/>

Hôtel de la Marine : joyau pourri des conservatismes français

Rédigé par notre équipe le 23 avril 2011.

Hôtel de la Marine, amiante, CHSCT, Régis Debray, Marine nationale, thorium, radioactivité, patrimoine

“Pas touche au patrimoine !” La mobilisation bobo pour ne pas laisser les méchants capitalistes gérer le joyau patrimonial que constitue l’Hôtel de la Marine cache une réalité moins glamour. Si l’écrin de l’Hôtel de la Marine reste grandiose, son état de délabrement est plus que préoccupant.


Le tout public est loin d’être la panacée et les vieux réflexes conservateurs de l’intelligentsia parisienne ont des conséquences désastreuses. Pendant que des intellectuels pétitionnent pour “sauver” l’Hôtel de la Marine, les Marins qui travaillent dans des locaux à la limite de la salubrité grincent quelque peu des dents.

 

Différentes photographies prises à l’intérieur du bâtiment et diffusées récemment sur le Web illustrent parfaitement le problème : Régis Debray et consorts nous parlent d’une “perle du patrimoine français”, la réalité est toute autre : le bâtiment est une ruine mal adaptée et carrément dangereuse pour ses occupants.

 

D’ailleurs, de nombreux marins (sous couvert de l’anonymat) ont évoqué de manière très concrète la galère quotidienne à laquelle ils sont confrontés. De nombreux bureaux sont ainsi installés dans des demi-étages minuscules dans lesquels les employés ne peuvent pas se tenir debout.

 

Si le comité d’hygiène (le CHSCT) de l’Hôtel de la Marine a récemment dénoncé l’insalubrité de la majorité du bâtiment, il a également fait une découverte beaucoup plus inquiétante et toujours pas réglée. Le CHSCT a en effet décelé de nombreuses traces de peinture au Thorium, un produit radioactif utilisé par les Allemands durant l’occupation et qui n’a pas été enlevé depuis !!!

 

Mais de toutes ces réalités, les intellectuels n’ont cure ! Au diable la réalité quand on vit dans le mythe d’un État tout-puissant qui assure à lui seul la gestion du patrimoine… et tant pis si cette gestion est calamiteuse, qu’un bâtiment historique se trouve dans un état déplorable et que le personnes qui y travaillent soient exposées à des conditions inadmissibles !

 

Si les donneurs de leçons de la Rive gauche n’aiment pas l’argent (privé quand ce n’est pas le leur), les vrais amoureux du patrimoine culturel français ne peuvent que souhaiter que l’on sorte de l’immobilisme du tout-public.

 

Avec une estimation d’un coût du lifting nécessaire estimé à près de 200 millions, il est illusoire de croire que l’État pourra piocher dans des poches déjà désespérément vides pour rendre à l’Hôtel de la Marine le lustre qu’il mérite.

 

hotel_de_la_marine_radiations

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Didier Rykner dit :

    Sur la foi de quelques photos publiées sur Internet, on peut écrire n'importe quoi.

    Pour avoir visité par deux fois de fond en comble l'Hôtel de la Marine, je peux vous dire que vous avez écrit n'importe quoi. Le bâtiment n'est aucunement en état de péril ni ne met ses occupants en danger. Penser qu'il y a des bureaux où les gens ne peuvent même pas tenir debout est tellement ridicule qu'on a peine à penser que certains peuvent le croire.

    Les deux premières photos publiées sur Le Post montrent des arrières-cours où se trouvent des dégagements techniques de hottes provenant notamment des cuisines et des stockages de poubelles, ce n'est aucunement un lieu de travail.

    La troisième photo est une vue d'un local technique en sous-sol car figurez-vous que ce bâtiment est chauffé en été et qu'il y a même un énorme groupe électrogène.

    La quatrième photo montre une des cours principales où sont stockés des déchets provenant probablement de travaux qui ont eu lieu récemment. Lorsque j'ai visité l'hôtel (il y a environ deux mois) les cours étaient vides (les travaux étaient finis).

    Les cinquième et sixième photos montrent des couloirs des caves. Rassurez-vous, personne ne travaille ici non plus.

