant trente ans les débats sur la sécurité et l’immigration.

Laisser un commentaire