François Fillon, Michèle Alliot-Marie et l’amalgame médiatique

Les responsables gouvernementaux passent-ils donc tous leurs vacances aux frais des pays du tiers-monde ? C’est l’amalgame un peu facile auquel les médias nous poussent à croire en mettant au même niveau la réception officielle du chef du gouvernement dans un pays ami et le mélange des genres maladroit de Michèle Alliot-Marie.


Cela va peut être à l’encontre du populisme ambiant, mais il n’y a pas l’ombre d’une polémique à chercher lorsque le Premier ministre de la France est reçu par un gouvernement ami et considéré à juste titre comme un allié fiable dans la guerre contre le terrorisme.


Les journalistes pensaient peut être que le chef du gouvernement français partaient en vacances avec Go Voyages ! Il est évident que lorsqu’il se rend à l’étranger, à titre officiel ou privé, il représente le gouvernement français et est reçu avec les honneurs liés à sa fonction.


Il serait d’ailleurs insultant que François Fillon ne fasse pas honneur à l’hospitalité d’un allié de la France qui pourrait se sentir insulté si le Premier ministre n’utilisait pas les moyens de l’Etat !


Mais il est certain que dans le contexte démagogique du moment, savamment entretenu par la gauche et les médias, il est difficile de faire la part des choses et de différencier la conduite tout à fait logique du Premier ministre avec les errements de Michèle Alliot-Marie.


La ministre des Affaires étrangères (qui sauve peut être sa tête sur cette micro-polémique tant sa démission serait lourde de conséquences pour l’ensemble du gouevrnement) a bénéficié des faveurs d’un homme d’affaires et pas des moyens de l’Etat tunisien (beaucoup plus pourri d’ailleurs que ne l’a jamais été Moubarak).


MAM a surtout accumulé les maladresses et les fautes politiques depuis le début de la révolution tunisienne. Sa proposition d’assistante policière à la dictature de Ben Ali restera hélas pour elle comme le point marquant de sa très longue carrière politique.


Deux poids, une mesure ! Les médias et la gauche ont tort de se lancer à corps perdu dans une polémique stérile autour des vacances egyptiennes de François Fillon, qui n’ont rien de scandaleuses ou de moralement répréhensibles.

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A propos de l'auteur didoulefou (24actu)

4 réactions à “François Fillon, Michèle Alliot-Marie et l’amalgame médiatique”

  1. Allons au-delà de la devise « Ne pas tout dire, ce n’est pas mentir ! » !

    On a l’impression, à travers les multiples déclarations de Madame Michèle Alliot-Marie, dans son offensive médiatique tous azimuts, pour sa fébrile défense concernant les variables cachées de son escapade tunisienne, que Madame Alliot-Marie a perdu le sens des réalités et, par suite, qu’elle ne sait plus ou bien qu’elle ne maîtrise plus ce qu'elle dit ; ainsi, par exemple, « elle a eu une parole qui lui a échappé », a noté Valérie Pécresse. MAM a oublié que la Politique ( et surtout la Diplomatie) n’a rien à faire des états d’âme [ en vrac : je suis meurtrie ; quand je suis en vacances, je ne suis plus Ministre des Affaires Étrangères, je suis Michèle Alliot-Marie ; je vais en vacances en Tunisie comme beaucoup de Français ; la prochaine fois, je ne quitterai pas la Dordogne; j’essaie de vivre le plus normalement possible ; il n'est pas question que je remonte dans un avion privé quelles que soient les circonstances tant que je serai Ministre ; je ne recommencerai pas puisque cela choque ;…]. En un mot, dans sa plaidoirie, elle s’est conduite comme une petite fille prise, en flagrant délit, le doigt dans le pot de confiture.

    Dans ce contexte, il est bon de rappeler que « ce n'est pas le Droit, mais la décence, qui devrait commander que soit maintenue une ligne de démarcation entre l'exercice de hautes responsabilités d'Etat et des relations privées dans la sphère sensible des affaires internationales ».

