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Hôtel de la Marine : des recommandations qui soulèvent des questions

Rédigé par Notre équipe le 18 juillet 2011.

Après plusieurs mois d’attente, la commission d’experts présidée par Valéry Giscard d’Estaing a rendu son premier avis concernant l’avenir de l’Hôtel de la Marine. Elle recommande de le céder au Louvre et de louer la partie administrative. Cependant, il semblerait que de nombreuses questions restent en suspens.

La commission penche en faveur du Louvre pour la valorisation de l’Hôtel de la Marine, délaissant les autres projets dont celui de La Royale proposé par Alexandre Allard.

Cette décision a été prise en vertu de différents principes, dont le premier consiste en la nature incessible d’un bâtiment national à un acteur privé.
Dans un communiqué détaillé, la commission a indiqué d’entrée de jeu qu’elle a «écarté du champ de ses réflexions les projets qui reposaient sur une vente déguisée du bâtiment à des acteurs privés à objectifs purement financiers ou spéculatifs».

 

Au sens large, les immeubles «qui ont abrité les activités souveraines du peuple français», estime la commission, «ne peuvent être ni vendus ni concédés» et doivent être ouverts au public. Même l’idée d’un bail emphytéotique, que proposait Alexandre Allard, se retrouve donc écartée.

 

Cependant, cette solution du recours à un acteur privé permettait d’assurer un financement viable des travaux nécessaires. Or, dans la recommandation de la commission Giscard, il n’y a pas une ligne sur la restauration nécessaire du lieu. Aujourd’hui, 350 m2 ont été restaurés, il faut donc trouver quelqu’un – l’Etat en l’occurrence – pour restaurer 23.650 m2 pour un coût estimé de 200 millions d’euros.
La commission lance tout de même quelques vagues pistes. Elle propose que d’autres partenaires, publics ou privés, «louent les locaux ouverts sur les cours» – une idée lancée déjà par Alexandre Allard, qui proposait d’y accueillir des artisans d’art. De même la commission propose-t-elle que les bureaux soient loués – quitte à démanteler le bâtiment original – et certains éventuellement affectés à la Cour des comptes.

 

Sera-ce suffisant pour assurer un financement des travaux de mise aux normes ? A priori, non. L’Etat- donc les contribuables- devra donc être sollicité et mettre la main à la poche, ce qui sera difficile à expliquer en temps de crise.
De plus, l’unité du bâtiment classé Monument historique, sa cohérence, ne sont pas respectées. Découper l’Hôtel de la Marine et attribuer les lots aux administrations gourmandes, balkaniser et morceler un monument historique sans réfléchir à la cohérence d’ensemble qu’un projet doit avoir pour faire vivre un lieu aussi prestigieux peut paraître assez décevant, voire choquant.
De nombreuses zones d’ombres subsistent donc encore. Il semblerait que l’on soit contraint d’attendre l’automne afin que la commission rende un véritable avis clair et détaillé. Ces recommandations ne permettent pour l’instant absolument pas d’offrir une perspective cohérente quant à l’avenir du bâtiment.

 

Déjà, des voix s’élèvent pour demander de nouvelles recommandations. Deux membres de la commission de réflexion sur l’avenir de l’hôtel de la Marine, Christophe Beaux et Bertrand Collomb, plaident ainsi pour une plus grande reconnaissance accordée aux investisseurs privés dans la préservation du patrimoine.  La solution : une nouvelle commission ?


Alexandre Allard sur l'Hôtel de la Marine par rfleury4

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