Grève contre la réforme des retraites : stop ou encore ?

Rédigé par lateigne (24actu) le 19 octobre 2010.

Combien de temps va encore durer la mobilisation contre la réforme des retraites sachant que le gouvernement et Nicolas Sarkozy ne lâcheront pas et que les syndicats savent qu’à terme ils vont droit dans le mur ? Le doute s’installe dans les centrales qui redoutent une victoire inutile là où ils pourraient stopper le mouvement avec une défaite légitimante.

Deux perceptions radicalement opposées se font face au sein du mouvement syndical. Faire le deuil de cette réforme des retraites qui passera coûte que coût et qu’en privé chacun reconnaît incontournable et tirer les fruits d’une mobilisation réussie qui donnera du poids aux syndicats pour les prochaines négociations avec les pouvoirs publics.

Ou, deuxième option, aller au bout de la logique contestatrice et jouer le “blocage” du pays et le pourrissement de la situation. Quitte à perdre les avantages en terme de crédibilité acquis au fil des semaines d’une mobilisation grandissante.

La ligne de fracture entre syndicats réformistes et raisonnables, et les autres (plus nombreux hélas) qui ne voient le syndicalisme que comme le bras armé d’idéologies d’extrême-gauche, n’a jamais été aussi flagrante.

La CGC veut reprendre le travail et empocher ses gains pour que les travailleurs bénéficient demain de la mobilisation d’aujourd’hui. La CFDT est entre deux eaux : la raison lui ordonne de ne pas forcer le destin, mais le cœur (et la base) veut pousser l’avantage jusqu’au bout et mettre le gouvernement KO.

A la CGT et à FO enfin, la question ne se pose pas. Les chantres de l’anarcho-syndicalisme ne voient leur engagement qu’à travers les concepts éculés de lutte des classes et de Grand Soir. Plus la situation deviendra délétère et plus ils seront prêts d’atteindre leur but… Qu’on ne compte pas sur eux pour apaiser le jeu.