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Classement des grandes fortunes : pourquoi attiser la haine anti-riches ?

Rédigé par jeudes le 13 août 2011.

L’été c’est la grande période du voyeurisme. Tous les magazines people déballent aux jeunes filles lisant sur la plage les news people, les potins des stars et les photos des vacances des célébrités.

 

Le magazine Challenges a compris cela et, depuis 15 ans, réserve son numéro juillet-août au classement des « fortunes de France ». Evidemment, rien n’est choquant et d’ailleurs je suis le premier à aller chez mon bureau de tabac pour acheter ce magazine début juillet…

 

Cependant, outre les « secrets », les « palais » et les « extravagances » des riches qu’on découvre, on aurait pu espérer plus d’analyse. En effet, il est regrettable que ce magazine, pourtant de qualité, s’arrête à dresser un simple classement, montrer certains excès et la démesure de quelques-uns, tout en affirmant à titre de conclusion qu’à « l’heure où les finances publiques sont exsangues (…) les grandes fortunes devront elles aussi participer à l’effort » !

 

Pourquoi ne pas rentrer un peu plus dans le fond ?

 

Challenges parle de « constat édifiant » car en une décennie et demie « des 500 fortunes (classées), moins de six sur dix figurent encore dans cette édition ». Mais pourquoi le magazine ne souligne pas l’incroyable renouvellement de cette oligarchie économique. Ainsi, Louis Le Duff, fils de maraîchers et ex professeur d’économie, est classé 76ème fortune en seulement quelques années ! Comment ne pas s’émerveiller de cette ascension seulement grâce à des bonnes idées et beaucoup de travail ? Comme le rappelle l’écrivain François de Closets, pourtant cité, « l’économie de marché tire sa dynamique de l’inégalité (…). Mais pour être accepté, cet enrichissement doit être accessible à tous ceux qui ont la motivation et le talent ».

 

En outre, le magazine souligne le « peu d’enthousiasme exprimé en France pour la croisade de Bill Gates et Warren Buffet et leur engagement à redistribuer la moitié de leur fortune ». Mais peut être parce qu’en France l’Etat joue ce rôle de distributeur ! Ce qui est déplorable comme le rappelle la philosophe Chantal Delsol dans son livre Qu’est ce que l’homme car : « Dans cette organisation, ce qui a disparu, c’est le lien tissé entre les personnes, en même temps que le statut de l’obligé. La péréquation est opérée au nom de la justice, c’est-à-dire que l’allocation ou le service sont des dûs et non des dons. Celui qui reçoit n’est l’obligé de personne, non seulement parce qu’il ignore le visage du donateur, mais parce que l’allocation représente un dû de justice »

 

Enfin, Challenges indique que leur « FMIC (Fortune Minimale pour Intégrer le Classement) a quadruplé (en quinze ans). Le SMIC n’a progressé, lui que de 57% sur la période ». Pourquoi revenir à cette vieille idéologie gauchiste consistant à croire que la richesse est un gâteau qui se partage ?

 

Dommage de tomber dans cette haine du riche si française. J’invite à relire la déclaration d’Abraham Lincoln devant le Congrès en 1860 : « Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne. (…)Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur. (…) Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche ».

 

En tout cas, ce classement actualisé et recyclé chaque année nous apprend des choses surprenantes… En effet on savait tous que le propriétaire du journal Le Monde, Pierre Bergé, était le symbole même de la gauche caviar, par contre j’ignorais que, ironie du sort, sa fortune de 120 millions d’euros était due en partie à la « production de caviar ».

Déjà une remarque sur cet article

  1. denis dit :

    Si Challenge vous chagrine, je ne vous conseille pas la lecture du dernier Capital et notamment l'interview d'un certain Antoine Bernheim, banquier et dirigeant d'entreprise. C'est lui qui conseille les grandes fortunes françaises, notamment Bernard Arnault.

    C'est rigolo, mais à la lecture de l'article sur la situation économique hexagonale et la critique qu'il fait des choix politiques et économiques de ces dernières années, on croirait lire du Besançenot dans le texte.

    Et cette réplique qu'il fit un jour à Bernard Arnault qui lui avouait vouloir dépasser la fortune de Bill Gates: "Oui mais Bill Gates, il donne beaucoup".

    C'est ignoble d'être à ce point méchant avec les riches…

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