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Monde arabe : les 500 qui comptent…

Rédigé par malika le 08 avril 2011.

Le site internet arabianbusiness.com vient de publier un classement des « 500 personnalités du monde arabe les plus influentes dans le monde »,  regroupant hommes d’affaires, philanthropes, hommes politique, activistes et artistes ayant su se faire particulièrement entendre sur la scène internationale. Classés par pays de naissance, pays de résidence et branches d’activité, le classement révèle quelques clés du « pouvoir arabe » dans le monde, et illustre aussi certaines évolutions en cours…


Tout d’abord, et sans être vraiment une surprise, le secteur financier est abondamment représenté : 89 membres du classement sur 500 en sont issus. Ce n’est d’ailleurs pas une spécificité du monde arabe…  Le n°1 depuis plusieurs années déjà est le milliardaire, entrepreneur, philanthrope et prince saoudien Alwaleed Bin Talal Al Saud. Propriétaire de la Kingdom Holding Company (plus gros investisseur étranger aux Etats-Unis), et de la très active  Alwaleed Bin Talal Foundation, le Prince devrait rester au sommet du classement encore quelques années. Parmi les autres grands acteurs économiques, on retrouve Mohammed El Erian, P-DG de la compagnie Pimco, plus grand fonds de gestion d’actifs du monde ; et Khalid Al Falih, président de la compagnie pétrolière Saudi Aramco, propriétaire et exploitante des plus grandes réserves mondiales d’hydrocarbures.

 

2010, l’année des combattants des Droits de l’homme et de la démocratie

Deux progressions fracassantes dans le top 10 sont liées à l’actualité de l’année : l’histoire de la jeune Najeed Ali, 10 ans, yéménite ayant demandé et obtenu le divorce de son mari de 20 ans plus âgé a fait le tour du monde avec elle. Revenue depuis vivre avec sa famille, Najeed Ali a publié son autobiographie, et se trouve classée n°8. Autre progression remarquée : celle du directeur marketing pour Google Moyen-Orient, Wael Ghonim. Sous le pseudonyme d’ « Al Shaheed », Ghonim a lancé les premières manifestations contre le régime d’Hosni Moubarak. En tête de manifestation, son arrestation spectaculaire et son maintien au secret pendant 12 jours ont inquiété nombre de ses soutiens. Aujourd’hui encore, Ghonim est un des symboles de la révolution égyptienne, et se place n°2 du classement

 

Le Liban : petit pays, grande diaspora

Géographiquement, plus du tiers des membres de ce classement résident et travaillent dans les monarchies de la péninsule arabique (Arabie Saoudite, Emirats, Bahreïn, Qatar et Koweït) ; plus du quart au Moyen Orient (Egypte, Liban, Syrie, Jordanie, et Irak). Le Liban accueille relativement peu d’entre eux, mais beaucoup  en sont issus : avec 83 libanais d’origine parmi les 500 personnalités les plus puissantes, le pays du Cèdre et ses quelques 4 millions d’habitants semblent bénéficier d’une diaspora plus vigoureuse que jamais. On notera parmi ces personnalités le scientifique Charles Elachi, directeur du Jet Propulsion Laboratory – raccordé à la Nasa et un des moteurs des programmes spatiaux américains, le Dr. Adib Domingos Jatene, célèbre spécialiste de la chirurgie du thorax, et bien sûr Carlos Ghosn, P-DG de Renault-Nissan.

 

 

La France bien représentée

Outre Ghosn, la France accueille aujourd’hui 12 des personnalités du monde arabe les plus puissantes, troisième pays d’accueil non arabe après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Parmi eux, le saoudien Mohammed Bin Issa Al Jaber, président du holding MBI Group, et le franco-algérien Yazid Sabeg, président de SSII CS (Communication et Systèmes), qui est classé 35ième. Spécialiste des questions de diversité, notamment dans l’entreprise, et auteur de plusieurs ouvrages sur la question, Sabeg a été nommé Commissaire à la diversité et à l’égalité des chances depuis 2008. L’écrivain libanais Amin Maalouf, résidant à Paris et auteur de Léon l’Africain et de Samarcande est classé 22ième.

 

Enfin, pour conclure sur une note plus légère, on retrouve dans ce classement le chanteur Mika à la 135ième place, le sympathique Omar Sharif à la 160ième place et les humoristes Gad Elmaleh et Jamel Debbouze aux alentours de la 400ième.

 

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. Salariés JJWH dit :

    Je souhaiterai rebondir sur votre article concernant les 500 personnalités du monde arabe qui comptent aujourd’hui dans le monde et notamment sur « le saoudien Mohammed Bin Issa Al Jaber, président du holding MBI Group » possédant la société JJWHOTELS en France, un groupe hôtelier regroupant plus de 30 hôtels sur tout le territoire.

    Puisque cet homme paraît si influent, j’aimerai bien savoir pourquoi les employés de cette société attendent toujours leur salaire du mois de mars le lundi 11 avril ?

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  3. MathiasHenno dit :

    Un cheikh saisi par le fisc

    Mohamed Bin Issa al-Jaber avait été choisi par Balkany pour construire des tours de plus 150 mètres à Levallois.

    Le cheikh saoudien Mohamed Bin Issa al-Jaber, qui s'est fait connaître en s'alliant à Patrick Balkany dans le projet pharaonique de tours jumelles de 40 étages et de 164 m de haut dominant la Seine à Levallois, a quelques soucis avec le fisc. Le Trésor public lui réclame des dettes fiscales et sociales. Pour se payer, l'administration a débarqué au beau milieu d'un de ses hôtels, Amarante à Cannes, pour en saisir les meubles et les faire vendre aux enchères. Le milliardaire possède près d'une trentaine d'hôtels en France.

    Une enquête sur la situation financière de JJW, son entreprise, a été diligentée par le tribunal de commerce de Paris. Contactés par téléphone, JJW France et maître Ardavan Amir Aslani, avocat des principaux créanciers, se sont refusés à tout commentaire.

    C'est sans doute en raison de ses déboires que les investissements à Levallois ont capoté. En juin 2008, Mohamed Bin Issa al-Jaber avait acheté 240 millions d'euros les droits à construire ces futurs immeubles qui devaient être livrés en 2012, selon La Gazette des communes. Accumulant les retards de paiement, le cheikh saoudien a été débarqué par Balkany, qui l'avait pourtant choisi trois ans auparavant.

    Et vendredi dernier, le tribunal de commerce de Paris a condamné le magnat saoudien à payer 20 millions de dommages et intérêts à la ville.

    Par Aziz Zemouri

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