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Chut, la police de proximité revient

Rédigé par kacheer le 22 avril 2011.

Mercredi, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a annoncé la création de "patrouilleurs" chargés de "donner plus de visibilité" à la police. Selon lui, ces "patrouilleurs" ne sont pas un retour à la police de proximité mise en place par les socialistes en 1998, honnie puis enterrée par Nicolas Sarkozy en 2003. Pourtant, sous l'appellation testostéronée de "policiers patrouilleurs" se dissimule bel et bien une nouvelle mouture de la "pol prox", qui n'a cessée de revenir depuis 2007.

Mercredi, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a annoncé  la création de “patrouilleurs” chargés de “donner plus de visibilité” à la police. Selon lui, ces “patrouilleurs” ne sont pas un retour à la police de proximité mise en place par les socialistes en 1998, honnie puis enterrée par Nicolas Sarkozy en 2003. Pourtant, sous l’appellation testostéronée de “policiers patrouilleurs” se dissimule bel et bien une nouvelle mouture de la “pol prox”, qui n’a cessée de revenir depuis 2007.


 

Rappel : lorsque Jean-Pierre Chevènement crée la police de proximité, l’ambition du gouvernement est de réduire le « sentiment d’insécurité » en modifiant le rôle de la police. Elle a pour mission d’échanger avec les habitants, d’instaurer des rapports de confiance qui lui permettent d’anticiper les conflits et de rassembler des informations utiles aux enquêteurs.

 

En 2003, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, en visite à Toulouse, dénonce cette mission qui, selon lui, brouille les priorités de la police. « Vous n’êtes pas des travailleurs sociaux. Organiser un match de rugby, c’est bien, mais ce n’est pas la mission première de la police. » explique-t-il à Jean-Pierre Havrin, le directeur départemental de la Sécurité publique de Haute-Garonne, avant de le démettre de ses fonctions. Cet épisode fera la légende de Nicolas Sarkozy et l’expression “travailleurs sociaux” restera dans les mémoires.

 

Cependant, il semblerait que, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la police de proximité et surtout son rôle soient en voie de réhabilitation officieuse.

 

En 2008, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie lance en Seine-Saint-Denis les Unités Territoriales de Quartier. Ces unités sont composées d’une vingtaine de policiers, formés « à l’activité en milieu difficile, assurant une présence permanente active, visible et dissuasive », explique alors la ministre.

Le but est de rétablir la confiance entre la police et la population. La ministre rejette néanmoins l’appellation de police de proximité pour parler de « police proche des gens ».

 

En août 2010, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux annonce la formation de brigades spéciales de terrain (BST). L’objectif de ces nouvelles formations : « mettre fin à la délinquance et rétablir le lien avec la population » nous explique le ministre. Cependant, ces brigades ne sont ni « des éducateurs sociaux », ni « des grands frères inopérants en chemisette qui font partie du paysage. »

 

Chez Claude Guéant, les patrouilleurs entretiendront le“contact avec la population”, ils devront également “observer et écouter, se renseigner, interpeller”“Ces patrouilles seront fonction de l’observation de la délinquance réelle, avec des créneaux horaires adaptés à la réalité de la délinquance”, expliquait mercredi son entourage à l’AFP.

“On peut changer le vocabulaire, pour nous, ça reste la même chose que la police de proximité”, dénonce déjà Yannick Danio, du syndicat Unité SGP police.

 

Afin de convaincre ceux qui pourraient y voir un retour de la “pol prox”, Claude Guéant a tenu à préciser que les forces de l’ordre ne devaient pas “se transformer en assistants sociaux”.

 

La différence est là. Toute ressemblance avec la police de proximité ne serait que pure calomnie.

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