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Réforme des retraites : ni pour ni contre, mais une nécessité

Rédigé par fat_sim le 21 octobre 2010.

Le sénateur socialiste Pierre Mauroy a tenu à rendre un hommage solennel à la retraite à 60 ans l’estimant comme « la plus importante (loi) de la Ve république ». Premier ministre de l’époque il se place comme en étant l’instigateur.


Cependant, il apparaît nécessaire de tempérer ses propos, car la retraite à 60 ans est une des causes du déficit actuel sans précédent de la sécurité sociale.


Certes en 1982 les conditions démographiques et l’état des finances de la sécurité sociale permettaient une telle réforme, en revanche cette réforme ne prenait pas en compte l’avenir, et il nous appartient maintenant de rétablir un équilibre budgétaire.


Et pour cela des concessions sont nécessaires. Il s’agit dès lors en effet de colmater la brèche ouverte par cette ordonnance de 1982. Et pour y remédier des mesures beaucoup moins populaires doivent être prises. L’heure est à la rigueur, de ce fait il est toujours plus difficile d’œuvrer pour l’équilibre budgétaire que pour la tranquillité sociale.


Le caractère impopulaire doit-il primer sur la nécessité ?


Ce projet de réforme, encore incomplet, a pour objectif de répondre aux normes européennes mais avant tout à redresser un bilan budgétaire en chute libre de la sécurité sociale (I). La priorité est le redressement, les conditions démographiques et sociales actuelles nous le permettent. (II) En revanche les conditions de travail entre les diverses professions doivent être prises en compte, ce tempérament vient par les amendements. (III)


I – Un déficit record non prolongeable


L’équilibre financier de notre régime de retraite est menacé. Le déficit du régime général de la Sécurité sociale atteint 23,2 milliards d’euros en 2010. Puis il se creuserait encore à 28,6 milliards en 2011 si le gouvernement ne prenait pas de nouvelles mesures. A cela, une raison essentielle : le nombre des retraités augmente plus vite que celui des actifs.


Ce qu’il faut savoir c’est que la part des français de plus de 60 ans en 1982 était de 23 %, en 2010 elle est de l’ordre des 33 %. En 1982, le ratio était de 2,5 cotisants pour 1 retraité ; actuellement, il est de moins de 1,8 cotisant par retraité.


La raison de ce déficit, autre que l’ordonnance de 1982 abaissant l’âge de la retraite à 60 ans, réside dans le bouleversement démographique connu de ces 20 dernières années.


II – Une évolution démographique obligeant le changement


L’espèrance de vie en 1980 s’élevait à 70 ans pour les hommes et 76 ans pour les femmes, elle est dès lors de 78 ans pour les hommes et 84 ans pour les femmes en 2010. La population totale vieillit alors que la population active stagne.


Le système de 1982 apparaît alors obsolète. En effet, la stagnation du nombre d’actif couplé au vieillissement des retraités nous pousse à changer les modalités de départ à la retraites. Et pour cela, il est primordial de repousser l’âge de la retraites d’un minimum de 2 ans. Il ne faut pas raisonner par le passé, ni par le présent mais par l’avenir. Car c’est toute une génération qui, si le système n’est pas réformé, devra payer pour rembourser des retraites qui ,au final, ne touchera jamais.


Il apparaît aussi évident que cette réforme ne peut pas instituer une même règle pour toutes les professions. Il est alors logique de prendre en compte différents aspect sociaux.


III – Les amendements tempèrent la réforme


Le gouvernement a décidé de créer un droit nouveau pour les travailleurs dont l’état de santé s’est dégradé à la suite d’expositions professionnelles à des facteurs de pénibilité. Ces salariés par exemple pourront continuer de prendre leur retraite à 60 ans à taux plein. Récemment, Éric Woerth vient de proposer un amendement gardant l’âge de départ de retraites à 60 ans pour les parents de plus de 3 enfants ou d’un enfant handicapés. Tout n’est pas noir ou blanc il faut savoir faire la part des choses. Mais ce qui apparaît comme étant une nécessite doit être appliqué, le tout sans omettre tous ces facteurs.


Ainsi Pierre Filion écrivait que « le travail est la meilleure façon d’oublier que l’on vieillit, même si c’est ça qui nous vieillit ».

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