    Au-delà de l’escapade tunisienne de MAM, le vrai événement que retiendra l’Histoire est la connivence, du moins la complaisance, de la France, pays des Droits de l’Homme, avec un régime dictatorial et ses suppôts, régime qu’elle a soutenu jusqu'à l’agonie. Cette connivence, ou complaisance, a conduit son Diplomate au plus haut niveau à commettre un impair historique en proposant, officiellement, alors que la Tunisie était à feu et à sang, devant les représentants du Peuple français, que la France prête main forte au dit régime dictatorial, et ce en mettant à la disposition des « autorités tunisiennes le "savoir-faire" de la France en matière de maintien de l'ordre » afin de réprimer le soulèvement populaire qui fut le fer de lance de la "Révolution de Jasmin".

    Et Lorsque le Dictateur a pris la fuite, le 14 janvier 2011, le Gouvernement français s’est contenté, timidement, de « prendre acte de la transition constitutionnelle » tout en souhaitant « une solution démocratique et durable à la crise » ; alors qu’à Washington, le Président Barack Obama a salué, immédiatement et chaleureusement, dans une déclaration officielle, « le courage et la dignité des Tunisiens », déclaration qui nous a rassuré, compte tenu de l’angoisse et de l’incertitude de l’instant, et a réchauffé nos cœurs : deux Diplomaties, deux styles !

    Pour le moment, les divers errements au Quai d'Orsay se sont soldés, simplement, par le rappel de l'Ambassadeur de France à Tunis. Dans ce cadre, l’Histoire retiendra que, le 14 janvier 2011, à quelques heures de la fuite en Arabie Saoudite de l'ex-chef de l'Etat Tunisien, un télégramme de l'Ambassadeur de France annonçait : « Le président tunisien a repris le contrôle de la situation »(sic).

    Pour être complet, il convient de mentionner que ladite connivence (ou complaisance) n’est pas, en réalité, l’apanage de la majorité, mais est partagée par certains ténors de l’opposition. Ainsi Dominique Strauss-Kahn [qui est d’origine tunisienne, via la lignée Fellous (mot arabe signifiant : poussin)], candidat potentiel à la Primaire Socialiste Présidentielle pour 2012 et Président du FMI, a déclaré, le 18/1/2008 : « La Tunisie est un bon exemple à suivre pour beaucoup de pays qui sont émergents »(sic).

    HORCHANI Salah

    Professeur à la Faculté des Sciences de Tunis

  2. Je viens de lire votre article qui me surprend grandement, voire me scandalise.

    Je ne suis pas plus politisé que cela. Mais en revanche, j'ai horreur de l'injustice, des procès-d'intention, et de l'acharnement.

    A mon tour, je vous invite à relire attentivement les déclarations réelles de MAM le 11 janvier dernier à l'Assemblée nationale.

    Elles n'avaient rien "d'ubuesque" comme vous l'écrivez !

    En quoi, déplorer les morts des mouvements qui se déroulaient, puis parler, pour la Tunisie comme pour l'Algérie, "au titre de la coopération" d'agir au titre d'un savoir faire de nos forces de sécurité "afin que le droit de manifester soit assuré de même que la sécurité" (ce sont ses mots) est-ce ubuesque ?

    En quoi appeler les dirigeants des ces pays "à toujours mieux prendre en compte les attentes de leurs peuples." (ce sont aussi ses mots) est-ce ubuesque ou un soutien à un régime ?

    Beaucoup de choses ont été faites et dites, y compris dans la recherche de faits qui ne relèvent que du privé, pour déstabiliser Mme Alliot-Marie.

    C'est intolérable !

    Les amalgames sont scandaleux et ceux qui déforment la réalité de l'attitude de cette femme portent une lourde responsabilité, et vis à vis de quelqu'un de droit et d'intègre comme elle, et vis à vis des positions de la France.

    Quant à la critique de la "défense" de Mme Alliot-Marie, tout en rappelant qu'il n'y a normalement pas de défense à avoir puisque pas de délits ni de procès (car rien d'illégal), je veux simplement dire, sans doute quelque chose du bon sens populaire, mais on sait que les personnes honnêtes sont toujours celles qui se défendent le moins bien !

    C'est, j'en suis convaincu le cas de Mme Alliot-Marie.

    Et je l'encourage à rester droite au milieu de ces hordes de sauvages qui n'ont pas une attitude digne et respectable.

    Merci de m'avoir lu.

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