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DSK, “troussage”, Terra Nova : PS et lutte des classes

Rédigé par lesoufflet le 26 mai 2011.

Depuis quelques temps, le Parti socialiste assume petit à petit son indiférence et son mépris envers les classes populaires de notre pays. L’affaire DSK a permis une petite mise en lumière de ce phénomène.

 

Il y a quelques semaines, le Think Thank du Parti socialiste, Terra Nova, avait déjà assumé la nouvelle donne :
« Il n’est pas possible aujourd’hui pour la gauche de chercher à restaurer sa coalition historique de classe : la classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche, elle n’est plus en phase avec l’ensemble de ses valeurs, elle ne peut plus être comme elle l’a été le moteur entraînant la constitution de la majorité électorale de la gauche. La volonté pour la gauche de mettre en œuvre une stratégie de classe autour de la classe ouvrière, et plus globalement des classes populaires, nécessiterait de renoncer à ses valeurs culturelles, c’est-à-dire de rompre avec la social-démocratie. »

 

Comment ne pas donner raison à Terra Nova ? En effet, le Parti socialiste, c’est Arte, c’est la recherche de “culture”, le besoin de se sentir différent, donc supérieur. C’est le mépris absolu pour les amateurs de TF1, de foot ou de Johnny Halliday. Il ne faut surtout pas être un “beauf”, déchéance ultime de notre société. Pourtant, qui aime le foot, Johnny ou TF1 ? Les classes laborieuses ! D’une certaine manière, Terra Nova fait preuve d’une incroyable lucidité en admettant que les valeurs socialistes sont complétement opposées à celles des couches populaires. Car depuis des décennies, la gauche nous fait croire qu’elle lutte pour défendre les petites gens tout en méprisant ce qu’ils font, ce qu’ils pensent, ce qu’ils sont…

 

Les couches populaires, dans leurs quartiers “plus ou moins sordides”, s’inquiètent de la violence, de la délinquance qui menacent leur famille. Les sympathisants socialistes, journalistes, fonctionnaires, consultants en communication vivent dans les centres cossus des villes. Ils se fichent éperdument de la sécurité. Pire, ces nouveaux prolos qui s’alarment pour leur sécurité sont considérés par ces élites de gauche comme des fachos racistes et justes bons pour voter FN (ce qu’ils finissent effectivement par faire…).

 

Par ailleurs, l’affaire Strauss Kahn a fait sortir les lapins du terrier. En effet, l’agression pour laquelle est soupçonné DSK porte déjà en son sein les éléments d’une lutte de classes entre l’élite intellectuelle “de gauche” et les classes laborieuses. Le gros politicien millionnaire a le droit de faire ce qu’il veut d’une petite femme de chambre (requalifiée de “bonne”, puis de “femme de ménage” et enfin, de “domestique” par les socialistes français), noire qui plus est. Après tout, il y a fort à parier que la semence socialiste et bien pensante de DSK ne peut faire que du bien à une boniche qui doit manger au Mc Do et regarder le Superbowl à la télé au lieu d’aller au MoMA voir la dernière expo d’art contemporain… Peut-être n’aurait-elle pas du recracher ?

 

Pour continuer dans cette vision médiévale de nos amis socialistes, un autre “copain” de DSK a pris la parole, faisant allusion à un simple “troussage de domestique”. Image anachronique qui manque un peu de délicatesse dans ce contexte. Pour résumer la pensée du génie Jean-François Kahn : il n’y a rien de méchant à violer une jeune femme si c’est une “domestique”. Après tout, le personnel de service c’est un peu comme les animaux, on en fait ce qu’on veut !!

 

Le chantre de l’anti-sarkozysme stérile a perdu une occasion de se taire. En effet, outre la manière féodale (animale ?) dont Kahn conçoit les employés de maison et les femmes (visiblement, le droit de cuissage était une belle tradition pour le pseudo journaliste…), cette sortie nous apprend surtout beaucoup sur les connivences dissimulées entre les médias et les politiciens de gauche. On a beaucoup questionné l’omerta de la presse française sur les comportements de DSK depuis des dizaines d’années. On a peut être avec ces connivences un premier élément de réponse…

 

N’est-ce pas louche que le directeur d’un journal qui tape systématiquement sur le président depuis 4 ans soit un grand ami du principal adversaire de ce président ? Peut-être, si Jean-François Kahn avait appris aux lecteurs de son journal de propagande gauchisante qu’il était tellement proche de DSK, ces derniers se seraient méfiés en lisant Marianne. Au moins, ils auraient possédé une grille de lecture différente.

