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Bertrand Cantat : le monde à l’envers

Rédigé par patsoul (24actu) le 07 avril 2011.

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Bertrand_CantatLorsque Bertrand Cantat a tué sa femme à coups de poings, les fans et les milieux culturels ont pris la défense du chanteur de manière fanatique, expliquant son geste par “l’amour passion”, par la prise de drogue, ou par les souffrances personnelles de l’homme. Maintenant qu’il a purgé sa peine de prison, et réglé sa dette à la société, il est devenu un paria et n’arrive même plus à monter sur scène sans soulever l’indignation.

 

Ainsi, l’info du jour est l’annonce, par le biais de son agent Olivier Gluzman, de l’annulation de la participation de l’acteur Jean-Louis Trintignant au prochain festival d’Avignon car Bertrand Cantat y est à l’affiche d’un spectacle.

 

Bien évidemment, il est facilement compréhensible qu’un homme n’ait pas envie de partager l’affiche d’un festival avec celui qui a assassiné sa fille. Pourtant, cet épisode est symptomatique de la mise à mort symbolique de l’ancien chanteur de Noir désir par les milieux artistiques et culturels. Après une tentative avortée de relancer son groupe, Cantat avait le projet de jouer dans une pièce de Théâtre à Montréal mais la fureur populaire a fait en sorte d’annihiler aussi cet espoir. Depuis sa sortie de prison, Bertrand Cantat tente donc de vivre une carrière artistique, bien plus discrète cette fois, mais il n’y parvient pas, sans cesse rattrapé par son passé.

 

Comment donc expliquer que les artistes et intellos bien pensants, pourtant si promptes habituellement à défendre les taulards et à prôner le droit à une seconde chance, laissent couler le chanteur en l’enfonçant même un peu plus ? Auraient-ils quelque chose à se faire pardonner ? Il semblerait…

 

Maintenant que l’affaire est tombée, que l’homme a purgé sa peine, que sa situation est moins romanesque, personne ne prend plus la défense du leader de Noir Désir. Peut être inconsciemment, les défenseurs de l’homme se sont rendu compte de l’indécence, de la bêtise et du scandale de leurs prises de positions défendant Cantat à l’époque. D’une certaine manière, ils se rachètent une virginité.

 

Tout a été dit et écrit au sujet de la mort de Marie Trintignant et des responsabilités de Bertrand Cantat. Dans un premier temps, des prises de position ahurissantes sont venues défendre, ou du moins justifier, le fait qu’un homme mette sa femme à mort à force de coups. Comme si le beauf qui tape sur sa femme quand il a trop bu se transforme en poète maudit dès lors qu’il tient des propos “révolutionnaires” et qu’il remplace le Ricard par un cachet d’extasie… Tous ces chroniqueurs, artistes, journalistes ont dû se rendre compte, à froid, de l’aberration de leurs propos. Ils se font discret aujourd’hui en laissant la bête malade crever.

 

Ainsi, nous avons assisté à une levée de boucliers énorme pour défendre un homme dont la femme venait de décéder suite à ses coups et nous constatons maintenant la mise au banc d’un ancien prisonnier qui a réglé sa dette envers la société et qui est en recherche de rédemption. Ne serait-ce pas l’inverse des comportements appropriés ?

 

L’affaire Cantat étant le catalyseur de nombreux phénomènes sociétaux et politiques, nous ne pouvons pas ici tous les aborder. Ainsi nous aurions pu illustrer les rapports de haine entre l’extrême gauche et les socialistes caviars, l’aura et l’influence des altermondialistes sur les médias (comme si nos bons journalistes socialisant vivaient leurs fantasmes d’ados de “révolution” à travers les alter), l’importance des violences conjugales dans notre pays et plus généralement la malhonnêteté intellectuel de la gauche française.

 

Enfin, si cette affaire a soulevé autant de passion, c’est également à cause d’un besoin pathétique de lier la personnalité de l’artiste à son œuvre. Comme si le dernier des pauvres types ne pouvait pas être un artiste de génie (ce qui est pourtant si souvent le cas) ou comme si l’auteur d’une musique ou d’un livre génial était forcément un homme formidable… Beaucoup de gens passent à côté d’artistes géniaux à cause de cette vision sectaire. Soit qu’ils refusent de voir les part d’ombre (pourtant importantes) d’un artiste, soit qu’ils font un rejet absolu, sans même les connaitre,  de ses créations,  à cause de sa personnalité et/ou de ses idées.

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. teline dit :

    Ce type est un sinistre beauf qui ne vaut pas mieux que le dernier des dégénérés carburant au gros rouge.

  2. matricule dit :

    Article intéressant dont je partage l'analyse et les interrogations.

    Mais je pense qu'il n'y a pas qu'au sein du monde artistique que l'on trouve de telles attitudes paradoxales. La société tout entière est de même : prompte à défendre ou à juger, voire rejuger, réactions à l'emporte pièce basées sur l'émotion mais fluctuantes selon l'époque, la personnalité de l'auteur du crime ou de la victime, loi de droit à la réinsertion et refus de la permetttre ensuite…

  3. dfgdf dit :

    La vache, cet article me laisse sans voix. J'ai jamais vu un tel concentré de conneries. Selon vous, toutes les réactions des français qui vous font chier viennent forcément des "artistes et intellos bien pensants", qu'elles ailles dans un sens ou dans l'autre. Votre manière d'en parler fait un peu penser au discours d'un schizo paranoïde qui aurait pas pris ses médicaments.

    Deuxièmement, si la qualité de l'homme est tellement dissociée de son oeuvre, pourquoi nous faire autant chier quand il remonte sur scène ?

    Personnellement j'ai toujours été outré par le nombre de personnes qui voudraient l'empêcher de chanter en plus de sa peine. C'est pas comme si en chantant il faisait l'apologie de la violence ou je sais pas quoi. Qu'est ce qu'on en a à cirer. Et je trouvais ça débile à l'époque et encore aujourd'hui. Pas la peine de s'inventer une décence là où ça n'a pas de sens. Je me demande qui sont les "bien pensants" ici.

    Mais heureusement, votre débordement paranoïaque sur la politique et la gauche plus particulièrement me rassure un peu. Ca confirme bien que ces beaufs de droite tiennent encore leur place sur le podium de la connerie.

  4. tintamarre dit :

    Vous encensiez déjà les pédophiles d'Europe et d'ailleurs jusqu'à leur ouvrir les plus hautes fonctions.

    Voilà que vous cautionnez maintenant l'acharnement, contre un criminel certes mais un criminel ayant purgé sa peine, d'un père obscène qui livra sans vergognes sa fille, alors MINEURE, à poil aux caméras !

    Et par dessus le marché vous auriez encore la prétention de donner des leçons au monde ! Vous êtes écœurants !

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