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Guillaume Sarkozy : la réussite tranquille du grand frère

Rédigé par didoulefou (24actu) le 04 juillet 2011.

Dans la famille Sarkozy je voudrais le grand frère. Guillaume Sarkozy, frère aîné du président de la République, est un homme brillant et discret qui a bâti sa carrière d’homme d’affaires loin des caméras, des micros… et du marigot politicien.

 

A 60 ans, Guillaume Sarkozy est un chef d’entreprises respecté dans le monde des affaires où il s’est fait un prénom bien avant l’éclosion politique de son petit-frère au début des années 1990. Aujourd’hui à la tête du groupe de protection sociale Malakoff Médéric (qu’il dirige depuis 2006), Guillaume Sarkozy pèse également depuis de nombreuses années dans les coulisses du Medef.

 

Il ne faut pas se laisser tromper par le visage rond et la mine rigolarde de Guillaume Sarkozy. Moins clivant et plus chaleureux que son petit frère, le patron de Malakoff Médéric n’en demeure pas moins un monstre de travail et une boule de nerfs (qui explose parfois) qui se donne toujours les moyens d’atteindre ses objectifs.

 

Diplômé de l’École Spéciale des Travaux Publics en 1974, Guillaume Sarkozy goûte brièvement aux ambiances politiques et aux joies des cabinets ministériels avec un bref passage au ministère de l’Intérieur comme conseiller technique. Une histoire d’amour sans lendemain puisque Guillaume Sarkozy se tourne vers le privé deux ans plus tard et rejoint en 1977 l’équipe française d’une société américaine fraîchement créée : IBM.

 

Un passage éclair dans le monde balbutiant de l’informatique puisqu’il prend dès 1979 la tête des Tissages de Picardie et de Rinet, un groupe textile qu’il dirigera pendant 26 ans et dont il accompagnera l’indispensable mutation face à la concurrence féroce et inégale des industries asiatiques.

 

Sa boulimie de travail et la relation quasi-fusionnelle qu’il a nouée avec son entreprise ont toutefois permis de sauver les Tissages de Picardie en baissant les prix (et les marges) et ont donné à Guillaume Sarkozy un aura de “patron social” (sauvegarde de l’emploi, hausse des salaires).

 

Patron social ? Déjà présent depuis plus d’une décennie dans les arcanes du Medef, l’image de proximité de Guillaume Sarkozy donne des idées dans la perspective du remplacement du “Baron” Ernest-Antoine Seillère, symbole malgré lui de l’arrogance d’une caste patronale anachronique qui pèse sur l’image du Medef.

 

Vice-président de l’institution de 2000 à 2005, Guillaume Sarkozy est tenté par la présidence mais n’ira pas au bout de sa démarche (il se présentera conjointement avec Francis Mer pour une candidature de témoignage)… pour laisser le champs libre à son frère en vue de 2007 et ne pas lui imposer le boulet d’avoir un Sarkozy à la tête des patrons ?

 

A partir de 2005, la carrière de Guillaume Sarkozy prend une nouvelle tournure et s’oriente vers le monde de l’assurance et des complémentaires santé. En tant que président du groupe Résalliance Conseil (2005-2006), puis en tant que délégué général de Malakoff Médéric, groupe paritaire de protection sociale.

 

Malakoff Médéric est à l’image de Guillaume Sarkozy. Plutôt discret auprès du grand public, le groupe pèse pourtant lourd dans le monde de l’assurance. Avec plus de 6.500 employés, 3,1 millions de salariés cotisants et 8,9 milliards d’euros de cotisations, Malakoff Médéric est un géant paisible.

 

Un géant à la bonne santé insolente. La marge nette du groupe a progressé de 30% en 2010 pour s’établir à 202 millions d’euros. Des bons résultats qui poussent d’ailleurs Guillaume Sarkozy à anticiper une prochaine étape pour sa société : développer une stratégie commerciale ambitieuse ouvrir de nouveaux établissements au cours des dix-huit prochains mois (11 boutiques fin 2011, 25 boutiques d’ici fin 2012).

 

Et si l’aîné des Sarkozy voulait goûter à la lumière ?

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. […] délégué général, Guillaume Sarkozy, a exprimé la volonté du groupe de développer également ses partenariats avec d’autres […]

  2. […] d’une année 2010 pleine de « bonne surprises » selon son délégué général Guillaume Sarkozy (le groupe a enregistré un progression de 30% de son résultat net à 202 millions d’euros), […]

  3. Ned dit :

    Je ne sais pas quelles sont vos sources, mais la réalité est bien différente de ce que vous présentez.

    Les Tissages de Picardie ont lamentablement coulé avec à la clé licenciement et chômage au cours de la fameuse élection du MEDEF qui avait manifestement trop occupé GS…

    Au total ce sont deux affaires gérées par Guillaume qui ont connu la faillite.

    Le groupe de protection santé Malakoff Médéric se porte bien, mais ce n'est pas difficile, les cotisations rentrent…

    Un patron social? Une brute et un despote éclairé à la bougie, oui. Un "gestionnaire" qui décide en cours d'année de diminuer les dépenses de fonctionnement dans des proportions invraisemblables sans la moindre justification économique. Je vous laisse imaginer les dégats.

    Un visionnaire qui a cru faire une super affaire en demandant à son petit frère de passer en force la réforme des retraites. Et oui: il se disait qu'en tant qu'organisme de retraite complémentaire, il réduisait ainsi l'assiette des pension sans réduire celle des cotisations… Manque de chance, il a oublié que MM était aussi un organisme de prévoyance, pénalisé par la dite réforme puisqu'un bénéficiaire d'une pension d'invalidité la touche jusqu'à la retraite. C'est bête, hein?

    Ce qui est sûr, c'est que le vrai président c'est lui. Il décide (avec Laurence Parisot), et Nicolas exécute, comme au temps où ce dernier était avocat d'affaire des sociétés du CAC40.

    Et son enrichissement personnel va avec l'apauvrissement de la France…

  4. CH dit :

    En effet, nous parlons là d'un homme qui a bien su mener sa barque et jouer de ses réseaux pour accéder à de très fortes responsabilités dans le monde des affaires et de la prévoyance retraite.

    Peut etre serait il bon de venir assister à quelques réunions du comité de direction de Malakoff Médéric pour prendre le pouls de cet homme qui "explose parfois".

    La presse semble étonnamment ne pas assez parler de certaines effusions de mises en garde colériques contre ses collaborateurs… Il y a comme une certaine crainte envers leur patron au seins de leurs rangs.

    La preuve dans le dernier numéro de l'hebdomadaire Capital …

    Un bon patron est doit en effet savoir se montrer et se mettre en avant, il doit bien sur posséder un charisme fort pour promouvoir son entreprise. Mais surtout, un bon chef d'entreprise doit être un bon manager, capable de rassembler ses équipes autour de valeurs fortes telles la confiance et le respect mutuel.

    Relisez vos cours de management Mr Sarkozy !

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