 

Tous ces journalistes qui se prennent pour des chevaliers blancs, qui dénoncent à tour de bras en se déclarant neutres et qui sont au final de grands amis (comme il le dit lui même) de personnalités politiques sont extrêmement dangereux. En effet, leur pseudo neutralité permet de manipuler leur lectorat. D’ailleurs, on est toujours dans ce mépris du peuple propre à une certaine élite de gauche : pour le bien commun, il faut savoir manipuler une populace qui n’est pas consciente de ce qui est bien pour elle, il faut savoir mentir au petit peuple pas assez éclairé pour comprendre son propre intérêt…

 

Faire le bonheur du peuple à son insu, quitte à mentir et à manipuler l’information : voilà la vision totalitaire et élitiste d’un parti qui paradoxalement renoue avec ses origines (totalitarisme, soviétisme, manipulation des foules…) tout en reniant son essence (parti proche du peuple).

 

S’il s’est depuis excusé, l’expression choisie par Jean-François Kahn pour expliquer le comportement de DSK au Sofitel est largement explicite sur la vision des choses d’une caste élitiste, méprisante et persuadée de représenter le bien.

 

Je ne saurais souffrir que mon perruquier soit législateur“, disait Voltaire. On comprend mieux, à la lecture de cette citation, à quel point les socialistes français sont héritiers de l’auteur de Candide… Le donneur de leçons n’était-il pas d’ailleurs personnellement impliqué dans la traite des nègres ? “Faites ce que je dis, pas ce que je fais” : voici le credo de la gauche française de Voltaire à DSK !

 

Pour résumer, si un conflit oppose un milliardaire surpuissant à une petite femme de ménage immigrée et mère célibataire, on sait de qui le parti socialiste prendra la défense…

 

Le PS, un parti de moins en moins Porsche du peuple !!

Déjà 9 remarques sur cet article

  1. GUITARD Robert dit :

    Les socialistes sont des gens qui se croient intellectuels, d'une morale exemplaire, de bonne conduite, qui ne se trompent jamais. Pour la plupart se sont des gosses de riches, plein de fric, vivant des les beaux quartiers de Paris. Ils vivent dans leur sphère dorée et souvent n'ont aucun contact avec la réalité des choses.

    Alors on parle de femme de ménage, domestique etc…la populasse en quelque sorte. Il faut reconnaître que la justice américaine qui ne fonctionne pas comme la notre, ne fait pas de différence entre un pauvre et un riche, entre un noir et un blanc.

    En france, cette affaire n'aurait jamais vu le jour. Elle aurait été classée sans suite, ou alors jamais communiquée à la presse.

    Maintenant, les donneurs de leçons qu'ils aillent au diable.

  2. […] comment Hollande pourrait éviter la même douche froide que son mentor. En niant la réalité, en refusant de parler aux classes populaires, le PS fait le jeu d’une Marine qui a réussi le tour de force de dé-diaboliser le FN sans […]

  3. […] comment Hollande pourrait éviter la même douche froide que son mentor. En niant la réalité, en refusant de parler aux classes populaires, le PS fait le jeu d’une Marine qui a réussi le tour de force de dé-diaboliser le FN sans se […]

  4. […] que ce soit sur le plan des mœurs ou en matière d’immigration ou de multiculturalisme. Terra Nova conseillait crument à la gauche d’abandonner ses électeurs populaires pour un électorat plus urbain plus diplômé plus féminisé plus métissé . En lançant sa […]

  5. […] bien non, le Parti socialiste persiste et signe pour un détachement total des classe populaires conseillé par son Think tank, Terra Nova. Il adopte donc une loi proposée par les radicaux de gauche pour imposer la laïcité dans les […]

  6. […] Pourquoi la gauche s’étonne-t-elle aujourd’hui, de ne compter que des bourgeois et des classes moyennes dans son électorat ? Elle qui a abandonné, au profit d’un libéralisme sans limite qui se dissimule derrière un progressisme sociétal mortifère, le petit peuple qu’elle méprise allègrement (et désormais officiellement, grâce au Think tank bobo Terra Nova). […]

  7. […] fausse bonne idée correspond à la démagogie de socialistes ne sachant plus comment séduire un électorat populaire qu’ils méprisent, l’épisode souligne surtout l’inconsistance du candidat […]

  8. […] contre le grand parachuté, Olivier Ferrand,  président du « think tank » Terra Nova, qui prône un mépris ouvert du PS envers les classes populaires. Ce dernier est d’ailleurs très largement donné vaincu dans les sondages face au […]

  9. […] bienpensant de la bonne gôche morale qui avoue désormais officiellement, à l’image du Think tank socialiste Terra Nova, qu’elle méprise allègrement les ouvriers. Tweet Classé dans A la Une, Ca chauffe !, […]

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