    La septième photo est l'intérieur d'une des petites cours.

    La dernière photo est une vue de la cour principale et on ne voit pas ce qu'il y a de vétuste.

    Bref, on poste quelques photos sans légendes, on raconte n'importe quoi sans même avoir visité le bâtiment, et on fait la propagande du projet de Donnedieu de Vabres et Allard. Voici un bel article d'information. Rédigé par qui d'ailleurs ? On ne sait pas. "Notre équipe" ???

    Quant à la peinture légèrement radio active, elle se trouve dans l'ancien bunker creusé par les allemands. Elle est si dangereuse que j'y suis allé deux fois sans protection. Mon dieu quel courage de ma part. Ceci dit, elle devrait effectivement être enlevée, mais ne me faites pas croire que l'Etat n'en a pas les moyens. Autre solution : condamner ce bunker qui de toute façon n'a pas de fenêtres (forcément), est un peu claustrophobique, et ne faisait pas partie du bâtiment d'origine. Il devrait juste, a priori, faire partie du circuit de visite pour son intérêt historique et sa fréquentation ponctuelle ne pose aucun problème de santé.

  2. Didier Rykner dit :

    "Notre équipe" a éliminé le commentaire suivant après que je l'ai posté il y a quelques jours. Il faudrait savoir : où on n'ouvre pas un site aux commentaires, ce qui est votre droit même si vous publiez n'importe quoi, soit on l'ouvre. Enlever un texte qui ne vous plaît pas mais qui est argumenté est effectivement plus facile que de prouver les dires de cet article. Je le republie donc sans me faire d'illusions, il sera probablement à nouveau enlevé…

    Le voici donc :

    Sur la foi de quelques photos publiées sur Internet, on peut écrire n’importe quoi.

    Pour avoir visité par deux fois de fond en comble l’Hôtel de la Marine, je peux vous dire que vous avez écrit n’importe quoi. Le bâtiment n’est aucunement en état de péril ni ne met ses occupants en danger. Penser qu’il y a des bureaux où les gens ne peuvent même pas tenir debout est tellement ridicule qu’on a peine à penser que certains peuvent le croire.

    Les deux premières photos publiées sur Le Post montrent des arrières-cours où se trouvent des dégagements techniques de hottes provenant notamment des cuisines et des stockages de poubelles, ce n’est aucunement un lieu de travail.

    La troisième photo est une vue d’un local technique en sous-sol car figurez-vous que ce bâtiment est chauffé en été et qu’il y a même un énorme groupe électrogène.

    La quatrième photo montre une des cours principales où sont stockés des déchets provenant probablement de travaux qui ont eu lieu récemment. Lorsque j’ai visité l’hôtel (il y a environ deux mois) les cours étaient vides (les travaux étaient finis).

    Les cinquième et sixième photos montrent des couloirs des caves. Rassurez-vous, personne ne travaille ici non plus.

    La septième photo est l’intérieur d’une des petites cours.

    La dernière photo est une vue de la cour principale et on ne voit pas ce qu’il y a de vétuste.

    Bref, on poste quelques photos sans légendes, on raconte n’importe quoi sans même avoir visité le bâtiment, et on fait la propagande du projet de Donnedieu de Vabres et Allard. Voici un bel article d’information. Rédigé par qui d’ailleurs ? On ne sait pas. « Notre équipe » ???

    Quant à la peinture légèrement radio active, elle se trouve dans l’ancien bunker creusé par les allemands. Elle est si dangereuse que j’y suis allé deux fois sans protection. Mon dieu quel courage de ma part. Ceci dit, elle devrait effectivement être enlevée, mais ne me faites pas croire que l’Etat n’en a pas les moyens. Autre solution : condamner ce bunker qui de toute façon n’a pas de fenêtres (forcément), est un peu claustrophobique, et ne faisait pas partie du bâtiment d’origine. Il devrait juste, a priori, faire partie du circuit de visite pour son intérêt historique et sa fréquentation ponctuelle ne pose aucun problème de santé.

Laisser un commentaire